éditorial steven roy cullen eduardo malpica

Je devais profiter de cette tribune éditoriale pour vous annoncer mon départ de la direction générale de La Gazette de la Mauricie, mais depuis plus d’une semaine, ma vie et celle de toute une communauté est complètement chamboulée par la disparition d’Eduardo Malpica. 

Depuis le 26 novembre, je me sens aspiré dans un vortex. Un seul objectif occupe toutes mes pensées, celui de retrouver Eduardo, un collaborateur de La Gazette, mais aussi et surtout un membre de ma deuxième famille.

La Gazette de la Mauricie et le Comité de solidarité Trois-Rivières ne partagent pas seulement des locaux, mais aussi des valeurs communes telles que la solidarité, la justice et l’humanisme. Ces valeurs forgent parfois des liens serrés entre les employés des deux organisations.

eduardo malpica

Eduardo, Santiago et Chloé. Illustration : Maryane Desrochers-Legault

À mon arrivée en poste il y a sept ans, j’étais le seul employé à la barre du journal. L’équipe du Comité de solidarité de Trois-Rivières m’a accueilli comme si j’étais l’un des leurs. 

Alors que cette équipe s’apprête à m’accueillir officiellement comme directeur adjoint, elle vit un drame indescriptible. Les émotions sont vives. L’incompréhension se lit sur les visages. On vit, disons-le, un cauchemar. 

Pour ne pas sombrer dans l’inquiétude, on consacre toutes nos énergies, tous nos efforts à retrouver notre collègue et ami tout en soutenant Chloé, sa conjointe, pour qui le temps s’est arrêté le 26 novembre dernier. Imaginez un instant devoir dire à son fils : « Papa est parti pour un temps indéterminé à un endroit inconnu ».

Malgré la tragédie, malgré les montagnes russes d’émotions, je suis fier de notre équipe et de ce que nous avons réussi à mettre en place pour retrouver rapidement Eduardo. Je suis fier de la cellule de crise que nous avons montée en deux temps, trois mouvements pour soutenir les efforts de communication et accompagner Chloé. Si Eduardo voulait tester nos capacités à se serrer les coudes, mission réussie. 

Malgré les pleurs, je ne peux m’empêcher de sourire devant l’élan de solidarité de la communauté. Les dons de repas affluent pour nourrir les bénévoles qui continuent d’être au rendez-vous même après plusieurs jours de recherche infructueuse. Clairement, abandonner ne fait pas partie des scénarios.

Cette solidarité et ce labeur communautaire me donnent espoir que nous allons bientôt retrouver Eduardo. Il faut passer le mot, ouvrir l’œil. Notre ami, le papa aimant de Santiago, est forcément quelque part.

eduardo malpicaIl y a quelque temps, ma collègue Magali a demandé à Eduardo de répondre à un questionnaire afin de dresser un portrait de notre collaborateur. Ses réponses n’ont encore jamais été publiées (voir encadré) . 

À la question « Qu’est-ce qui vous donne espoir dans notre société? », il a répondu : « Les petits gestes d’entraide et de fraternité au travail, dans le voisinage, à l’école, etc. » Eh bien, Eduardo, l’entraide, nous la voyons maintenant pour te retrouver, pour aider ta famille, pour Santiago, pour Chloé.

D’ailleurs, tu seras très fier d’elle. Elle est une vraie force de la nature. Je ne sais pas comment elle tient debout dans tout ça, mais elle le fait et elle donne des entrevues aux médias pour que personne n’oublie ton absence. 

Eduardo, j’ai hâte de retravailler avec toi. Reviens-nous vite!

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