L’animatrice de Racines mauriciennes, Valérie Deschamps, nous propose de l’accompagner à travers son périple en Mauricie alors qu’elle va à la rencontre de Pierre, Louise, Simone et bien d’autres personnes aînées de notre territoire à la recherche des histoires fascinantes du monde ordinaire; ces histoires qui au fil du temps ont tricoté notre identité collective régionale. Cette série est produite par La Gazette de la Mauricie et présentée par la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie. Elle est aussi rendue possible grâce à la contribution du Gouvernement du Québec et de son programme Québec ami des aînés.

 

 

Valérie Deschamps – Racines Mauriciennes – Octobre 2021  Me croiriez-vous si je vous disais qu’il est possible pour un homme de dresser une mouffette ? D’apprivoiser une corneille ? Un peu plus et il lui donnait un nom. Oh. Attendez… Après vérification dans nos vallons mauriciens, cet homme existe. Il demeure à quelques pas de l’autoroute 55, tout juste à côté de la sortie 211 à St-Boniface. Jacques Bournival, a une vie remplie d’histoires et de complicité avec les animaux. Si un livre existait sur sa vie, on pourrait le titrer Le Bestiaire de Bournival. On vous en présente un extrait dans cet épisode de Racines Mauriciennes. Après une balade dans le bâtiment abritant chevaux, chèvres et poules, on s’installe confortablement dans sa maison typiquement canadienne, qui ‘’shake’’ par le passage des voitures sur la voie rapide à quelques mètres. Jacques me tend une pile de documents. Ce sont ses archives personnelles. Articles, reconnaissances, mots et pensées de son entourage. Tout y est. Une dame qui était venue suivre une formation avec notre homme lui avait laissé ce mot : « Ce n’est pas l’homme qui apprivoise le cheval, c’est le cheval qui apprivoise l’homme car il sait reconnaitre l’âme d’un homme qui a la même sensibilité que lui. Jacques Bournival est cet homme. »

Bournival

Jacques Bournival en a des histoires à raconter. Bien plus qu’un bûcheron, il est un humain incroyable. Crédits: David Leblanc

Bien qu’il ait été élevé sur une terre sur le rang de la Grande Rivière Nord à Yamachiche, les animaux n’ont pas été le centre de sa vie, toute sa vie. Évidemment qu’il a toujours eu un attachement particulier pour ces bêtes à quatre pattes dès sa jeunesse, mais Jacques a débuté sa carrière avec les jeunes générations comme enseignant.  « Mais c’est quand j’ai pris ma retraite que j’ai réellement commencé à travailler avec les chevaux » raconte-t-il. D’ailleurs, c’est un de ses amis qui lui a amené ce plaisir-là. « C’est un ancien bucheron qui était plus âgé que moi. Il était dans les chantiers, je pense, dès ses 15 ans avec son cheval. Donc il m’a montré comment bien travailler en forêt, en toute sécurité » ajoute-t-il. Sécurité pour les humains et pour les animaux. Le débusquage est d’ailleurs encore au cœur de ses activités, donnant des formations au CÉGEP de La Pocatière, à l’Institut de technologie agroalimentaire. Troquer le tracteur pour un cheval, pourquoi pas ?! Mais l’amour pour les équidés ne s’arrête pas au travail. « En étant amateur de chevaux, un autre ami m’a demandé de venir sur des plateaux de tournages avec mes chevaux. J’ai eu la chance d’aller sur de nombreux plateaux comme entre autres Séraphin : Un homme et son péché de Charles Binamé. » m’explique-t-il. « C’est ma jument qu’Alexis a tuée » raconte-t-il en rigolant! Pendant notre jasette, une phrase me revient à l’esprit. « On ne connait que les choses que l’on apprivoise. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ». Ce genre de phrase vous dit quelque chose, n’est-ce pas? C’est directement sorti de mon livre préféré (je sais, je sais) Le Petit prince.  Parce que les animaux peuvent être d’un réel réconfort, peuvent nous rassurer et nous amener à voir un monde meilleur… tout comme un ami. « Je possédais une voiture adaptée pour les personnes à mobilité réduite. J’ai visité plusieurs foyers. Parfois, c’était eux qui venaient me visiter, comme celui de Ste-Thérèse. Il y a eu plusieurs événements qui se sont passés ici. C’était de toute beauté! Par exemple, il y avait une dame qui ne parlait plus depuis un bout de temps. Mon petit chien a grimpé dans la voiture, s’est assis sur la dame. Quand on est allé voir les chevaux, après l’explication qu’ils « n’étaient pas méchants » cette même dame qui ne parlait plus, s’est mise à expliquer au petit chien qu’il n’y avait pas de danger! Qu’il ne devait pas avoir peur. Les intervenant.e.s sont resté.e.s bouche-bée! » raconte-t-il. « Un groupe de jeunes en difficulté aussi est venu passer deux jours pour faire de l’équitation. En soirée, lorsqu’on faisait l’évaluation entre nous, un jeune qui était « ben dur », a pris la peine de descendre de son cheval qui boitait pour ne pas lui faire mal, même s’il n’y avait aucun danger! » ajoute-t-il les yeux pétillants de fierté. Ce désir d’aider, de collaborer et d’apporter un peu de douceur avec ses animaux, Jacques l’a encore aujourd’hui. Il aime raconter comment ses animaux sont extraordinaires. Comment ils s’entraident entre eux. Comment ils l’accompagnent dans son quotidien. Jacques, c’est un peu comme une Blanche Neige des temps modernes. Jacques, c’est un homme bon, rempli d’histoires et d’anecdotes à nous faire sourire et rêver. Découvrez sa bibliothèque de souvenirs qu’il partage avec nous dans le balado. Vous ne serez pas déçu, et tout comme moi, vous allez vouloir qu’il vous adopte comme petite-fille et/ ou petit-fils. Ah et en même temps, vous allez découvrir le nom qu’il avait donné à sa corneille… parce que c’est une histoire vraie! Bonne découverte d’un humain d’exception!

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