Si les Québécois-es prennent plus de temps de vacances que le reste des Canadien-nes, plusieurs souhaitent quand même en avoir davantage pour passer plus de temps en famille et retrouver leur énergie. Des études montrent qu’il est nécessaire de prendre quelques semaines de vacances afin de vraiment décrocher de son travail. Sans quoi cela affecte négativement la santé mentale des travailleurs et travailleuses et, du coup, leur efficacité au travail. Il en va de même pour le nombre d’heures travaillées par semaine.
Vacances et heures travaillées dans le monde
Au chapitre des jours de vacances offerts, le Québec, le Canada et les États-Unis font piètre figure dans le palmarès mondial. Alors que les pays scandinaves (Danemark, Finlande, Norvège et Suède), la France et le Royaume-Uni offrent au moins quatre semaines de vacances obligatoires, le Canada n’offre que deux semaines de vacances payées, les États-Unis zéro, le Québec trois (depuis 1979), après trois années de service.
Quand on jette un coup d’œil sur les heures travaillées dans le monde, les Japonais-es, les Canadien-nes et les Américain-es travaillent le plus grand nombre d’heures par semaine, alors que les Allemand-es et les habitant-es des pays nordiques d’Europe (Norvège, Suède, Pays-Bas, Islande) en travaillent le moins grand nombre.
Pourtant, lorsqu’on met en parallèle le nombre d’heures travaillées par semaine avec la productivité (production par heure de travail), force est de constater qu’un nombre accru d’heures de travail n’est pas synonyme d’efficacité économique. C’est ce que montre le tableau, où le niveau de productivité est inversement proportionnel au nombre d’heures travaillées par semaine. Dit autrement, la productivité du travail a tendance à diminuer au fur et à mesure que la durée du travail augmente.

Ce constat corrobore les résultats de plusieurs études, dont celle de l’Université de Stanford, qui montre que la réduction du nombre d’heures de travail, de 8 à 7 par jour, ou de 40 à 35 par semaine, permet d’améliorer la productivité du travail. La figure montre que, dans les pays riches, plus le nombre d’heures travaillées augmente, moins la productivité est forte.

À preuve que dépasser un certain seuil du nombre d’heures de travail peut nuire à la productivité, des études montrent que près du quart des Québécois-es se disent déprimé-es de revenir au travail après des vacances insuffisantes. Selon Luc Brunet, spécialiste de la psychologie du travail, «25% à 30% des travailleurs québécois souffrent de problèmes psychologiques tels que l’épuisement professionnel, la dépression, le stress».
Les vacances et leur durée consécutive sont donc essentielles au bien-être humain. D’ailleurs, l’indice du «Vivre mieux», élaboré par l’Organisation de coopération et de développement économique et qui permet d’évaluer le bien-être dans plusieurs pays, montre que ceux qui accordent plus de vacances et de temps en conciliation travail-famille arrivent en tête de cet indice du bonheur.






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