Magali Boisvert, février 2017

Le 21 novembre dernier, une grande victoire a été célébrée par les citoyens de Trois-Rivières : le controversé projet de la fluoration de l’eau a été abandonné par la Ville de Trois-Rivières, entre autres grâce à la Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS). Nous avons rencontré Joan Hamel, porte-parole, qui s’est battue pendant six ans afin de présenter une pétition citoyenne de près de 18 000 signatures contre la fluoration à Trois-Rivières.

Mme Hamel est engagée depuis longtemps dans le milieu de la prévention, particulièrement dans le domaine de la santé publique, pour sensibiliser la population aux maladies professionnelles. Lorsqu’elle a appris que le même milieu pour lequel elle avait travaillé proposait en 2010 le retour de la fluoration de l’eau à Trois-Rivières, Mme Hamel a commencé des démarches afin de contrer cette initiative qui était, selon elle, une mesure imposant aux citoyens un traitement de l’eau dont ils n’avaient pas besoin et qui altérerait l’eau potable avec des produits désignés «chimiques» (selon Environnement Canada).

Glass filled with drinking water from tap, isolated on the white background.

Le projet de fluoration de l’eau a été abandonné à Trois-Rivières le 21 novembre
dernier. Ce volte-face de la ville fait suite notamment à 6 ans de contestation
de Joan Hamel et de la CTETS.

Depuis le départ, le CTETS a rencontré énormément d’opposition de la part des autorités de la Ville de Trois-Rivières ainsi que des représentants de la Santé publique. Joan Hamel nous dit avoir été « traitée de tous les noms » par de nombreuses personnes. La porte-parole du CTETS se souvient également d’une question qui lui a été posée lors d’une assemblée: «Vous avez quelle éducation, vous, madame ? », alors que Mme Hamel, en plus d’être titulaire d’une maî- trise, a été enseignante à l’UQTR une dizaine d’années, sans compter tous ses autres engagements professionnels en santé publique.

Mme Hamel se dit très fière de la victoire obtenue le 21 novembre dernier, mais elle ne s’y attendait pas ce jour-là. En effet, le CTETS planifiait une sortie médiatique de grande ampleur les jours précédents le 21 novembre. Sachant que cet enjeu aurait pu nuire au Maire à l’élection municipale de 2017, ce dernier, selon Mme Hamel, a décidé de faire marche arrière. Cette victoire se produit grâce à l’appui des médias, de la population trifluvienne et du conseiller Jean-François Aubin, que Mme Hamel qualifie d’allié « humble » et « authentique ».

Les efforts des membres du CTETS méritent qu’on les souligne. La Coalition a fait du porte-à-porte lors de nombreuses fins de semaine dans le but de collecter de précieuses signatures. Mme Hamel souhaite que cette victoire inspire les citoyens à « continuer de s’exprimer et à ne pas se laisser intimider » lorsqu’ils se battent pour une cause qui leur tient à cœur.

Lorsque nous avons demandé à Joan si elle croit que les structures actuelles favorisent la participation citoyenne, elle a répondu sans hésiter : « Absolument pas ». Elle plaide pour une meilleure réglementation qui ferait en sorte que des pétitions à un seuil donné de signatures soient entendues au conseil municipal. Elle espère, enfin, qu’à l’avenir, les autorités municipales tiendront compte de l’acceptabilité sociale avant de prendre des décisions.

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