Et si l’art devenait un espace pour se raconter plutôt qu’un simple résultat à exposer ? Le 14 avril dernier, à l’École secondaire des Pionniers, à Trois-Rivières, le vernissage de L’Art, c’est nous a donné à voir des œuvres qui portent avant tout des voix. Suspendues à hauteur du regard, parfois sur de simples cordes à linge, cartes postales, portraits et collages semblent former une ligne de vie à parcourir des yeux. Chaque création marque une étape, une prise de parole, une transformation en cours. L’ensemble témoigne non pas seulement d’une performance artistique de la relève, mais d’un chemin parcouru, visible entre les gestes, les essais et les traces laissées.
Une initiative portée par Voix de Pasaj
Ce projet est une initiative de Voix de Pasaj, un organisme qui travaille à rendre la culture accessible et participative. Sandra Baron et Doré Sowlo, qui ont fondé l’organisme, étaient présent-es au vernissage pour accompagner les jeunes et constater l’aboutissement du projet. Pendant plusieurs mois, des élèves ont pris part à une série d’ateliers artistiques encadrés par des professionnel-les et ont ainsi exploré différents médiums pour mieux se raconter.
Trois disciplines, un même fil : l’expression
Arts visuels, musique et écriture : trois disciplines, mais une seule intention, permettre aux jeunes de développer leur créativité tout en trouvant des moyens de s’exprimer. Soutenu-es notamment par Doré Sowlo, Christine Tougas, Guillaume Dufour Morin, Gustavo Granato, Basile Seni et Luciane Monteiro, les participant-es ont été invité-es à expérimenter, à créer et à s’approprier des outils artistiques. « C’est un projet qui a été préparé pendant plusieurs mois avec des ateliers de musique et de dessin », explique un élève rencontré sur place. Au cœur de cette démarche, l’expression de soi. Pour plusieurs jeunes, l’expérience a permis de mettre des mots et des images sur leur vécu. « J’ai pu exprimer mes émotions », confie une participante. Un autre ajoute : « Il y a des personnes qui ne savaient pas dessiner… mais c’est devenu beau. » Des propos simples, mais révélateurs d’un processus où la confiance se construit au fil de la création.
Créer pour mieux se comprendre
Du côté des artistes, l’objectif dépasse l’offre d’apprentissage technique. Il s’agissait d’accompagner un cheminement. « Le but, c’est de donner accès à des pratiques artistiques et d’amener les jeunes à exprimer quelque chose de plus profond », résume l’un d’eux. À travers le travail du portrait, de l’écriture ou encore de la création musicale, les jeunes ont exploré différentes facettes de leur personnalité : forces, vulnérabilités, identités.
La culture comme liens et espaces de rencontre
Soutenu par la Ville de Trois-Rivières, le projet s’inscrit dans une volonté de rapprocher la culture des citoyens et citoyennes. Du côté de l’école, on souligne les retombées : pratique du français dans un contexte vivant, développement de la confiance en soi, renforcement du sentiment d’appartenance.
Devant l’exposition, une évidence se dégage : l’art agit ici comme un espace de rencontre. Rencontre avec soi, mais aussi avec les autres. Dans un contexte où les occasions de s’exprimer peuvent parfois être limitées, L’Art, c’est nous ouvre une porte. Celle de la parole, de la reconnaissance, de la présence.
À La Gazette, nous croyons que la culture prend tout son sens lorsqu’elle est vécue sur le terrain, au cœur des communautés. Ce type de projet rappelle que l’art n’est pas qu’un produit à consommer : c’est un outil pour comprendre, relier et faire émerger des voix qui, autrement, resteraient trop souvent en marge.
PHOTOS : DAVID LEBLANC








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