La prochaine élection québécoise aura lieu le 1er octobre 2018. Cependant, la campagne électorale est largement lancée, et cela, dans le sens le plus électoraliste du terme.
Tout a commencé avant Noël. Le gouvernement du Québec annonçait en effet que les contribuables de la classe moyenne bénéficieraient d’une réduction d’à peu près 278 $ de l’impôt sur leurs revenus de 2017.
Cette première annonce a été suivie d’un train d’autres mesures. Le ministre de l’Éducation nous a d’abord avisés qu’il procéderait à un allégement de la taxe scolaire facturée aux contribuables chaque année en juillet. Cette mesure coûtera 650 millions de dollars au trésor public ; en Mauricie, elle équivaut à une réduction moyenne de 75 $ par famille.

Enfin, on ne saurait passer sous silence les autres mesures contenues dans la mise à jour du ministre des Finances, notamment celles qui prévoient des centaines de millions de dollars en éducation et en aide à l’enfance, en santé mentale, en soins pour les aînés hébergés, en enseignement supérieur et en implantation de l’Internet à haute vitesse dans certaines régions du Québec.
Assez paradoxalement, le gouvernement déverse sa manne après trois années consacrées principalement à mettre en place un régime d’austérité budgétaire qui a surtout consisté à réduire radicalement les services publics tout en procédant au démantèlement de larges pans de l’appareil d’État. Parmi les dommages collatéraux de cette austérité, évoquons au passage l’augmentation de la tâche des enseignants et des travailleurs de la santé ainsi que le recours de plus en plus élevé au secteur privé pour compenser l’engorgement du système public. Sans trop forcer le trait, on pourrait croire que le gouvernement dépense aujourd’hui pour réparer les pots cassés plutôt que d’avoir investi au moment opportun dans les acquis afin de les consolider et de les développer.
Cela étant, on ne va pas se mettre à pleurer parce que le gouvernement redonne en partie les sommes qu’il a brutalement ponctionnées par ailleurs. Mais qu’il soit permis de se demander si le parti libéral gouverne en fonction des intérêts supérieurs du Québec ou bien en vue d’assurer sa réélection. Chose certaine, ce gouvernement sera jugé le 1er octobre prochain non seulement sur son bilan, mais aussi sur la façon dont il s’y prend pour regagner la confiance de la population. À nous d’en prendre acte.







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