Photo : Junior Martel

Un texte de Zohra Cloutier

Les artistes canadiennes Isabelle Bonneau et Emily Knight nous invitent dans les coulisses du dernier projet de leur collectif Bonneau-Knight, Porter une marche. Elles y proposent une fusion magistrale entre son, mouvement et marche. Leur univers multidisciplinaire, où l’ouïe est sollicitée au même titre que le mouvement, crée une expérience visuelle et auditive inédite.

Le collectif Bonneau-Knight, actif depuis 2016, nous dévoile sa prochaine œuvre, Porter une marche, qui sera présentée dans le cadre de la Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières (BNSC) à l’été 2024. Les artistes avaient tenu le projet Lot 5B du Rang 12 à Kingsey Falls au Centre-du-Québec, qui consistait à réfléchir sur les limites légales d’un espace. Les visiteur-euses étaient invité-ées à se balader dans un champ et à se créer des repères intuitifs pour mesurer l’espace, remplaçant ceux dits légaux. Le collectif qui se présente comme des « artistes marcheuses » souhaite impliquer de nouveau le public dans sa démarche : « On veut inviter un visiteur à porter la marche d’un inconnu. Au préalable, dit Isabelle Bonneau, on aura recueilli la bande sonore des marches de personnes différentes, dans des milieux différents. » Le son est effectivement au cœur du projet : « Le visiteur se verra remettre un appareil amplificateur qu’il portera physiquement sur son dos, explique Emily Knight. En marchant dans la rue, il vivra le mélange entre les sons ambiants et ceux de la bande sonore, pour que les deux balades n’en forment plus qu’une seule. »

Lors de ses déambulations dans la ville de Trois-Rivières, la personne participante attirera sans doute les regards. « Le marcheur sera la source de ouï-dire, c’est certain !, ajoutent-elles en faisant référence au thème de la BNSC de l’année prochaine, Oui, dire ! On veut créer une expérience intime, sensible. Que le visiteur se concentre sur sa marche. C’est aussi un jeu ! On aimerait que ce soit ludique et qu’il ait du plaisir à marcher. » Cet esprit joueur qui s’allie au poétique est l’essence même de la démarche artistique d’Isabelle Bonneau et d’Emily Knight. Elles souhaitent que leurs créations soient agréables à vivre et qu’elles laissent le public immergé dans un monde où l’émerveillement perdure bien après avoir terminé l’expérience. 

Ainsi, le public est amené à participer et à apprécier l’œuvre en relation avec autrui. L’idée de résonance et de binôme est centrale dans le projet : « Chaque personne enregistre sa propre promenade, dans un environnement particulier. Celle qui portera la marche va adapter sa cadence pour que la marche devienne plus intentionnelle. Le mélange des deux marches crée une sculpture vivante unique, ajoutent-elles. Le visiteur qui porte la promenade de quelqu’un représente notre collectif. On est deux artistes, donc l’espace partagé est très vivant pour nous. C’est ce qu’on propose, autant à la personne qui enregistre qu’à la personne qui marchera dans les rues de Trois-Rivières en 2024. On veut qu’elles partagent ce moment à travers ce lien. » Grâce à cette exploration, les artistes souhaitent que l’invité-e développe une empathie à l’égard de son acolyte anonyme. L’acte de se mettre dans les pas de l’autre, de s’ajuster au rythme d’autrui va bien au-delà de l’aspect physique. C’est une invitation à vivre l’expérience et le ressenti d’une autre personne. 

Envie de vous plonger dans cette expérience unique offerte par les artistes ? Rejoignez-nous dès juin 2024 à la Galerie d’art du Parc pour la Biennale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières ! Dans les mois qui suivent, pourquoi ne pas prêter attention à vos pas dans la ville ? Qui sait, peut-être qu’un-e autre passant-e marche sur vos traces !

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