Novembre s’installe. Les journées raccourcissent, le froid nous invite à ralentir et les soirées se prolongent à l’intérieur. C’est le moment idéal pour se préparer un bon café, s’installer confortablement et tendre l’oreille à une histoire, une rencontre ou une conversation qui nous fait réfléchir. Et pourquoi pas un balado ?

Parce qu’on n’a jamais eu autant de moyens de communiquer. On commente, on partage, on réagit, on s’indigne. Tout le monde a quelque chose à dire. Les réseaux sociaux débordent d’opinions, les nouvelles défilent à toute vitesse et les débats se résument parfois à quelques phrases-chocs. Et dans ce grand brouhaha, une forme de communication prend de plus en plus de place : le balado.

Le balado a trouvé son public

Selon l’Institut de la statistique du Québec, 49 % des Québécoises et Québécois de 15 ans et plus ont écouté au moins un balado au cours des 12 mois précédant l’enquête de 2024. Chez les 15 à 29 ans, cette proportion grimpe à 68 %. Et les productions d’ici ont la cote : parmi les personnes qui écoutent des balados, 46 % écoutent surtout des balados québécois. 1 Source : Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur les loisirs culturels et le divertissement, 2024.

Les habitudes évoluent aussi. Selon NETendances 2026, parmi les personnes qui consomment des balados, 36 % privilégient uniquement l’audio, 30 % uniquement la vidéo et 34 % utilisent les deux formats. 2Source : Académie de la transformation numérique, Université Laval, NETendances 2026.

Ces chiffres ont quelque chose de réjouissant. À l’heure des vidéos de quelques secondes, cela signifie donc que plusieurs personnes choisissent de consacrer du temps à une conversation ou à une réflexion qui ne se résume pas à un titre accrocheur.

Et l’offre ne manque pas ! Les balados sont multiples et les sujets tout autant! On les écoute en voiture, en cuisinant, en marchant ou en travaillant. Comme la radio, il s’invite dans notre quotidien, sans nécessairement exiger que nous soyons assis devant un écran.

Donner du temps aux idées

Dans une entrevue de quelques minutes, il faut parfois aller droit au but. Dans un balado de 30 ou 60 minutes, on peut se permettre des détours et prendre le temps. Une réponse inattendue, une anecdote personnelle ou une hésitation peuvent nous en apprendre davantage qu’un long discours préparé.

Bien entendu la durée ni la popularité n,est gage de qualité. Une conversation de deux heures n’est pas nécessairement plus constructive ou informative qu’un reportage de cinq minutes. Tout dépend entre autres du travail de documentation, de la pertinence et de la crédibilité des personnes rencontrées.

Car produire un balado, ce n’est pas simplement installer deux micros et appuyer sur « enregistrer ». C’est choisir des sujets pertinents, faire des recherches, préparer des rencontres, poser les bonnes questions, vérifier les informations, écouter les réponses et effectuer un travail de montage qui respecte le sens des propos.

C’est aussi faire des choix éditoriaux. À qui donne-t-on la parole ? Pourquoi cette personne plutôt qu’une autre ? Quels points de vue sont absents de la discussion ? Quelles questions méritent d’être approfondies ?

Des voix et des histoires à découvrir

À La Gazette, nous avons choisi d’investir dans cette façon de raconter. Notre studio accueille des artistes, des spécialistes, des organismes, des citoyennes et des citoyens, bref des personnes dont on entend trop rarement les histoires.

Nos productions prennent différentes formes. Cette diversité reflète notre conviction que les réalités humaines ne se comprennent pas à travers une seule voix, un seul milieu ou une seule façon de voir les choses.

Pourquoi investir autant d’énergie dans ces productions ? Parce qu’une information de qualité ne doit pas seulement nous apprendre ce qui se passe. Elle doit aussi nous aider à comprendre pourquoi cela se passe et comment ces réalités touchent les gens autour de nous.

On parle beaucoup de polarisation. Les débats semblent parfois divisés en deux camps irréconciliables. Pour ou contre. D’accord ou pas d’accord. Pourtant, entre ces positions, il existe une multitude de nuances et de questionnements qui méritent d’être entendus.

Écouter, ce n’est pas nécessairement être d’accord. Ce n’est pas non plus renoncer à son esprit critique. C’est accepter de se laisser surprendre, de poser des questions et parfois de changer d’idée.

Et c’est peut-être là que le balado prend tout son sens en devant un espace supplémentaire pour réfléchir ensemble. Un balado ne changera peut-être pas le monde à lui seul. Mais une conversation peut ouvrir une porte. Une histoire peut faire tomber un préjugé. Une rencontre peut nous donner envie d’agir.

Alors, en ce mois de novembre, entre deux cafés et quelques feuilles mortes à ramasser, pourquoi ne pas prendre le temps de tendre l’oreille à une voix différente ? Qui sait ce qu’elle pourrait vous apprendre ?

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