En 1983, un sommet populaire réunissant des groupes syndicaux et des organismes communautaires a eu lieu à Trois-Rivières. À cette occasion, des feuillets informatifs ont été produits afin de mettre en lumière les enjeux propres à la région. Devant leur popularité, Roger Deslauriers, Christiane Carle et Denis Leclerc ont décidé, en 1984, de poursuivre le projet en créant un journal mensuel sous forme d’organisme à but non lucratif (OBNL).
Dans un panel enregistré dans le cadre de l’émission La tête dans les nuances, Robert Aubin échange avec trois d’entre elles : Diane Vermette, directrice générale de La Gazette de 1991 à 1995, Steven Roy Cullen, en poste de 2015 à 2022, et Isabelle Padula, directrice générale actuelle depuis février 2023.
L’évolution technologique
Diane Vermette raconte que les logiciels de mise en page ont fait leur apparition vers les années 1990. Avant cela, son équipe devait faire preuve de créativité pour produire une maquette attrayante.
Pour créer le produit final, ils imprimaient les textes et les images, les découpaient, puis les assemblaient sur une table lumineuse. Une fois la mise en page terminée, une couche de cire était appliquée pour maintenir le tout en place, avant de faire sécher les feuilles et de les envoyer à l’imprimeur. Par la suite, elle a appris à se servir du Macintosh, et plusieurs autres outils technologiques ont suivi au fil des années.
Un lien commun
La Gazette compte plusieurs rédacteurs et rédactrices de longue date. Pour Steven Roy Cullen, c’est grâce à leur engagement envers l’information alternative que le journal perdure. Il définit cette dernière comme une information distincte de celle offerte par les autres médias de la région, car elle propose des analyses approfondies sur des enjeux de société. Ce type de contenu, selon lui, « fait avancer les réflexions citoyennes et sociales, et permet un engagement dans sa communauté. »
L’attachement au format papier
Depuis ses débuts, La Gazette n’a jamais cessé de publier ses articles dans une édition mensuelle papier. Ses éditions ont toujours été gratuites, malgré des contextes économiques plus difficiles. « Lorsqu’on discute avec les directions des autres médias, elles évoquent souvent des arguments économiques, disant que ce n’est pas rentable. Mais comme nous sommes un OBNL, cet argument ne primera jamais. », affirme Isabelle Padula. En effet, l’accessibilité gratuite à une information de qualité est importante pour La Gazette. La version imprimée de La Gazette est offerte gratuitement à la collectivité, tout comme l’entièreté de son contenu web, ainsi que ses vidéos et balados.
Les trois directions s’accordent pour dire qu’un lien particulier unit La Gazette au format papier. D’une part, le numérique n’est pas accessible à toutes et à tous. Certaines plateformes exigent un abonnement payant, et certaines personnes sont moins à l’aise avec les technologies. D’autre part, comme le souligne Isabelle Padula, plusieurs études scientifiques s’accordent à dire que la lecture sur papier favorise la concentration et la rétention de l’information.
Un avenir en continuité
Le panel se conclut sur une note tournée vers l’avenir. Isabelle Padula annonce le développement d’une application mobile ainsi qu’un tout nouveau programme à vocation éducative, destiné à des jeunes de la région.

Isabelle Padula, directrice générale et journaliste de La Gazette, annonce le développement d’une application mobile à venir cet automne, ainsi qu’un tout nouveau programme à vocation éducative, destiné à des jeunes de la région. Photo : Anne-Sofie Bathalon / © La Gazette de la Mauricie et des environs





