alliés alliées lgbtq+
L’animateur à la vie spirituelle et communautaire Étienne Lebrun. Crédit: Lumo Photo ; Sarah Lemay, intervenante aux services d’écoute et de soutien au GRIS Mauricie / Centre-du-Québec. Crédit: Étienne Boisvert

La plupart des Québécois et Québécoises connaissent au moins une personne faisant partie de la communauté LGBTQ+. Or, il peut parfois être difficile, avec un paysage social qui évolue rapidement, de soutenir ces personnes de la façon la plus bienveillante possible.

Sarah Lemay, intervenante au service d’écoute et de soutien du Groupe régional d’intervention sociale (GRIS) Mauricie et Centre-du-Québec et Étienne Lebrun, animateur de vie spirituelle et d’engagement communautaire dans les écoles secondaires l’Escale de Louiseville et le Tremplin de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, partagent leur perspective sur ce qu’est un bon allié ou un bonne alliée.

« Avec moi, tu n’as pas à te battre »

Sarah Lemay et Étienne Lebrun s’identifient tous deux comme allié et alliée. L’intervenante au GRIS a discuté avec de nombreuses personnes de cette communauté et elle en retient plusieurs attitudes à adopter : « Je pense que c’est d’être sensible et de ne rien prendre pour acquis. Il ne faut pas se gêner non plus pour questionner la personne. »

Du côté d’Étienne Lebrun, ce n’est que récemment qu’il a appris le terme « allié » : « Pour moi un allié, c’est juste de dire, d’accord, je suis peut-être du côté le plus majoritaire, mais ça ne m’empêche pas d’être sensible et de vouloir en apprendre plus, de vouloir aller à la rencontre de l’autre, et aussi de dire à l’autre : “Avec moi, t’as pas à te battre pour avoir ta place. Peu importe comment tu te sens, je te prends comme tu es.” Être un allié, pour moi, c’est aussi d’être un agent multiplicateur auprès de mon entourage. »

Le privilège, cette longueur d’avance

Ce « côté plus majoritaire », c’est cette fameuse notion de privilège, que tous deux estiment essentiel de reconnaître. Étienne Lebrun confie vivre de la culpabilité par rapport au privilège qu’il détient en tant qu’« homme blanc hétéro trentenaire » : « Oui, c’est vrai, c’est un privilège que j’ai, que je n’ai pas choisi parce que je suis né avec, mais au même titre que les personnes qui sont nées noires, qui sont nées autochtones, gaies, lesbiennes, bisexuelles, qui sont nées trans… Mais c’est de transformer cette culpabilité-là en action en se disant : ma culpabilité, elle n’apportera rien à la communauté. »

Sarah Lemay abonde dans le même sens, en expliquant que « quand on a une voix, quand on est dans une situation de privilège, c’est important de l’utiliser pour parler avec les autres et justement, parfois, le message passe mieux quand c’est fait par une personne alliée ou une personne de notre entourage ».

Les bonnes pratiques

Plusieurs réflexes peuvent être adoptés afin de bien soutenir les personnes de la communauté LGBTQ+. D’abord, « croire la personne », dit Sarah Lemay, « même si on ne comprend pas sa réalité, même s’il y a des choses qui nous échappent, et c’est normal, parce qu’on n’a pas le bagage de la personne ». On conseille également de « lui demander ses besoins, de donner un espace pour que la personne puisse explorer son orientation sexuelle ou son identité de genre ».

Étienne Lebrun a, quant à lui, initié des changements dans les deux écoles secondaires où il travaille, en créant des comités LGBTQ+ pour instaurer un espace sécuritaire pour les jeunes, et en planifiant une formation sur les orientations sexuelles et identités de genre pour le personnel enseignant. Il rapporte également qu’il a appris en tant qu’allié à « croire la personne qui nous parle et d’accepter que c’est sa réalité d’aujourd’hui et que ça peut évoluer », puisque la sexualité et le genre peuvent être fluides, et leur conception aussi, peu importe l’âge.

L’importance de l’éducation

Sarah Lemay conseille aux alliés et alliées de s’informer sur les termes actuels de la communauté LGBTQ+ : « Il y a des nouveaux termes. Les réalités ont toujours existé mais maintenant on met des mots dessus. » L’intervenante recommande également d’en lire plus sur l’histoire de cette communauté. Plusieurs organismes tels que le GRIS et TRANS Mauricie et Centre-du-Québec offrent sur leurs plateformes de nombreuses ressources afin de s’informer, et pourquoi pas, d’y faire du bénévolat !

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