Avec l’arrivée des beaux jours, nos routes s’animent davantage. Cyclistes, personnes à pied et automobilistes partagent un espace commun qui exige une grande vigilance et un respect mutuel pour demeurer sécuritaire.
La situation actuelle
Les statistiques récentes nous rappellent l’importance de la sécurité routière, particulièrement en Mauricie, où l’on compte 23,5 personnes piétonnes victimes par 100 000 habitant-es. Ce taux est le troisième plus élevé au Québec, après Laval et Montréal. Plus inquiétant encore, 63 personnes sont décédées en marchant en 2023, dont près de la moitié étaient des personnes âgées de 65 ans et plus, bien que ce groupe ne représente que 20 % de la population. Notons également que près de la moitié des accidents surviennent en après-midi et non le soir lorsque la visibilité est moins grande, comme on pourrait le croire.
L’approche Vision Zéro
L’approche Vision Zéro permet de réduire grandement les accidents routiers. Selon cette approche, les décès sur la route sont inacceptables, et elle vise donc à ce qu’aucun ne survienne à la suite d’une collision. Cette politique, considérée comme l’une des plus innovantes au monde, a vu le jour en 1997 en Suède. Depuis son adoption, la Suède a constaté une baisse importante des décès liés aux collisions routières.
Vision Zéro amène donc à repenser la sécurité routière de manière globale. En effet, son objectif est d’éliminer les risques pour l’ensemble des usagers et usagères de la route – à pied, à vélo et en auto. Pour cela, le système de transport et la conception des rues doivent être pensés de manière plus sécuritaire afin de limiter les erreurs qui causent des collisions graves et mortelles.
Cette approche s’éloigne de la conception traditionnelle des routes où la fluidité automobile prime sur la sécurité des piétons et piétonnes. Elle priorise la sécurité de toutes les personnes, notamment grâce à la baisse des limites de vitesse et à la sensibilisation de la population. Devant ses résultats concluants, l’approche Vision Zéro a fait boule de neige et elle a été adoptée par de nombreuses villes sur tous les continents, entre autres aux États-Unis, en Australie et bien sûr au Canada.
Par exemple, Edmonton, en Alberta, a adopté l’approche Vision Zéro en 2015 et les résultats sont déjà très encourageants. Les décès dus à une collision ont diminué de 56 % et les blessures graves, de 30 %. La capitale albertaine base son approche sur l’équité et l’inclusion en intégrant les besoins des personnes souvent oubliées et qui sont aussi le plus souvent victimes de collisions, à savoir les personnes autochtones, les personnes racisées, les personnes âgées, les femmes et les personnes à faible revenu. Suivant cette approche, la vie et la santé humaines sont placées en priorité lors de la conception de toutes les composantes du système de transport routier.
Parfois, une simple réduction de la vitesse maximale permise est efficace. En effet, plus la vitesse des véhicules est élevée, plus grands sont les risques de blessures graves ou mortelles. Par exemple, lors d’une collision à 30 km/h, les chances de survie sont de 90 %, contre seulement 25 % à 50 km/h. La gestion de la vitesse est donc primordiale, puisqu’elle influence directement la gravité des blessures causées par des accidents.

Photo : Dominic Bérubé / © La Gazette de la Mauricie et des environs
L’impact des VUS
Alors que le bilan routier automobile s’améliore globalement d’année en année, la situation des personnes les plus vulnérables sur la route stagne. On constate que les voitures sont de plus en plus grosses et hautes. Or, ces habitacles protègent de manière très efficace les personnes à bord, mais au détriment de celles qui circulent à pied ou à vélo. En effet, certains VUS ont des angles morts qui réduisent la visibilité sur plus de six mètres, ce qui est suffisant pour cacher deux personnes.
Les accidents impliquant un camion léger sont deux à trois fois plus mortels pour les personnes à pied et huit fois plus mortels pour les enfants. Au volant, laissons donc le temps aux piétons et aux piétonnes de traverser et portons attention à leur présence. Retenons que plus de 20 % des collisions qui causent le décès d’une personne à pied ont eu lieu à une intersection lors d’une manœuvre de virage.
Bref, adoptons des pratiques sécuritaires qui nous permettront de profiter pleinement des beaux jours. Marchons, explorons nos quartiers et savourons l’été en toute sécurité.






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