choeur musique film
Lors du concert dédié à l’œuvre de John Williams, le chef de chœur Bruno Blouin-Robert et ses cinquante choristes, tous originaires de la région, ont eu le bonheur de jouer devant une salle remplie : plus de 700 personnes se sont déplacées pour les entendre. Photo : Daniel Dubois

Quelques jours après l’étonnant et incontestable succès qu’a été le premier concert à Trois-Rivières du Chœur de musique de film du Québec, nouvellement arrivé dans la région, nous avons rencontré son directeur musical et artistique Bruno Blouin-Robert, lui-même surpris par la réception chaleureuse et enthousiaste que lui réservait le public venu l’entendre à la Cathédrale de l’Assomption. 

Un musicien d’origine madelinoise

L’attrait, voire l’amour, de Bruno Blouin-Robert pour le chant choral ne date pas d’hier. Déjà, enfant, il disait à ses parents : « Quand je serai plus grand, je vais jouer de la musique et diriger des chorales, ce que j’ai fait ! » s’exclame-t-il en riant. Cet attrait, Bruno se l’explique mal tellement cela lui semble naturel : « Le fait que ce soit la voix humaine, on dirait que cela vient plus chercher les émotions [que les autres formes musicales]. C’est tellement impressionnant. »

Natif du Cap-de-la-Madeleine, Blouin-Robert a été, pendant dix ans, petit chanteur à la Maîtrise du Cap, un programme de musique-étude dédié au chant choral. Il a ensuite poursuivi ses études à l’Université du Québec à Montréal puis à l’Université de Sherbrooke, où il a terminé une maîtrise en interprétation musicale.  

Très actif, pour ne pas dire inarrêtable, Bruno n’a cessé de fonder des chœurs et des orchestres lorsqu’il ne courait pas d’une répétition à l’autre : « Pendant un moment, je dirigeais sept chœurs en même temps, un par soir. » C’est à cette époque qu’il a l’idée de fonder le Chœur de musique de film du Québec, ce qu’il concrétisera en 2014 ; il habitait alors à Laval. 

Retour aux sources

Aujourd’hui père, Bruno Blouin-Robert souhaitait revenir chez lui. Le chef ne le cache pas : « Déménager la chorale à Trois-Rivières, c’était un risque, je pensais que le milieu était saturé. Finalement, j’ai pris une chance et cela a donné le succès que l’on a eu. » Ayant lancé un appel d’audition au début de l’été, le chef entendra plus de 135 choristes de la région. « Le téléphone n’arrêtait pas de sonner ! » Ce succès, le chef l’attribue à la thématique du chœur : la musique de film, et plus généralement toute musique faite pour l’écran.

Photo : Daniel Dubois

« Certes, la musique de film est plus vendeuse, car le public la connaît déjà, mais c’est surtout qu’elle évoque des souvenirs, elle suscite des émotions. Lorsqu’on joue des morceaux tirés des films de Star Wars, le public peut visualiser les images du film, c’est de la musique descriptive, un peu comme Tchaïkovski a fait avec Casse-Noisette. C’est la nouvelle musique symphonique. Certains disent ne pas aimer écouter un orchestre, mais ils achètent des trames sonores de films… ce qu’ils y entendent, c’est un orchestre symphonique ! C’est un chœur ! »

Avoir les moyens de ses ambitions

La première étape de la réalisation d’un concert, c’est le choix du répertoire, ce qui n’est pas aussi aisé qu’il y paraît. Bruno Blouin-Robert confie avoir été surpris par la difficulté qu’a représentée le choix des pièces pour le concert de John Williams : « C’est un compositeur qui a écrit énormément de musique de film, mais des œuvres chorales… il n’y en a pas beaucoup. Par exemple, dans Star Wars — Episode I, il n’y a qu’une pièce, “Duel of the Fates”. » Une fois les 16 ou 17 pièces choisies, il faut encore trouver les partitions ou, si elles ne sont pas en vente, les écrire, ce qui demande de nombreuses heures de travail. Débutent ensuite les répétitions avec les choristes une fois par semaine. En parallèle, le chef doit monter un orchestre professionnel d’une trentaine de musiciens.

Le succès du premier concert a donné envie au chef de le représenter, surtout qu’il ne cesse de recevoir des messages de personnes déçues d’avoir manqué la seule représentation. « Tranquillement, on envisage les possibilités d’une tournée québécoise, on regarde s’il y a des producteurs qui seraient prêts à acheter le concert, car je ne pourrai pas l’autoproduire partout. »

Outre son désir grandissant de faire des supplémentaires des deux concerts de cette année, celui dédié à John Williams et celui du Seigneur des Anneaux, le chef aimerait monter un concert sur Zelda, sur l’univers de Disney ainsi qu’un autre dédié à l’œuvre de Hans Zimmer. Il ajoute qu’« [e] n ce moment, il y a plusieurs choristes qui aimeraient faire un spectacle “comédie musicale télé”. » 

Il s’agit, sans conteste, d’un chœur que tous les cinéphiles se plairont à suivre !

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