ISABELLE PADULA
EN COLLABORATION AVEC SES COLLÈGUES DE LA TABLE ÉDITORIALE
L’été bat son plein. Les jours sont longs, l’air est léger. Pour plusieurs, c’est la saison des vacances. Mais pour notre collectivité, c’est aussi autre chose. L’été est peut-être la saison idéale pour jeter des ponts.
Des ponts, notre région en compte plusieurs. En Mauricie, il y a le majestueux pont Laviolette. Plus au nord, on traverse des joyaux patrimoniaux comme le pont Bordeleau à Saint-Séverin, le pont Ducharme à La Bostonnais ou le pont de Saint-Mathieu à Saint-Mathieu-du-Parc. Dans Lanaudière, il y a le charmant pont Grandchamp à Sainte-Geneviève-de-Berthier, un pont couvert centenaire. Tous ces ponts partagent un même dessein: permettre le passage. Mais ce dont nous avons le plus besoin, ce sont ces ponts invisibles que nous construisons à force d’écoute et de dépassement de soi.
Ces ponts-là, une fois construits, peuvent aussi se fragiliser. Regardez autour de vous. Une société où l’on campe dans son opinion, où l’on se retranche derrière son idéologie, où l’on cesse de se parler? La polarisation est partout. Et elle ne se limite pas aux débats publics. Elle est aussi présente au sein de notre famille, de notre cercle d’ami-es, de notre conseil d’administration ou de notre équipe de travail. On arrive parfois confronté-es à des îlots qui communiquent mal, qui ne se comprennent pas, qui veulent rester campés sur leurs positions. Et quand les îlots ne se parlent plus, c’est toute la collectivité qui s’affaiblit.
Pourtant, il existe des antidotes à ce phénomène, dont l’engagement au service du bien commun. Notre média indépendant, sans but lucratif, repose sur l’engagement de personnes ordinaires qui font des choses extraordinaires. Rédacteur-trices. Membres du CA. Camelots. Aides techniques. Expert-es en informatique. Tous les talents sont les bienvenus.
Cet engagement crée des rencontres qu’on n’aurait pas faites autrement. Il tisse des liens avec des gens qu’on n’aurait jamais croisés. Il permet de mieux comprendre l’autre avec ses réalités, ses défis, ses joies. Le bénévolat, c’est grand. Le bénévolat au service du bien commun, c’est un pont. Nous avons tous et toutes ce besoin, profondément ancré en nous, de faire partie de quelque chose de plus grand que nous-mêmes.
À La Gazette, l’engagement repose sur le bénévolat mais également sur son équipe de travail. Des gens passionnés, dévoués, qui mettent leur expertise et leur cœur au service de l’information d’ici. Bénévoles et salarié-es: deux piliers d’une même maison, deux forces qui se complètent pour faire rayonner la parole citoyenne.
Cette semaine, j’ai pensé à tous ces talents qui font vivre La Gazette. Et si l’été devenait cette saison où l’on dépasse ses peurs? Où l’on pousse la porte d’un organisme pour offrir un peu de son temps? Où l’on essait quelque chose qu’on n’osait pas? Où l’on propose son coup de main technique? Où l’on s’implique?
Le bénévolat change les choses. Il transforme la personne qui le fait et la communauté qui le reçoit. Il suscite des rencontres. Il fait grandir. Il aide à se construire soi-même. Et il construit, pierre par pierre, ces ponts qui nous manquent tant.
Et vous, qu’avez-vous à offrir? Un talent. Du temps. Une oreille attentive. Peu importe la forme, votre engagement permettra d’améliorer des choses.
Et si vous ne savez pas par où commencer, sachez que La Gazette est là. Nous avons besoin de vous. Besoin de vos idées. Besoin de vos mains. Besoin de vos voix. Parce que ce n’est pas seulement un journal que nous produisons, c’est un pont que nous bâtissons ensemble, par-dessus les fragmentations, par-dessus les silences.
Faire confiance à l’intelligence collective, comme nous le disons souvent à La Gazette, est peut-être la clé. C’est au cœur de notre vision. Parce que c’est ensemble, en mettant de côté nos certitudes et nos orgueils, et en apprenant à nous rallier autour de ce qui nous unit, que nous pourrons véritablement construire des ponts durables.
L’été est court, dit-on. Mais les ponts que nous construirons en cette saison, eux, resteront. Pour aujourd’hui. Pour demain. Pour la Mauricie, Lanaudière et le Centre-du-Québec qu’on veut plus justes, plus solidaires, plus participatifs et participatives et mieux informé-es.
Bâtissons des ponts. L’été, c’est la saison pour le faire.







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