Le Baluchon prépare la mise à l’abri de 70 % de son territoire afin d’en préserver à perpétuité les paysages, les sentiers et une partie des berges de la rivière du Loup.

 

Le Baluchon, un paysage naturel bientôt protégé à perpétuité

Loin de s’essouffler, le rêve du fondateur du Baluchon Éco-Villégiature, Louis Lessard, est en voie d’être réalisé. D’ici deux ans, il espère créer une fiducie d’utilité sociale environnementale qui lui permettra de protéger à perpétuité le paysage naturel de ce complexe de villégiature de Saint-Paulin, en Mauricie, incluant une portion des berges de la rivière du Loup.

En 1982, alors qu’il étudiait en biologie, Louis Lessard et son ami Yves Savard, étudiant en graphisme, ont fondé Le Baluchon sur le site de l’ancien moulin Damphousse, dont Hydro-Québec leur avait cédé les droits de jouissance. Acquérant au fil du temps de plus en plus de terrains environnants, dont des boisés, ainsi que des terres agricoles, les deux comparses ont impliqué plusieurs collègues et membres de leur famille pour développer ce qui allait devenir un vaste complexe de villégiature et de plein air.

Leur rêve était de protéger la beauté du paysage et de garder les lieux accessibles.

En 1990, le Baluchon ouvrait ses portes au grand public avec une offre d’hébergement d’une douzaine de chambres. Dès 1994, son restaurant remportait le prix de la Gastronomie au Grands Prix du Tourisme québécois. Trente-deux ans plus tard, la qualité est toujours au rendez-vous dans l’assiette, où les produits locaux sont mis en valeur depuis bien longtemps.

«Le tout premier club chasse et pêche au Québec, c’était ici. Ce territoire est plein d’histoire», raconte Louis Lessard, qui évoque en vrac l’époque du bucheronnage et des moulins à scie, les commandes de bois de Napoléon qui voulait nuire à l’Angleterre, celui du tournage de la série télé Marguerite Volant, et les nombreux personnages qui ont vécu à Saint-Paulin, racontés par Fred Pellerin dans ses histoires, lui qui, autrefois, a été guide au Baluchon.

À travers les 1 600 acres de forêts et de terres agricoles du Baluchon, disséminés le long de la rivière du Loup, plusieurs bâtiments d’auberge ont été construits au fil du temps, complétés par des chalets offerts en location, un spa et une piscine. Un long trottoir de bois permet de marcher le long de la rivière, sans piétiner les berges. On peut y admirer d’innombrables variétés de champignons et de plantes sauvages, ainsi que des chevreuils et des renards au détour des chemins.

Une quarantaine de kilomètres de sentiers de randonnées et de ski de fond ont été aménagés, où l’on peut profiter du plein air et apprécier le paysage en se promenant en chevaux ou en traineaux à chiens.

Louis Lessard souhaite que les sentiers conservent leur vocation afin que la population puisse en profiter, et il travaille à trouver le moyen de protéger ce territoire, même lorsqu’il ne sera plus là pour le faire. La solution sera de créer une fiducie d’utilité sociale, un véhicule juridique permettant de soustraire un bien du marché spéculatif pour le consacrer à une mission d’intérêt général précise à perpétuité.

«C’est une partie de rivière d’une valeur exceptionnelle, alors est en train d’élaborer une stratégie. On prévoit céder 70% de nos terrains à une fiducie d’utilité sociale environnementale pour en faire une aire protégée, dit Louis Lessard. Pour ne pas qu’il y ait de problématique comme on a vu à d’autres endroits, on souhaite s’assurer que ce soit irréversible, qu’il n’y ait jamais autre chose que des infrastructures légères récréatives qui puissent être possibles. Alors ce qu’on va faire, c’est qu’on va protéger le paysage lui-même.

Les sentiers vont demeurer avec une vocation déterminée et ce qui est à côté des sentiers sera dans l’aire protégée. Comme ça, il n’y aura pas de changement de vocation. La démarche est entreprise depuis deux ans et on pense qu’elle sera complétée d’ici deux ans.»

La portion de terrain qui sera protégée pourrait s’étendre sur 11 kilomètres de rivière, incluant des iles.

«C’était mon rêve de protéger ça quand je suis sorti de mes études en biologie. Ça fait au-dessus de 40 ans! Ça ne nous rajeunit pas!» dit Louis Lessard.

 

 

Les berges de la rivière du Loup bientôt protégées sur une distance de 11 km.

 


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Geneviève Quessy, journaliste pigiste

Initiative de journalisme local

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