Depuis l’éclosion de la COVID-19, les CHSLD ont connu de grandes tragédies entre leurs murs. Or, ce que nous apprend un projet comme Mouvement de passage, c’est que la beauté et la joie y ont toujours autant leur place.

Danser dans les CHSLD

Mouvement de passage, c’est un projet d’origine montréalaise qui a été importé à Trois-Rivières à l’automne 2021. Il se compose d’interprètes en danse accompagnés de musiciens qui parcourent les chambres des CHSLD pour créer des performances inspirées des résidents. À Trois-Rivières, il s’agit de deux musiciens et de quatre danseuses qui ont été formés par l’instigatrice du projet, Ariane Boulet. Celle-ci compte sept années d’expérience et plus d’une centaine de visites dansées dans les CHSLD. Chaque visite dansée dure une heure et demie, période au cours de laquelle les artistes peuvent rencontrer de quarante à quatre-vingts résidents. C’est Jérémy Verain, coordonnateur des arts de la scène à Culture Trois-Rivières qui a sollicité Ariane Boulet. Elle et son équipe ont ensuite formé l’équipe trifluvienne, qui sera à l’avenir entièrement autonome. « J’ai tout de suite pensé au projet d’Ariane, que je connaissais déjà, car pour moi il  répondait parfaitement aux objectifs de l’Entente de développement culturel entre la Ville de Trois-Rivières et le ministère de la Culture et des Communications, qui est de rendre l’art accessible au plus grand nombre », mentionne Jérémy Verain.

Danser pour échanger

Ce qui rend la démarche de Mouvement de passage unique, ce sont aussi les interactions et les échanges qui se produisent, puisque la performance des artistes est basée sur les réactions qu’offrent les résidents. Le don provient donc des deux côtés, et cet aspect est vital pour la créatrice du projet, Ariane Boulet : « On se fait tellement, tellement mettre vite dans le rôle de la jeune personne en forme qui a le pouvoir de donner, puis il y a de l’âgisme là-dedans. Il faut se rééduquer à apprendre ce qu’eux ont à nous donner, parce qu’on a tous besoin de donner. Quand je forme des gens, comme à Trois-Rivières, je leur dis toujours : « Soyez conscients que vous êtes en train de recevoir ». C’est très important pour moi et pour ce projet-là, parce que c’est en leur permettant de nous donner qu’on leur permet aussi de s’exprimer et d’être pleinement eux-mêmes. »

Danser et se laisser porter

Malgré une appréhension initiale à l’idée de danser dans un contexte complètement différent d’un spectacle, la danseuse contemporaine trifluvienne Justine Bellefeuille s’est elle aussi laissée porter par les réactions des résidents et résidentes : « Plus ça allait, plus je trouvais ma manière de danser et d’agir dans ce contexte-là. Après quelques chambres, la première fois, je suis sortie de là vraiment, vraiment emballée. C’est incroyable ce qu’on vit et ce qu’on fait vivre aussi. »

Danser à Trois-Rivières

Ariane Boulet et Culture Trois-Rivières se sont engagés à former des artistes trifluviens afin d’assurer une autonomie et une pérennité au projet sur le territoire. De plus, le fait que Mouvement de passage soit pris en charge par Culture Trois-Rivières assure une stabilité organisationnelle, ce qui est, selon Ariane Boulet, le nerf de la guerre. Le travail de coordination effectué par Jérémy Verain et l’équipe de Culture Trois-Rivières contribue alors non seulement à ancrer le projet à Trois-Rivières, mais il favorise aussi la rétention des artistes dans la région, ce qui est un enjeu majeur pour l’organisme. « Il y a une communauté de danse à Trois-Rivières, mais c’est difficile pour les artistes professionnels de rester à Trois-Rivières, de s’y établir, et de pouvoir y vivre de leur discipline. Avec ce projet-là, Culture Trois-Rivières apporte une activité complémentaire pour les artistes du point de vue de leur formation et leur permet de travailler et d’exercer leur art ici. » Le projet Mouvement de passage est assuré pour les trois prochaines années. L’équipe de six artistes a pour objectif de faire une visite dansée par mois dans différents CHSLD de Trois-Rivières, où les interprètes en danse et les musiciens continueront à se laisser inspirer.

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