christian bouchard
Crédit : Dominic Bérubé

L’animatrice de Racines mauriciennes, Valérie Deschamps, nous propose de l’accompagner à travers son périple en Mauricie alors qu’elle va à la rencontre de Pierre, Louise, Simone et bien d’autres personnes aînées de notre territoire à la recherche des histoires fascinantes du monde ordinaire; ces histoires qui au fil du temps ont tricoté notre identité collective régionale.

Cette série est produite par La Gazette de la Mauricie et présentée par la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie. Elle est aussi rendue possible grâce à la contribution du Gouvernement du Québec et de son programme Québec ami des aînés.

 

Dans une vie, on croise des centaines d’humains. Il y a ceux qui ne sont que de passage et ceux qui laissent un petit fanion sur le bord de notre route. Christian Bouchard en a certainement laissé un dans la mienne ainsi que dans la vie de plusieurs autres personnes. Que ce soit par l’enseignement, par sa plume ou par sa voix, cet humaniste a marqué jeunes et moins jeunes au cours des années. Faites la rencontre de Christian Bouchard dans cet épisode de Racines mauriciennes.

J’ai intitulé l’article Christian Bouchard : à grandeur d’homme, car s’il y a une chose qui m’a marquée impressionnée dès les premières minutes de notre rencontre, c’est la grandeur de l’homme qui se trouvait devant moi. Bon, c’est sûr et certain que mon 5 pieds 3 pouces ne m’aidait pas devant l’homme de plus de 6 pieds, mais c’est davantage l’aura de bienveillance qu’il dégage dès l’ouverture de sa porte qui m’a tout de suite conquise. Accueillie par un sourire lumineux et un bonjour chaleureux (sans parler de l’excellent verre de vin maison !), je suis invitée à m’installer dans une des pièces aux couleurs des livres qui ont été des chapitres de sa vie.

« J’ai appris très tôt que les mots étaient d’abord et avant tout des instruments d’humiliation. Parce que c’est avec les mots qu’on humilie ceux et celles qui n’en ont pas », raconte-t-il. « C’est avec des expressions comme “les petites gens”, “né pour un p’tit pain” ou “quand on est valet, on n’est pas roi” qu’on humilie les gens. Ça m’a tellement marqué, qu’à toute idée de monarchie, je me sens tout de suite révolutionnaire ! », ajoute Christian. Ces phrases préconçues et dénigrantes horripilent le professeur retraité. C’est que, dès son plus jeune âge, il a ressenti le dégoût pour cette culture du chef dont notre société tend à se prévaloir. Pour Christian, ces mots placent les gens dans une hiérarchie et une structure sociale définie qui nuit à leur émancipation. Comme il le dit si bien, « l’autorité n’est valable que si elle aide quelqu’un à s’épanouir ». Christian a toujours été guidé par cette philosophie durant ses années d’enseignement. D’ailleurs, ses anciens étudiants(-es) m’ont tous et toutes déclaré que Christian était un accompagnateur. Une bible de connaissances qui les aidait à voir leur potentiel, qui les considérait à son égal, peu importe leurs savoirs et leur culture. Cette impression reflète sa vision de l’enseignement puisque, selon ses propres termes « un prof, tel que je l’entends, c’est quelqu’un qui occupe beaucoup d’espace au point de départ et, peu à peu, c’est son groupe qui va occuper l’espace. Je disais souvent à mes étudiants : ‟Apprenez à vous débarrasser de moi !” ». Pour lui, c’est une forme de passation, de coopération, de construction individuelle qui s’effectue par un travail collaboratif entre le professeur et l’étudiant(-e).

En plus d’avoir enseigné dans différentes institutions d’enseignement, Christian Bouchard compte aussi l’écriture et la communication orale dans son parcours professionnel. Les auditeurs et auditrices de Radio-Canada Mauricie tout comme les lecteurs et lectrices du Nouvelliste ont pu se délecter de ses mots qui lui étaient si chers. « Je me souviens quand je travaillais à la revue de presse à la radio. J’ai adoré faire ça. J’étais avec une équipe du tonnerre. J’avais fixé un niveau d’exigence. Dieu sait que je l’ai rempli, ce mandat-là !. C’est ce qui fait que les gens adoraient ça. Avec Louise Hamel, Claude Bernatchez, Guy Marcotte… Il y avait une chimie, une super équipe de travail. Chacun faisait en sorte que ça fonctionne bien », raconte-t-il. Occupant deux postes à temps partiel, toujours animé de ce désir de se surpasser et d’offrir le meilleur de lui-même, Christian se rappelle que ce moment de sa vie ne fut pas de tout repos. Et pour une des rares fois, l’homme s’ouvre à ce sujet publiquement. « À un moment donné, le bouchon a sauté. Deux mi-temps, c’est deux temps pleins. ».

L’espace de cet article est trop limité pour vous dévoiler entièrement toutes les facettes de cet homme. Humain, vrai et sans tabous, Christian se laisse porter par notre discussion. Anecdotes, moments marquants, faits cocasses et récits souvenirs agrémentent cet entretien, que je vous invite à découvrir. Un épisode de Racines mauriciennes touchant, rempli de philosophie et d’humanité. Faites comme moi et partez à la découverte de Christian Bouchard, cet humaniste à hauteur d’homme.

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