la tête dans les nuances temps fêtes
De gauche à droite : Elvire B. Toffa, Valérie Deschamps, Robert Aubin et Laurence B. Lemaire. Photo : Magali Boisvert

Nos traditions du Nouvel An devraient-elles faire l’objet d’une mise à jour? C’est le sujet du premier épisode de l’année 2023 de l’émission La tête dans les nuances produite par La Gazette de la Mauricie et NousTV. 

À cette occasion, l’animateur Robert Aubin a reçu dans son studio Elvire B. Toffa, entrepreneure, écrivaine et blogueuse, Valérie Deschamps, professionnelle en patrimoine mémorial et humain et Laurence B. Lemaire, productrice et réalisatrice.  

Valérie Deschamps rappelle d’abord que les traditions de Noël et du Nouvel An ont bien changé depuis le XIXe siècle. Historiquement, ces fêtes étaient solennelles et religieuses et l’on ne s’échangeait pas de cadeaux, explique-t-elle. La première carte de vœux n’est apparue qu’en 1843, suivant l’invention du timbre poste. 

Puis tranquillement, de nouvelles valeurs de partage sont apparues ainsi que des cadeaux nommés « étrennes » au Nouvel An, pour servir de bon présage pour l’année qui débute. Éventuellement, celles-ci ont été remplacées par la culture consumériste du cadeau que l’on connaît aujourd’hui. 

Les fêtes comme occasion de réconciliation 

Originaire de l’Afrique de l’Ouest, Elvire B. Toffa, dit avoir été stupéfaite, à son arrivée au Québec, de découvrir cette culture du cadeau. Pour elle, les fêtes de fin d’année servent davantage aux retrouvailles familiales. « C’est l’occasion de retrouver mon monde, de faire des câlins. » Il s’agit aussi d’une occasion d’introspection sur ses relations et de réconciliation, au besoin.  

Dans ce contexte, le cadeau est ressenti comme une forme de corruption. Par exemple, « il faut que l’enfant fasse son introspection parce que tu es son grand-papa. C’est parce qu’il t’aime qu’il ira naturellement te faire le plus beau câlin […] et non parce qu’il aurait eu un cadeau immense », explique-t-elle. 

Des vœux du Nouvel An améliorés  

Les panélistes ont ensuite suggéré plusieurs façons de redonner davantage de sens aux vœux du Nouvel An que l’on offre à la famille, aux amis, collègues et connaissances et qui, avec le temps, ont pris la forme de convenances, souvent dénuées de leur sens.   

Derrière le vœu, plaide Laurence B. Lemaire, il y a une intention de bienveillance qu’il faut accueillir. Si on le souhaite, on peut ensuite sortir des conventions et offrir des vœux plus personnalisés aux gens dont on est proche, dit-elle.   

Il est important que chacun agisse avec les valeurs qui le définissent, ajoute Elvira B. Toffa. Malgré les changements sociaux rapides, on peut choisir de cultiver nos qualités humaines. 

L’écoute et la posture d’empathie sont des vertus trop peu répandues dans notre société, estime Valérie Deschamps. « Par ailleurs, on peut vouloir donner de l’affection et des bisous, encore faut-il que l’autre soit prêt à les recevoir », dit-elle. 

Il faut souhaiter aux autres ce que l’on se souhaite à soi-même, croit Elvire B. Toffa. Pareillement, ce que tu donnes aux autres, « tu te le donnes à toi-même », souligne Laurence B. Lemaire. 

Des vœux authentiques nécessitent de la préparation et de l’intérêt pour l’autre. Cela prend aussi du temps. Laurence B. Lemaire lance l’idée de tenir des « îlots de vérité » avec nos proches. « Tu t’assois avec quelqu’un, tu ouvres ton cœur, puis tu as une vraie discussion. » « Il n’y a rien de plus doux et intéressant que de donner de l’humanité », conclut Valérie Deschamps.  

Je m'abonne à l'infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Acceptation des termes*
Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.

Je m'abonne à l'infolettre