Sophie Béland
Animatrice en sensibilisation
CALACS de Trois-Rivières
Le travail d’intervention en est un qui se présente doucement, rempli de bienveillance. Une lettre d’amour à l’expérience humaine qui se démarque par son honnêteté. Il est fondamentalement subtil et empreint de sagesse, tant de démarcations que de déboires, de réussites que d’échecs, mais aussi d’optimisme. Rocambolesque par sa nature, le rôle d’intervenant-e est une promesse d’espoir.
C’est de l’espoir dont il est question aujourd’hui. Je tente avec ma plume adroite à ses heures et mon vécu de mettre un petit baume sur les ecchymoses de ceux et celles qui ont le courage d’oser espérer. Il est vrai que, par moments, la télécommande nous séduit, nous demande de fermer les nouvelles, que le bouton off de nos téléphones nous titille le cerveau. Le monde va mal, et on le voit chaque jour. Loin de moi l’idée de me présenter comme une sauveuse, porteuse de solutions définitives (quoique je me considère penseuse à mes heures), j’essaie ici simplement de faire tous et toutes réfléchir au fait que l’espoir ne nous quittera jamais vraiment. Du moins je le crois.
L’espoir n’est pas quelque chose que l’on a, c’est quelque chose que l’on fait. C’est à coup de petits mots d’encouragement, de présences au travail, de manifestations pour un futur plus juste qu’il se forme. Je souligne ici l’importance de garder le cap sur l’espoir lorsqu’il s’agit de mouvements sociaux, ou encore de sensibilisation, qui ne se font qu’avec la croyance fondamentale que le monde peut changer. Cependant, l’espoir se manifeste aussi par des souffles retenus devant les nouvelles, par de petites attentions portées à soi-même, par le pardon de nos erreurs et, surtout, je ne peut le souligner assez, par la promesse d’essayer encore.
Il est facile aujourd’hui de se dire qu’il n’y a plus rien à faire, plus de mots à dire, plus de textes à écrire. Constamment bombardé-es d’informations, d’horreurs à tous les coins de rue, de toutes les idées originales publiées dans le monde entier, de manques de financement, d’injustices à gauche et à droite, beaucoup d’entre nous ont remis en question notre travail. Pourtant, tous les matins, on se lève encore et encore et on essaie. Une immense partie du travail d’intervention est manifeste du simple fait d’espérer. Vouloir changer des choses, vouloir aider, c’est oser croire que les choses iront mieux. Ou tout simplement que les choses iront. Que peut-être, un jour, on pourra dire que ça va. C’est tressé quelque part entre les indignations et les interventions. On se mobilise, on fait acte de présence, bref on essaie. Parce que, quelque part, malgré les embûches, on se dit que quelque chose peut changer pour le mieux.
Il n’est pas question ici de faire fi des embûches et de l’injustice, ni de tenter d’inspirer un optimisme mal fondé aux tournants inévitablement aigris, mais simplement de faire penser, ou du moins d’essayer de faire valoir, que l’espoir n’est pas quelque chose qui peut se perdre réellement. C’est quelque chose qui se manifeste par l’action au-delà de la pensée. Il est taciturne, parfois timide, mais il est toujours présent. Tant et aussi longtemps que nous faisons l’effort, nous faisons l’espoir, tout simplement.
Il faut mettre en valeur celles et ceux qui osent, qui agissent, qui se mobilisent et qui sont, tout simplement. Continuer d’exister, c’est avoir l’aspiration que les choses peuvent aller, aussi subtile puisse-t-elle être. Parce que, par-delà les difficultés et les nombreuses envies parfois de tout abandonner, l’espoir existe en nous d’arriver à dire un jour: ça va.







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