
Plus de 80 % des denrées distribuées localement proviennent de Moisson MCDQ.
(Photo: Gracieuseté Moisson MCDQ)
« Quand une personne est en train de se noyer, ce n’est pas le temps de lui demander pourquoi. C’est le temps de lui lancer la bouée. C’est ça l’aide alimentaire. » C’est de cette manière que Geneviève Marchand, directrice adjointe et directrice du financement et des communications de Moisson Mauricie/Centre-du-Québec (MCDQ), explique la mission de son organisme.
Créée en 1988, Moisson MCDQ est l’une des cinq premières Moisson à avoir été fondées au Québec. Depuis bientôt 40 ans, l’organisme récupère les dons de nourriture afin de les rediriger vers 61 organismes membres qui distribuent ces denrées à 18 236 personnes dans le besoin chaque mois.
Mission Moisson, d’hier à aujourd’hui
Au fil des ans, des projets éducatifs et des initiatives qui soutiennent le développement des individus se sont greffés à la mission Moisson MCDQ : « Une chose qui est au cœur de notre travail, c’est l’intégration sociale et à l’emploi ».
Chaque année, 453 personnes en intégration sociale et à l’emploi rejoignent les rangs de l’organisme. Ce sont des étudiant-es en stage, des personnes issues de programmes d’employabilité ou qui doivent réaliser des travaux communautaires ou compensatoires qui viennent prêter main-forte aux opérations.
Leur apport représente 14 employé-es à temps plein chaque année. Ce qui semble davantage toucher madame Marchand est la transformation que ces 453 personnes vivent : « On leur fait découvrir des talents qu’elles ne pensaient pas avoir, on leur fait prendre conscience de leur force et de leur potentiel tout en respectant leurs limites. Les gens reprennent confiance en eux et retournent sur le marché du travail ou à l’école. Il y a d’ancien-nes participant-es qui font maintenant partie de notre équipe ».
Un portrait de l’aide alimentaire en évolution
Le visage des bénéficiaires de l’aide alimentaire en Mauricie et au Centre-du-Québec a changé au cours des dernières années. Cette année, près de 32 % des bénéficiaires sont des enfants, soit plus 1 500 de plus que l’an dernier.
Plus d’enfants bénéficient de l’aide alimentaire, mais aussi plus de personnes ayant des revenus : « On voit que des personnes issues de la population active ou les personnes qui ont travaillé toute leur vie qui se tournent vers l’aide alimentaire parce que les revenus sont insuffisants pour combler les besoins de base, comme l’alimentation et le logement », explique madame Marchand.
Selon ses chiffres, 13 % des bénéficiaires perçoivent des revenus liés à un emploi, à l’assurance-emploi ou à une pension de vieillesse. Cette proportion était de 6,7 % en 2019.
La Moisson de demain
Le rêve de Moisson MCDQ? Changer sa mission le jour où l’aide alimentaire ne sera plus réclamée par la population. Une utopie pour madame Marchand.
Son souhait réaliste est que la population comprenne qu’il « n’y a aucune gêne à demander de l’aide alimentaire, les gens doivent enlever cette barrière-là. Dans la vie, en général, c’est souvent difficile de demander de l’aide, parce qu’on ne veut pas déranger les autres ou parce que certaines personnes croient que d’autres en ont besoin plus qu’elles . La question n’est pas là : quand on a besoin d’aide, on a besoin d’aide ».
Et Moisson MCDQ est là. Pour bénéficier d’aide alimentaire ou s’impliquer dans Moisson MCDQ, consultez le site web.

Moisson MCDQ couvre un territoire de plus de 42 000 kilomètre carrés : « Il s’agit de l’un des plus grands territoires desservis par une Moisson au Québec, garantissant ainsi un accès à l’aide alimentaire pour de nombreuses communautés »
(Photo: Gracieuseté Moisson MCDQ)
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Mélodie Charest, journaliste pigiste
Initiative de journalisme local









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