Marie-Christine Tessier – Septembre 2020 

Bien que les municipalités ne soient pas assujetties à la Loi sur le développement durable, plusieurs d’entre elles s’engagent en ce sens en adoptant des politiques, des stratégies ou des plans d’action visant un développement intégré des territoires[1]. Par chez nous, le Plan de transition écologique de la MRC de Nicolet-Yamaska, auquel ont adhéré 16 municipalités, était déjà un exemple éloquent d’une vision de développement durable pré-pandémie.

Des demandes et des mesures qui incitent à la relance durable

Depuis le printemps dernier, certaines voix s’élèvent pour exiger une relance durable des activités économiques. En juin, 15 mairesses et maires du Québec ont demandé au Gouvernement provincial une relance verte et solidaire[2]. En rappelant que « c’est à leur palier de gouvernement que se mesurent le plus les impacts de la crise sanitaire et celle de la relance à venir », les dizaines d’élu.es affirmaient que les changements d’habitudes et de consommation se ressentent localement.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a présenté son plan de relance économique municipal face à la Covid-19 au printemps dernier[3], en plaçant au premier axe d’intervention le développement durable. Le rapport cite d’ailleurs que « lors de la relance, il faudra s’assurer que cet arrêt obligatoire nous incite collectivement à diminuer notre empreinte carbone, par des investissements massifs dans le transport en commun, une réduction de nos chaînes d’approvisionnement ainsi qu’un maintien de nos nouvelles habitudes en matière de télétravail ».

Si les répercussions de la crise de la Covid-19 sur les municipalités sont déjà bien visibles, beaucoup de décideurs présentent de nouvelles façons de faire pour contrecarrer les effets de la pandémie : fonds spéciaux, appels d’offres pour la relance économique, appels de projets pour dynamiser les milieux, etc. À Trois-Rivières, un comité de relance a permis d’établir 9 stratégies pour relancer la Ville en précisant que leur « engagement est celui de continuer à travailler à une économie diversifiée, innovante et plus sobre en carbone ». Avec le fonds ÉCLORE, la Ville donne la parole à la communauté et soutient des projets environnementaux.

La consultation citoyenne, une courroie de transmission

À Nicolet, à Shawinigan et à Trois-Rivières plus récemment, des budgets participatifs ont été instaurés. Les leviers d’actions passent de plus en plus par une culture de participation citoyenne. Selon Carolyne Aubin, conseillère municipale à Nicolet et responsable du comité en environnement au sein de sa municipalité, le pouvoir citoyen est nécessaire pour questionner, alimenter et sensibiliser les élus municipaux. Toutefois, ceux-ci doivent leur proposer des lieux d’expression, notamment lors de consultations publiques ou par la création de comités citoyens. Les élus ont aussi une responsabilité d’amorcer et d’instaurer une vision de développement durable.

Le Plan de transition écologique de la MRC de Nicolet-Yamaska, auquel ont adhéré 16 municipalités, est un exemple éloquent d’une vision de développement durable pré-pandémie et du rôle des gouvernements de proximité. – Crédits photo: Dominic Bérubé

« Pour que les élus passent à l’action, il doit y avoir une vision de développement durable qui se transpose en actions concrètes dans l’administration municipale. Quand les élus sont déjà mobilisés, le passage à l’action se fait plus facilement. Le milieu municipal doit aussi être soutenu et informé sur les innovations, sur les façons de développer les villes et sur les changements d’habitudes. Les municipalités doivent recevoir du gouvernement des montants attitrés spécifiquement à la réalisation de changements importants, notamment au niveau des infrastructures urbaines. »

– Carolyne Aubin, conseillère municipale de Nicolet

Avoir les moyens de ses ambitions

Pour que les gouvernements de proximité puissent être au cœur d’une relance durable, les instances gouvernementales doivent continuer à mettre de l’avant des programmes et des fonds pour inciter les municipalités à agir. Avant 2020, le développement durable faisait écho aux préoccupations des municipalités, comme le démontrait un sondage sur les démarches de développement durable des municipalités [4]. Ce rapport, toutefois, soulevait une entrave majeure aux réalisations : le manque de leviers financiers. Si le vouloir est bien présent, l’aspect financier peut freiner les élans de plusieurs, d’autant plus que l’UMQ a évalué les impacts financiers causés par la pandémie à près de 1,4 milliard $ d’ici la fin de l’année.[5]

Consultez les autres articles du dossier: Relance ou renouveau ? 

[1] https://www.mamh.gouv.qc.ca/ministere/developpement-durable/

[2] https://www.ledevoir.com/opinion/idees/580132/sortir-ensemble-de-la-crise-plus-forts-plus-solidaires-et-plus-verts

[3] https://umq.qc.ca/wp-content/uploads/2020/05/plan-relance-eco-6mai20-.pdf

[4] https://www.mamh.gouv.qc.ca/fileadmin/publications/ministere/developpement_durable/sondage_demarches_developpement_durable_2018.pdf

[5] https://umq.qc.ca/publication/covid-19-accord-federal-provincial-pour-laide-aux-municipalites-une-etape-importante-est-franchie-pour-soutenir-les-gouvernements-de-proximite-selon-lumq/

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