RICHARD GRENIER, COLLABORATEUR

 

 

 

 

L’embargo imposé par les États-Unis à Cuba depuis 1962 est contraire aux principes et aux normes du droit international. Il a fait subir, entre mars 2025 et février 2026, une perte financière de 8 milliards de dollars à la population cubaine, a affirmé en septembre dernier Bruno Rodriguez, ministre cubain des Affaires étrangères. 

Ces chiffres records n’incluent même pas les dommages provoqués par le blocus pétrolier en vigueur depuis fin janvier 2026 et imposé par Les États-Unis, qui menacent de droits de douanes tous les pays qui voudraient acheminer du pétrole sur l’île, ni les dommages provoqués par les sanctions secondaires imposées en mai aux entreprises étrangères qui collaborent avec Cuba.

Ces menaces de sanctions ont entraîné le départ de nombreuses compagnies, en particulier dans le domaine du tourisme et des mines. Au niveau touristique, rappelons que ce sont plus de 500 000 Canadiens et canadiennes qui annuellement se rendaient à Cuba pour des vacances au soleil. L’entrée de devises étrangères s’avérait cruciale pour l’économie de l’île de 9,4 millions d’habitant-es.  

«Le blocus ne punit pas un gouvernement, il punit la vie quotidienne d’un peuple dans tous les domaines», a accusé le chef de la diplomatie cubaine, en mentionnant au passage que le taux de mortalité infantile à Cuba est passé de 4 décès sur 1 000 naissances en 2018 à 9,9 pour 1 000 en 2025. «Ce sont des enfants, ce ne sont pas des chiffres», a-t-il insisté, dénonçant une politique «sans bombe, mais qui tue». 

Les coupures de courant s’étendent parfois sur plusieurs jours dans l’île, paralysant ainsi les transports, interrompant l’approvisionnement en eau potable, désorganisant les hôpitaux et aggravant les pénuries alimentaires.

Cette année encore, comme c’est le cas depuis 33 ans, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution non contraignante qui condamne le blocus imposé à Cuba par les États-Unis et en réclame la levée. Une majorité de pays ont voté, une fois de plus, en faveur de cette résolution. Toutefois, sous les fortes pressions des États-Unis, plusieurs pays se sont abstenus.

 

La solidarité est la tendresse des peuples!

Présent à Cuba depuis plus de 30 ans, le Comité de solidarité/Trois-Rivières (CS3R) est l’une des organisations de coopération québécoise qui est active depuis le plus longtemps sur l’île. Il a notamment contribué à électrifier plus de 150 villages de montagnes grâce à l’énergie solaire. Il a également collaboré à des campagnes de santé publique avec les autorités cubaines contre des maladies infectieuses telles que le sida, la dengue et la zoonose. Au fil des ans, des centaines de jeunes volontaires du Québec ont été formé-es et envoyé-es en stage de solidarité internationale à Cuba. 

En octobre 2025, le passage de l’ouragan Melissa a causé d’importants dommages au partenaire local du CS3R à Cuba, la Coopérative de crédit et de services Luis Rustán Rodríguez. Située dans la province de Guantánamo à l’extrême sud-est de l’île, cette coopérative, qui compte 321 producteurs et productrices membres, joue un rôle essentiel dans l’augmentation et la diversification de la production agricole locale, contribuant ainsi directement à la sécurité alimentaire de la population. 

Devant l’ampleur des dégâts, le CS3R fait appel à la générosité de la communauté régionale afin de soutenir les efforts de reconstruction. Devant les sanctions économiques américaines causant des pénuries et des souffrances multiples, il devient pressant d’assurer l’autonomie énergétique et alimentaire des insulaires. 

Les dons recueillis appuieront l’installation de cette unité de production et des panneaux solaires permettant de la faire fonctionner. Ils serviront aussi à la réparation des bâtiments endommagés par l’ouragan. Les dons permettront de lutter contre les impacts des changements climatiques en réduisant la dépendance de la population aux énergies fossiles grâce à l’accès à de l’énergie renouvelable. 

Tout au long de la campagne, l’équipe du CS3R agira avec la transparence et le professionnalisme qu’on lui reconnaît. L’entièreté des sommes recueillies sera acheminée au partenaire et servira exclusivement aux fins du projet de solidarité en cours. Les personnes donatrices pourront recevoir, en échange de leurs dons, un reçu officiel pour fins d’impôt. Comme l’a écrit la poétesse nicaraguayenne Giocconda Belli, «la solidarité est la tendresse des peuples!». Sachons faire preuve de générosité!

 

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