
Près de 200 personnes se sont rassemblées au parc Pie-XII de Trois-Rivières le huit août dernier pour le pique-nique annuel du Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA), une activité gratuite et ouverte à toute la population, destinée à briser l’isolement des personnes nouvellement installées en Mauricie.
Intitulée « Richesses d’ailleurs, fiertés d’ici », l’activité est financée par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). Elle revient chaque été depuis près d’une vingtaine d’années, selon les archives photographiques de l’organisme qui accompagne les personnes immigrantes de la région dans leurs premières démarches d’installation.
Un décompte impossible
Combien de pays d’origine étaient représentés ? Interrogé à ce sujet, Gustavo Granato responsable des Objectifs d’intégration au SANA, n’a pas voulu s’avancer. « C’était tout mélangé » a-t-il résumé, en citant la Colombie, le Congo et le Brésil, mais aussi les Québécois-es venu-es comme bénévoles ou simplement de passage dans le parc.
Rien n’était réservé. Les gens qui marchaient aux environs pouvaient s’arrêter, danser, prendre un hot-dog et rester. Pour M. Granato, ce brassage correspond exactement à ce que le titre de l’activité veut dire. « Les gens apportent leurs bagages, leur culture, leur travail. C’est ce mélange-là qui fait la richesse du Québec », a-t-il expliqué.
Le prolongement d’une salle de cours
Au SANA, M. Granato avec ses responsabilités, travaille avec son coordonnateur sur des séances portant sur les valeurs québécoises exigées pour l’obtention du certificat de sélection du Québec. Comme les cours sont parfois donnés en ligne, le pique-nique prend tout son sens.
« Dans mes cours, je leur dis d’y aller pour se connaître en personne », a-t-il raconté. Le huit août, plusieurs de ses participant-es se sont retrouvé-es dans le parc. « Ils me disaient « Gustavo, tu te rappelles de moi ? » » Après, je les voyais ensemble, en train d’échanger et de s’amuser. »
Beaucoup d’entre elles et eux traversent les mêmes démarches administratives au même moment, sans jamais s’être vu-es autrement qu’à travers un écran. L’exercice dépasse d’ailleurs la simple rencontre. « Il y a des gens qui viennent d’arriver et qui ne sont jamais allés dans un parc » fait remarquer M. Granato. Pour certains, le pique-nique devient une première sortie, une façon d’explorer la ville et de rompre la solitude des premiers mois.
L’intervenant connaît le parcours de l’intérieur. Enseignant au Brésil avant son arrivée, il a dû reprendre des études pour espérer exercer de nouveau ce métier au Québec.
Des hot-dogs plutôt que des plats du monde
Malgré son titre, l’activité ne met pas les cuisines nationales à l’honneur. Au menu, des hot-dogs, des croustilles et des boissons. « Le hot-dog, c’est mondial » a soutenu M. Granato, qui glisse tout de même quelques variantes brésiliennes dans l’assiette. Le volet culinaire interculturel appartient plutôt au souper partage, une autre activité du SANA où chaque personne invitée apporte un plat de son pays. La prochaine édition aura lieu le 17 octobre.
Le parc a plutôt été occupé par des courses en sac, des parties de soccer et une séance de zumba animée par un professeur engagé pour l’occasion. Des familles entières se sont déplacées, avec des enfants et des aîné-es. C’est précisément ce moment de danse qui a le plus marqué M. Granato. « C’était les gens qui participaient avec les enfants, les familles ensemble » a-t-il dit.
Une formule qui ne bouge pas
Qu’est-ce qui distinguait cette édition des précédentes ? Le SANA a ajouté des séances de danse pour faire bouger tout le monde ensemble. C’est à peu près tout : faute de budget, a expliqué M. Granato, le reste de la journée est resté identique aux éditions passées. Le pique-nique change de peau, mais garde le même squelette.
Le financement du MIFI fonctionne par cycles de trois ans et le ministère demande parfois de modifier le nom des projets d’une entente à l’autre. La formule, elle, ne bouge pas. « L’idée principale, c’est de faire l’intégration » a-t-il résumé.
Le pique-nique sera de retour l’été prochain. D’ici là, le souper partage d’octobre offrira une deuxième occasion de se croiser, cette fois autour des plats de chacun-e.
Crédit photos: Slim Yahia




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Djocari Lauris Théodore, journaliste pigiste
Initiative de journalisme local








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