Jean-François Veilleux, février 2016

Après sa seconde expulsion en 1809, Hart quitte la vie politique pour se concentrer sur ses activités d’affaires à Trois-Rivières. Il devient un homme respecté de sa communauté. Admis dans la milice en juin 1803, il joint la guerre anglo-américaine en 1812 et est nommé colonel en 1830. Marié à une New-Yorkaise rencontrée qu’il a connue pendant ses études, Ezekiel Hart et sa femme auront plusieurs enfants (quatre garçons et trois filles) qui poursuivront les luttes politiques de leur père. Comme plusieurs Anglais et Irlandais, ce fils d’immigrant influencera le développement de Trois-Rivières où il décède à l’âge de 76 ans, le 16 septembre 1843.

Après sa seconde expulsion en 1809, Hart quitte la vie politique pour se concentrer sur ses activités d’affaires à Trois-Rivières. Il devient un homme respecté de sa communauté. Admis dans la milice en juin 1803, il joint la guerre anglo-américaine en 1812 et est nommé colonel en 1830. Marié à une New-Yorkaise rencontrée qu’il a connue pendant ses études, Ezekiel Hart et sa femme auront plusieurs enfants (quatre garçons et trois filles) qui poursuivront les luttes politiques de leur père. Comme plusieurs Anglais et Irlandais, ce fils d’immigrant influencera le développement de Trois-Rivières où il décède à l’âge de 76 ans, le 16 septembre 1843.

Le 1er février 1808, l’Assemblée législative du Bas-Canada remet en cause le serment d’allégeance fait par Ezekiel Hart, alors député de Trois-Rivières, car il est de foi juive.

Né à Trois-Rivières le 15 mai 1767, Ezekiel Hart était alors un marchand connu de la région, ayant bâti sa fortune dans le commerce de la fourrure. Second fils de huit enfants du grand propriétaire et homme d’affaires franc-maçon Aaron Hart (1724-1800) et de sa femme Dorothée Judah, il avait le commerce dans le sang. Sous l’impulsion de son père, il fut même le premier à ouvrir une brasserie avec son frère Moses.

Ezekiel est celui qui a permis aux Hart de passer à l’histoire politique. Le 11 avril 1807, à la faveur d’une élection partielle, il devient le premier Juif élu dans tout l’empire britannique, devant Mathew Bell, Thomas Coffin et Pierre Vézina. Il succède au député du Parti Canadien, John Lees, décédé en fonction le 4 mars. Après avoir siégé quelque temps, il commet l’erreur de voter pour le candidat des bureaucrates à la présidence. Il est expulsé du Parlement le 20 février 1808 par un vote majoritaire de l’Assemblée législative appuyé par le Parti canadien pour des raisons partisanes plutôt que religieuses.

Réélu en 1808, il sera à nouveau expulsé le 5 mai 1809 pour inéligibilité en raison de son appartenance à la religion juive, les lois britanniques lui interdisant de ce fait de jurer sur la Bible pour son assermentation. Bien qu’ayant été élu deux fois par la population et appuyé par le prêtre de Trois-Rivières, il est de nouveau rejeté par le Parlement et le siège de Trois-Rivières devient vacant. Le 7 septembre 1809, Londres confirme qu’un Juif ne peut siéger à l’Assemblée et le gouverneur James Craig précipite de nouvelles élections.

Ce n’est que deux décennies plus tard, au printemps 1832, que le gouvernement du Parti patriote, sous la présidence de Louis-Joseph Papineau, adoptera une loi accordant l’égalité politique et civile aux membres de la communauté juive du Bas-Canada. Première loi sur la tolérance religieuse adoptée au Bas-Canada, cette loi garantissant les pleins droits civiques des personnes pratiquant la religion juive vient reconnaître en réalité une situation juridique déjà existante mais bafouée. Il faudra attendre vingt-cinq ans avant de voir l’Angleterre et ses autres colonies adopter des mesures semblables!

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