Les travaux d’aménagement et d’entretien municipaux contribuent à la propagation de plantes exotiques envahissantes qui ont des conséquences environnementales, économiques et sociales nuisibles. Un organisme de la région offrira une formation gratuite cet automne pour sensibiliser le personnel municipal à cet enjeu.

Roseau commun. Photo : Bassin versant Saint-Maurice

Pas moins de 25 espèces de plantes exotiques envahissantes (PEE) ont été recensées sur le territoire des 16 municipalités du territoire d’intervention de l’organisme Bassin versant Saint-Maurice. Parmi les plus connues, on retrouve notamment le roseau commun (aussi appelé phragmite), le myriophylle à épis, la berce du Caucase, le panais sauvage et la renouée du Japon.

La propagation des PEE est surtout causée par les activités humaines, notamment par le transport de graines ou de résidus végétaux lors de travaux d’excavation. De plus, toute perturbation du sol peut créer un milieu propice à l’installation et à l’expansion de nouvelles colonies de plantes.

Pour cette raison, le personnel des travaux publics et d’entretien mériterait d’être mieux formé à identifier ces plantes et à comprendre les nuisances qu’elles entraînent, estime Laurianne Bonin, coordonnatrice du projet chez Bassin versant Saint-Maurice (BVSM).

« La prolifération de ces espèces est une menace pour les écosystèmes, puisqu’elles ont une grande capacité d’adaptation et elles peuvent coloniser des milieux sensibles très rapidement », explique-t-elle. Il s’agit par ailleurs d’un enjeu environnemental « de plus en plus préoccupant, dans un contexte de changements climatiques », révèle un document de la Fondation de la faune du Québec.

Les menaces à l’environnement ne sont pas mineures. Par exemple, la renouée du Japon émet des substances dans le sol qui empêchent les autres plantes de pousser, entraînant des conséquences évidentes sur la biodiversité des plantes locales. La présence de colonies de renouée sur les rives des cours d’eau cause une érosion des berges puisqu’elle éradique toutes les plantes riveraines qui retiennent habituellement les sols. 

Renouée du Japon. Photo : Bassin versant Saint-Maurice

Les conséquences potentielles de la présence de PEE touchent aussi à l’économie et à la santé humaine. Ces espèces peuvent diminuer la productivité forestière et agricole ou influencer négativement la valeur des propriétés.

Un contact avec du panais sauvage ou de la berce du Caucase peut causer des brûlures sévères sur la peau. La Ville de Shawinigan légifère d’ailleurs contre la présence de berce du Caucase sur son territoire, précise Laurianne Bonin.

Panais sauvage. Photo : Bassin versant Saint-Maurice

La terre excavée des sites affectés est considérée comme une terre contaminée et doit être déposée dans un site d’enfouissement. Une pratique qui n’est pas toujours respectée en Mauricie.

La formation comprend deux volets qui permettront aux participants d’identifier une douzaine de plantes exotiques envahissantes et de connaître les bonnes pratiques municipales à adopter.

Bassin versant Saint-Maurice bénéficie d’une aide financière de 25 102 $ de la Fondation de la faune du Québec pour réaliser ces ateliers qui seront offerts gratuitement au cours de l’automne 2022. Les municipalités situées sur le territoire d’intervention de BVSM incluant celles du nord de la région (La Tuque, La Bostonnais et Lac Édouard) sont invitées à communiquer avec l’organisme pour s’inscrire.

 

Lire aussi : Renouée du Japon : Champ libre à une plante envahissante indestructible

 

(Photo de l’image de l’en-tête : Marius Le – Unsplash)

 

 

 

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