La production d’un journal mensuel imprimé nécessite de nombreuses étapes pour qu’on en arrive au produit final. De plus, avec le virage numérique que prennent les médias, plusieurs menaces planent au-dessus de la pertinence et de la crédibilité des informations offertes. Pour en discuter, dans le cadre d’un panel enresgistré pour l’émission La tête dans les nuances, l’animateur Robert Aubin s’entretient avec Alain Dumas, professeur d’économie retraité, conférencier et rédacteur à La Gazette, Daniel Piché, responsable des ventes au Bulletin des Chenaux, et David Leblanc, journaliste multiplateforme à La Gazette.
La pertinence des textes
Pour les journaux mensuels comme La Gazette, une réflexion s’impose sur la pertinence des sujets des articles à publier, entre autres en lien avec l’évolution de ces sujets dans le temps. Les rédacteurs et rédactrices doivent donc sélectionner des sujets tirés de l’actualité tout en s’assurant que ceux-ci demeureront pertinents pendant un certain temps. L’économiste Alain Dumas explique que, pour sa part, il a une liste de sujets qu’il revoit régulièrement. Il souligne qu’il est essentiel de se tenir informé de l’actualité, de l’échelle locale à l’international, et de consulter de nombreuses sources.
Toutefois, cela ne suffit pas. Il soutient également que les rédacteurs et rédactrices doivent mobiliser leur expérience pour choisir des sujets qui conserveront leur pertinence à long terme. Finalement, il est crucial de développer une capacité d’adaptation robuste. « Parfois, à moins de 48 heures de la date limite, je dois tout réécrire ou faire des modifications majeures », raconte-t-il.
La publicité et le support papier
Daniel Piché, avec près de 35 ans d’expérience en ventes, constate que son métier est en voie de disparition en raison du virage numérique, qui élimine le besoin de représentant-es sur la route. Ce changement influence directement la production des journaux papier. La publicité étant un soutien financier majeur, sa diminution force les journaux à réduire leur tirage ou le nombre de pages. Daniel Piché explique qu’auparavant, les journaux papier de la Mauricie étaient imprimés localement. Par contre, depuis quelques années, ceux-ci doivent se tourner vers des imprimeries de Montréal. « Je pense que le danger, ce sera qu’un jour on ne sera plus capables de se faire imprimer. » En effet, si les publicitaires investissent moins en publicité dans les journaux papier, ceux-ci devront alors réduire leur tirage ou leur nombre de pages.
Néanmoins, des communautés se mobilisent pour préserver le support papier. Dans la MRC des Chenaux, des ententes avec la MRC et des organismes communautaires ont été établies. Pour Daniel Piché, dans ce milieu rural où 50 % de la population a plus de 40 ans, le journal papier reste un moyen vital d’information.
Les défis du lectorat
David Leblanc, pour sa part, souligne que les jeunes générations ont une relation différente avec le format papier. Un défi majeur pour La Gazette est donc de toucher toutes les générations. C’est pourquoi le journal crée des microreportages, étant donné qu’une capacité d’attention limitée favorise les vidéos courtes comme les reels ou les shorts. Il voit ces formats comme des « portes d’entrée » vers des contenus plus longs, reconnaissant que certains sujets ne peuvent être résumés en trente secondes. Il insiste aussi sur l’importance des plateformes complémentaires, par exemple quand une vidéo est accompagnée d’un article.
En somme, la production d’un journal mensuel imprimé est un équilibre délicat entre la rigueur journalistique, la viabilité économique et la nécessité de s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation médiatique.





