
L’étude montre que le maintien de la taille de la classe moyenne s’explique par les mécanismes de transfert des revenus. Dans les faits, la classe moyenne a perdu du terrain depuis 1976 : elle est passée de 36,8% à 29,4% de la population de 1976 à 2010. Cette réalité ne doit pas nous étonner dans la mesure où on constate une distribution de plus en plus inégalitaire des revenus au Québec et ailleurs dans le monde. Si la classe moyenne recule, c’est parce que son revenu réel fait du surplace depuis 30 ans.
En effet, de nombreux organismes, dont l’OCDE, observent une érosion
Des conditions de vie dégradées
Le maintien de la classe moyenne ne veut pas dire que ses conditions de vie sont aussi bonnes. La hausse des prix des habitations, des transports et de l’électricité, au-dessus de l’inflation moyenne, a comme conséquence d’amputer graduellement la marge de manœuvre des familles pour d’autres types de dépenses. Si les Québécois semblent conserver leur niveau de vie, cela a un prix. Le taux d’endettement des familles québécoises a plus que triplé depuis 1980, pour atteindre 140 %. Le nombre d’heures travaillées par les familles québécoises a aussi augmenté de 10% à 15% depuis les années 1970[2], sans compter la contribution grandissante des enfants au revenu familial, laquelle se confirme par l’augmentation du nombre d’heures travaillées par les 15 à 17 ans. Et si en apparence la classe moyenne semble «se porter bien», il en va autrement de la qualité des emplois qui sont beaucoup plus précaires qu’autrefois. Enfin, pour mieux apprécier la place de la classe moyenne, il faudrait aussi tenir compte de la répartition des richesses (immobilières et financières), celles-ci étant de plus en plus concentrées entre les mains d’un faible pourcentage de la population.
Dire que «la classe moyenne se porte bien» est une exagération de la situation réelle. Les conditions de vie de la classe moyenne risquent de se dégrader encore plus au cours des prochaines années, compte tenu de la quasi-permanence des politiques d’austérité budgétaire des gouvernements canadien et québécois. Disons-le clairement, l’austérité a pour effet de vider de sa substance les mécanismes de redistribution des revenus. C’est ce qu’on observe depuis le début des années 2000 avec la multiplication des tarifs et voies d’évitement fiscal qui ne permettent plus à l’impôt progressif de jouer son véritable rôle.
[1] Selon une étude de : François Delorme, Suzie St-Cerny et Luc Godbout, La classe moyenne s’érode-t-elle vraiment? Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.
[2] Institut de recherche socio-économique, Qui s’enrichit, qui s’appauvrit – 1976-2006, 2010.






Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Se connecter