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Le chercheur burkinabé Yiwaalo Bado a travaillé dans le laboratoire de géomatique de l'UQTR pendant plusieurs mois.

Collabo Comité de Solidarité Trois-Rivières 

Au début de l’été, le Comité de solidarité/Trois-Rivières (CS3R) a accueilli Yiwaalo Bado, notre partenaire du Burkina Faso, dans le but de réaliser un séjour aussi riche en apprentissages académiques que culturels. Yiwaalo Bado est venu à Trois-Rivières en représentation de l’organisme burkinabé Ga Mo Wigna. Cet organisme, dont le nom signifie « La nature, c’est la vie » en langue locale Kassem, œuvre depuis 1995 à sensibiliser la population située autour du parc national de Pô, aux enjeux de changements climatiques.

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Le jeune chercheur devant l’enseigne de l’UQTR, l’établissement d’enseignement avec lequel il a collaboré.

En effet, la dégradation du climat frappe durement une population, habitant le sud du pays, vivant essentiellement de l’agriculture. Dès lors, la mission de l’association est de contribuer à la mise en place d’un développement durable bâti autour d’une conservation et d’une utilisation rationnelle des ressources naturelles. Dans ce contexte, le jeune chercheur a lui aussi une mission qui s’inscrit en ligne directe avec l’adaptation aux changements climatiques. 

En effet, Yiwaalo Bado a passé deux mois au département des sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), plus précisément dans le laboratoire dirigé par le professeur Alexandre Roy, afin d’étudier la géomatique qui « est une science appliquée qui mobilise la géographie et l’informatique », relate Yiwaalo Bado, afin de collecter des informations, de procéder à leur traitement pour ensuite les diffuser et servir à une cause bien déterminée. Celle-ci consiste, poursuit-il, à concevoir un système d’alerte « qui va permettre de relayer les informations traitées auprès de la population en vue de la préserver contre les changements climatiques. » 

« À grand pouvoir, grande responsabilité »

Épaulé par une équipe de chercheurs chevronnés dans le laboratoire de géomatique de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Yiwaalo Bado a gagné en confiance, tout au long de son séjour, afin d’utiliser une panoplie d’outils informatiques et de logiciels spécialisés en cartographie. « Mon expérience va au-delà de mes attentes. J’y ai mis beaucoup d’efforts, mais ce avec quoi j’en ressors, c’est énorme ! », se réjouit-il. En effet, une fois de retour au pays, ces connaissances vont être mises à profit pour soutenir plusieurs communautés paysannes. Le jeune chercheur burkinabé devra également former d’autres personnes en vue de partager l’information et de consolider les apprentissages. Une grande responsabilité repose donc sur ses épaules, mais il se dit prêt à l’assumer. « Dans mon pays, il y a un adage qui dit que lorsqu’on reçoit un grand pouvoir, il y a aussi une grande responsabilité qui l’accompagne », affirme-t-il. 

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Concrètement sur le terrain, son séjour académique à l’UQTR va servir à mesurer, par exemple, l’impact de la coupe abusive du bois. « On peut observer clairement l’indice de végétation d’une zone, il y a 5, 10 ans, raconte-il. Cela nous permettra de mieux apprécier l’impact de nos actions quotidiennes sur la forêt, des feux de brousse, etc., et chercher à savoir si elle tiendra suffisamment en place pour continuer à répondre à nos besoins ? Si ce n’est pas le cas, nous informerons nos autorités afin qu’elles prennent les décisions adéquates. » Le niveau des pluies pourra, lui aussi, être analysé. « La population, elle, ne fait qu’augmenter et si elle augmente, la production devrait nécessairement suivre la tendance », souligne Yiwaalo « Or, sans pluies, il n’y aura pas assez d’aliments, et nous aurons des problèmes. Le système d’alerte et d’informations devra aussi veiller à éviter cela », conclut-il. 

Le Québec dans ses bagages 

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Yiwaalo Bado a pu visiter plusieurs endroits de la Mauricie, dont le vieux port de Trois-Rivières. Crédit : Eduardo Malpica

Son apprentissage se poursuivra à distance, grâce aux mesures mises en place par le professeur Roy. Mais Yiwaalo Bado est parti vers le Burkina Faso avec un peu du Québec dans son cœur. « Mon séjour à Trois-Rivières et au Québec en général a été merveilleux », relate-il avec un grand sourire. « Chaque jour, je voyais la joie de vivre sur le visage des gens, et ce, dès le début du séjour avec l’accueil qui m’a été réservé. C’est pourquoi les mots ne suffisent pas pour dire merci. Chez nous, on dit que la chèvre qui a mangé du karité, elle doit des remerciements au vent qui a fait tomber le fruit. Je remercie donc infiniment le CS3R et ses collaborateurs, particulièrement Guillaume Vermette et Marie Veillette. »

L’expérience positive et porteuse que Yiwaalo a vécue a été en effet le produit d’un effort collectif, et ce, sur les plans académique et interculturel. Le jeune burkinabé a effectivement pu visiter certains coins de la Mauricie et participer à des activités estivales. Un coup de cœur ? « La fête de la St-Jean parce que la journée a été inoubliable ! », s’exclame-t-il sans détourner le regard. « Je me suis réveillé et j’étais heureux sans le savoir. J’ai participé aux festivités qui ont eu lieu à Shawinigan et j’ai découvert une population très heureuse, fière de son histoire, attachée à son pays, après deux ans sans se réunir à cause de la pandémie. Les Québécois étaient très en joie, le spectacle était magnifique, le feu de joie et les feux d’artifice, impressionnants », conclut-il encore émerveillé. Lors de notre échange, on a également senti une fierté qui se dégageait de ses propos. Nous en sommes aussi très fiers et heureux de l’avoir côtoyé et de fruits de notre collaboration.

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