cultive partage communautaire
Des fermiers de la région participent activement aux changements nécessaires à l’atteinte d’une plus grande justice climatique. Sur la photo, La ferme Éthier de Saint-Étienne-des-Grès collabore avec des bénévoles de Trois-Rivières Récolte, un programme géré par La Brouette qui permet de récupérer les surplus agricoles qui auraient été perdus autrement. Les légumes seront distribués à parts égales entre la ferme, les bénévoles et les banques alimentaires locales. Le projet répond donc à une problématique écologique, à des impératifs économiques vu l’actuelle pénurie de main-d’œuvre, mais aussi à des enjeux sociaux en permettant à des personnes moins favorisées de se nourrir convenablement. Photo : Cultive le partage

La Semaine nationale de l’action communautaire autonome, qui vise à valoriser le travail des personnes œuvrant dans le milieu communautaire, se tiendra cette année du 17 au 24 octobre sous le thème : « Visons juste ! Pour la justice sociale et climatique ». La Gazette de la Mauricie s’est entretenue avec des organismes de la région afin de comprendre comment ces enjeux nous touchent concrètement.

Profondément ancrée dans une réflexion éthique, la notion de justice environnementale implique d’abord et avant tout la responsabilisation des gouvernements et des entreprises privées face à la dégradation de l’environnement et à la hausse des inégalités socio-économiques. La gestion de l’environnement et des changements climatiques est alors considérée comme indissociable du concept de justice sociale puisqu’il est démontré que les populations les plus vulnérables et défavorisées — les femmes, les personnes racisées, autochtones ou migrantes, par exemple — subissent davantage les impacts de la crise écologique actuelle.

Des inégalités jusque dans l’air que l’on respire

Charles Fontaine est agent de mobilisation au Comité de solidarité de Trois-Rivières et étudiant à la maîtrise en éthique environnementale. Selon lui, une manière simple de comprendre les impacts concrets de l’injustice environnementale réside dans l’emplacement des quartiers les plus défavorisés. En Maurice, par exemple, on sait qu’ils sont concentrés presque uniquement dans les premiers quartiers et dans les centres-villes, mais en analysant de plus leur localisation géographique, on constate aussi une distribution en fonction des points cardinaux : « Dans les villes canadiennes, les quartiers populaires se situent plus souvent à l’est, et les quartiers plus riches à l’ouest. À Trois-Rivières par exemple, les premiers quartiers du centre-ville et le Bas-du-Cap sont à l’est, et les quartiers plus cossus, comme ceux de Trois-Rivières-Ouest ou de Pointe-du-Lac, sont à l’ouest de la ville. L’explication tient dans le fait que les vents dominants soufflent généralement d’ouest en est au Canada, et qu’historiquement les quartiers les plus riches se sont développés à l’abri des polluants atmosphériques. » C’est précisément ce qui se serait produit à Trois-Rivières avec les quartiers populaires qui se retrouvent aujourd’hui plus exposés aux contaminants issus des papetières et des sites industriels comme le port de Trois-Rivières.

La sécurité alimentaire comme cheval de bataille

L’accès à de la nourriture saine et en quantité suffisante est un autre enjeu déterminant de la lutte en faveur de la justice sociale et climatique. La Brouette : agriculture urbaine et écocitoyenneté est une organisation de la région qui a mis la sécurité alimentaire au cœur de sa mission : « On fait de l’éducation, pour que les populations puissent mieux comprendre comment se nourrir de manière autonome. Ces connaissances-là se sont perdues depuis les dernières décennies », affirme Joëlle Carle, directrice et cofondatrice de l’organisme. 

Le système économique néolibéral amène son lot d’absurdités : alors que les files s’allongent dans les banques alimentaires, les profits des grandes chaînes d’épiceries augmentent en flèche et des tonnes de nourriture sont toujours jetées aux ordures quotidiennement au Québec. Face à cette incohérence écologique et économique, Joëlle croit qu’un certain retour vers l’agriculture urbaine vivrière serait une des solutions à la crise climatique : « Le prix des aliments augmente, et ce n’est que le début. Il y aura aussi davantage de pénuries alimentaires dans les années à venir. Si on est à même de se constituer des réserves à la maison, on devient moins dépendant du système économique, et donc, plus résilient. »

Le communautaire a besoin d’aide

Actuellement, les organismes communautaires tiennent le filet social québécois à bout de bras. Le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ) proposait récemment plusieurs pistes de solutions systémiques que le gouvernement provincial devrait mettre en place s’il désire contribuer à l’idéal de justice sociale et climatique. Parmi celles-ci, la mise en place d’un réseau de santé réellement universel, le retrait du modèle d’agriculture industrielle, l’intégration d’une perspective antiraciste et anticolonialiste, l’accès à un revenu décent pour tous et la construction de logements sociaux.

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