Le mouvement Le communautaire à boutte, né en Mauricie, a franchi une étape majeure en accédant à une tribune d’envergure nationale avec son passage à l’émission Tout le monde en parle. Une visibilité exceptionnelle qui, pour ses porte-paroles, marque à la fois un moment charnière et un levier puissant pour la suite de la mobilisation. Voici comment les porte-paroles du mouvement Le communautaire à boutte, Mathieu Gélinas, Caroline Chartier et Sophie Tétrault-Martel, ont vécu cette expérience.
« Tout s’est déroulé à merveille, c’était un privilège de pouvoir avoir cette tribune pour le mouvement », souligne Sophie, encore habitée par l’intensité du moment. Même son de cloche du côté de Caroline, qui parle d’« une expérience unique » attendue avec impatience, et consciente de l’occasion rare de faire connaître la cause à grande échelle.
Sur place, l’accueil a contribué à installer un climat propice à la prise de parole. « C’est une équipe professionnelle, rodée depuis plus de 20 ans, qui prend bien soin des invité-es », dit Mathieu. L’ambiance était chaleureuse, l’écoute réelle et, surtout, la solidarité était palpable. « Les personnes qui étaient présentes étaient solidaires. C’était tangible, même en direct », ajoute-t-il.
Porter la voix de tout un milieu
Derrière le passage télévisé, il y avait une pression bien réelle : celle de représenter un mouvement qui dépasse largement les individus présents sur le plateau.
« Quand tu portes un mouvement, que tu es la voix de milliers de personnes, tu pèses chaque mot », explique Mathieu. Une fébrilité partagée par ses collègues, mêlée toutefois à un sentiment de fierté. « Nous nous étions bien préparé-es. Après notre passage, je me suis sentie fière… et fébrile face à l’impact que cela allait avoir », confie Sophie.
Le message, lui, était clair : lancer un cri d’alarme. « Ça fait des mois qu’on demande un engagement financier réel, du soutien, de la reconnaissance », rappelle Mathieu. Pour Caroline, l’objectif était aussi de permettre au grand public de « comprendre la valeur du communautaire » et les raisons derrière l’épuisement exprimé par le mouvement.
Une écoute… et une onde de choc
Malgré le format court de l’émission, les porte-paroles estiment avoir pu transmettre l’essentiel. « Les questions et les interactions ont permis d’amplifier la voix de nos revendications », note Sophie. Les réactions n’ont pas tardé. Dès le lendemain, une vague d’appuis s’est manifestée. « Les commentaires reçus après l’émission nous ont démontré que le message a bel et bien été compris », affirme Caroline. Sur le terrain, cette reconnaissance se fait sentir concrètement : « Nous ressentons une solidarité de la population lors de nos actions », ajoute Sophie.
Pour Mathieu, l’impact dépasse même les attentes : « Plus d’allié-es, plus de groupes mobilisés, et une pression accrue sur le gouvernement. » Il souligne aussi un effet moins visible, mais tout aussi important : « Ça permet de reconnaître la pertinence du milieu communautaire, de redorer son expertise, de le mettre en lumière. »
Une visibilité qui change la donne
Si certains aspects, notamment les conditions de travail, ont été moins abordés faute de temps, les trois porte-paroles s’entendent sur une chose : l’essentiel est passé.
Et, surtout, cette visibilité pourrait marquer un tournant. « Le gouvernement ne pourra plus faire semblant de ne pas nous voir », lance Sophie. Caroline y voit une étape logique dans la progression du mouvement, une occasion de « mettre la table sérieusement » pour la suite. Mathieu, de son côté, nuance tout en reconnaissant l’ampleur du moment : « L’émission a été une bonne dose de carburant, mais ce n’est pas elle qui a fait exploser le mouvement. On était déjà prêts. »
Une chose est certaine : avec ce passage remarqué, Le communautaire à boutte n’est plus seulement un cri venu de la Mauricie mais bien une voix désormais portée à l’échelle nationale.

photo : Virginie Fréchette







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