Photo : Isabelle Padula

Il y a un an, dans la nuit du 25 au 26 novembre 2022, Eduardo Malpica disparaissait après une soirée au centre-ville de Trois-Rivières. C’est un fait incontestable, Eduardo, 44 ans, est mort par noyade dans le fleuve Saint-Laurent, puisque son corps y a été retrouvé le 2 juin 2023. Mais à ce jour, le déroulement des heures qui ont précédé sa mort demeure un mystère. C’est pourquoi sa conjointe, Chloé Dugas, en partenariat avec le Comité de solidarité de Trois-Rivières (CS3R) pour lequel travaillait Eduardo, réclame la tenue d’une enquête publique et demande l’appui de la population. Steven Roy Cullen, directeur adjoint du CS3R, a répondu au nom de l’organisme aux questions de La Gazette de la Mauricie. La direction de la police de Trois-Rivières a quant à elle répondu à La Gazette qu’« en ce qui concerne votre demande concernant le dossier de monsieur Eduardo Malpica, la Direction de la police de Trois-Rivières, tout comme pour les autres médias, n’émettra aucun nouveau commentaire ».

La Gazette – Quels sont les objectifs poursuivis par cet appel à l’action ?

CS3R – On demande à la population québécoise de nous soutenir dans notre demande pour mettre de la pression sur le coroner en chef du Québec pour que celui-ci voie que la population trifluvienne et québécoise se préoccupe de la situation et se questionne sur l’enquête réalisée par les services de police. Cette demande vise à :

  • Rétablir la confiance de la population québécoise en ses institutions policières.
  • Aborder le problème de la présence et de la banalisation de la violence dans les bars.
  • Réviser les pratiques mises en place par les propriétaires et les employé-es des bars ainsi que les législations pour que les Québécois et Québécoises sentent qu’ils peuvent sortir dans les bars sans crainte pour leur sécurité.

La Gazette – Comment l’action citoyenne peut-elle contribuer à faire changer les choses dans ce dossier ?

CS3R – Ça démontrerait que notre demande est appuyée par une volonté populaire. Ce ne sont pas seulement les proches, ami-es et collègues qui sont en deuil qui portent le message.

La Gazette – En quoi une enquête publique pourrait-elle apporter des réponses différentes de celles de l’enquête du coroner actuellement en cours ?

CS3R – Une enquête publique permettrait d’analyser plus loin la manière de mener les enquêtes en cas de disparition. Elle permettrait aussi de rétablir la confiance en nos services de police en exposant le travail qui a été fait. Elle permettrait enfin de rétablir la réputation d’Eduardo, qui a été dépeint comme unique fautif dans cette histoire.

La Gazette – Qu’est-ce qui aurait pu être fait différemment dès la disparition d’Eduardo ?

CS3R – Les enquêteur-euses ont écarté rapidement toute piste criminelle et privilégié la thèse du départ volontaire. Ils-elles semblent avoir développé une vision tunnel fondée sur le témoignage non corroboré d’une dame qui aurait vu Eduardo dans le parc Victoria le lendemain de sa disparition. Ils n’ont donc pas interviewé toutes les personnes témoins des événements violents qui sont survenus dans le bar où il a été impliqué dans une altercation. Ils n’ont pas exploré toutes les pistes.

La Gazette – Est-ce qu’à votre connaissance d’autres cas de disparition dans la région sont semblables au dossier d’Eduardo et soulèvent le même genre de questionnements ?

CS3R – À mon sens, il n’y a rien qui se compare à proprement dit, mais il y a tout de même le dossier de Mélissa Blais au-dessus duquel plane un mystère complet.

La Gazette – Quel impact cet événement a eu sur l’équipe du CS3R et sur la population mauricienne selon vous ?

CS3R – L’équipe du CS3R a été fortement ébranlée par la mort d’un collègue. L’équipe reste toutefois très soudée à la suite de cette épreuve et des efforts de recherche. En ce qui concerne la population mauricienne, je crois qu’elle est aussi fortement ébranlée par les événements, qui demeurent mystérieux à ce jour. On se dit que ce genre d’événements ne se produit pas à Trois-Rivières. Pourtant, c’est le cas.

La Gazette – Comment les gens qui le désirent peuvent-ils soutenir sa conjointe, Chloé Dugas ?

Il suffit d’aller signer la lettre au coroner en chef du Québec qu’on trouve à : https://justicepoureduardo.quebec.

 

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