Tous les cinq ans, le recensement canadien dénombre et caractérise la population du pays. Le prochain débute officiellement ce mois-ci (mai 2026), la collecte des données ayant toutefois été amorcée depuis février 2026 dans certaines régions éloignées. Les questions ont été officiellement publiées en juillet 2025¹. Tous les ménages canadiens recevront une invitation à y participer et, comme en 2021, on encouragera tout le monde à remplir le questionnaire en ligne.
La Loi sur la statistique² impose au gouvernement canadien la tenue d’un recensement quinquennal depuis 1956 alors qu’il se faisait auparavant tous les 10 ans. L’approche actuelle améliore la précision des estimations de la population, des données sociodémographiques et des indicateurs économiques. La participation au recensement est obligatoire. Le refus de remplir l’un ou l’autre des questionnaires peut mener à des pénalités monétaires et, jusqu’en 2017, une peine de prison était même possible !
Le dernier recensement date de 2021 ; la population canadienne en était à 36 991 981. Pour le prochain, le plateau des 40 millions pourrait être dépassé, la population ayant été estimée à 41,5 millions en octobre 2025 (31,2 millions pour les grands centres urbains de 100 000 personnes et plus).
L’évolution de la population canadienne
Outre le recensement général, il y a aussi celui de l’industrie agricole. Son questionnaire recueille des données sur le type et l’organisation des exploitations, sur les aspects financiers, sur les emplois dans le milieu agricole, sur les équipements, etc.
Des jalons historiques³
Les recensements ont toujours été d’une grande utilité pour les États, puisqu’ils fournissent des estimations de la population, des taux de natalité et de mortalité, des mariages, de l’emploi, etc. En Nouvelle-France – et en Amérique du Nord semble-t-il – le premier dénombrement de la population date de 1666. Ordonné par l’Intendant Jean Talon, qui aurait lui-même fait du porte-à-porte pour le réaliser. Le premier recensement national canadien après la Confédération s’est tenu en 1871, et il a ensuite été fait tous les 10 ans, jusqu’en 1951. À partir de 1956, la fréquence quinquennale sera adoptée puis officialisée par la Loi sur la statistique de 1971.
Un autre jalon est la création, en 1918, du Bureau fédéral de la statistique, qui est devenu Statistique Canada en 1971. C’est aussi en 1971 que, pour la première fois, les citoyens et citoyennes ont pu remplir le questionnaire de recensement plutôt que de recevoir la visite d’une agente ou d’un agent.
En 1941, l’échantillonnage fait son entrée dans les recensements. Un questionnaire simplifié et un questionnaire détaillé sont alors utilisés. L’échantillonnage servira à déterminer quels ménages recevront la version détaillée (10 % à l’époque). Aujourd’hui, 25 % des ménages le reçoivent.
L’ordinateur apparaît au milieu des années 1900 et c’est lors du recensement de 1961 qu’il servira au traitement des données de recensement. Depuis, la technologie continue de s’imposer et, à partir de 2011, répondre en ligne est de plus en plus encouragé. On estime qu’environ 20 % des questionnaires ont été remplis en ligne cette année-là. Dix ans plus tard, le pourcentage est passé à 84 % selon Statistique Canada.
Hiatus conservateur
En 2010, le gouvernement conservateur de Stephen Harper (2006-2015) annonce, en plein été, la fin du recensement détaillé et obligatoire, le remplaçant par une Enquête nationale auprès des ménages. Une des raisons invoquées : une trop grande intrusion dans la vie privée.
Personne n’aurait « jasé de recensement », neuf mois avant qu’il ne se fasse, en pleine saison estivale. Mais les intentions conservatrices ont créé une controverse et choqué la communauté scientifique, le monde politique, les médias, les organismes sociaux et les établissements d’enseignement. Ce gouvernement refusera même de diffuser certains résultats, invoquant le manque de précision dû au faible taux de participation. Le statisticien en chef de l’époque, Munir Sheikh, démissionnera de son poste en guise de protestation.
Suivent les libéraux de Justin Trudeau en 2015. Le questionnaire détaillé obligatoire revient dès le recensement suivant, soit celui de 2016.
L’importance des recensements
Les recensements sont essentiels. Ils servent aux révisions des limites des circonscriptions électorales, au calcul des transferts fédéraux, à la planification de nombreux types de services à la population, à la planification urbaine, à la santé publique, et j’en passe⁴. Ils brossent un portrait statistique précis et détaillé de la population et de son évolution en mesurant de nombreuses caractéristiques sociodémographiques et économiques. Pour les gouvernements de tous les paliers, les entreprises et les entrepreneur-es, les chercheurs et chercheuses, les journalistes ou simplement les gens curieux, les données recueillies sont indispensables.
Les recensements sont aussi utiles pour la population en général. Les personnes avec des ambitions entrepreneuriales y trouvent quantité d’informations qui les aident dans la compréhension des marchés ciblés. Les gens qui cherchent un emploi y décèlent des données sociodémographiques, économiques et géographiques utiles pour la négociation salariale ou pour la recherche d’un lieu d’habitation. Aujourd’hui, de nombreuses personnes y recourent aussi pour des recherches généalogiques.
Les données des recensements passés sont en ligne sur le site de Statistique Canada. Les renseignements personnels n’y figurent toutefois pas avant un délai de 92 ans. Pour les recensements de 1931 ou avant, les archives généalogiques sont accessibles via le site de Bibliothèque et Archives Canada.
SOURCES :







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