Photo : Gracieuseté Cyrille Farré / Festivoix

Chloé Sainte-Marie est interprète, auteure et comédienne. Elle a aussi pris soin pendant 18 ans de son amoureux et complice, Gilles Carle, atteint de la maladie de Parkinson.  Son engagement a, entre autres, donné naissance aux maisons Gilles-Carles, dont une se retrouve en Mauricie, à Shawinigan, parce que seule une aidante reposée et en santé peut alléger le supplice de la personne malade dont elle prend soin. La Gazette de la Mauricie a rencontré cette femme qui a sur faire ses propres choix, savoir dire non et savoir dire oui, et devenir ainsi en plus d’une artiste de talent, une voix pour les proches aidant-es.

Chloé Sainte-Marie, tu es une artiste qui incarne l’engagement, l’inclusion, la résilience et la liberté, est-ce que tu es à l’aise avec cette perception qu’on peut avoir de toi ?

Ça fait plaisir, c’est certain. La liberté est le mot le plus précieux en ce monde. Cela fait partie intégrante de moi, parce, que toute ma vie, j’ai payé pour rester libre. Pas juste au sens monétaire, mais en termes de temps également. La liberté, c’est aussi faire ses choix librement sans que personne ne vienne derrière te dire quoi chanter et quoi dire. Je suis une interprète de mots et de textes, et chaque prose que je dis a  passé par mon système sanguin. Je suis totalement incapable de dire un texte qui ne me convient pas.

Tu es depuis longtemps sensible à la situation des Premières Nations, et c’est une partie importante de ta musique. Comment se sont tissés ces liens avec les Premières Nations ?

Cela a commencé avec Gilles Carles, qui est métis et qui avait une étroite collaboration avec Joséphine Bacon, que j’ai connue sur le plateau de Maria Chapdelaine. Nous nous sommes prises d’affection. C’est une âme que je reconnaissais, qui m’apprenait et me tenait la main quand j’avais besoin de comprendre. Elle m’a expliqué le territoire, qui nous sommes, d’où on vient et où on va. Aujourd’hui j’ai plusieurs ami-es de différentes nations et avec qui je collabore musicalement également.

Les gens qui jouent le rôle de proches aidant-es manquent souvent de temps, d’appui et d’argent. Qu’est-ce qu’on pourrait faire comme société pour les soutenir véritablement ?

L’État doit fournir des soins à domicile beaucoup plus qu’i ne le fait maintenant. Ce qu’on peut faire, c’est aider les personnes aidantes. Pour ça, ça prend des bras et du personnel pour que les personnes aidantes quittent leur sort d’esclaves et deviennent égales aux autres en ayant des congés et des moments de plaisirs. Souvent les aidant-es le sont 24 heures par jour et 7 jours par semaine. Il faut en prendre soin et ce n’est pas en privatisant et en capitalisant sur la mort qu’on va régler le problème. Les lieux de soins à domicile, que ce soit la Maison Gilles-Carles ou toutes autres maisons de répit qui prennent en charge la personne malades pour que les personnes aidantes se reposent, il en faut plus. Qui veut vraiment finir ses jours dans un CHSLD ? Il y a plein de marches possibles et les maisons de répit sont une des pistes importantes.

En partenariat avec Nous TV/ Cogeco, La Gazette de la Mauricie a réalisé cette entrevue dans le cadre d’une série d’entretiens avec des artistes engagé-es ou venant de la Maurice et qui ont participé au Festivoix l’été dernier.

 

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