pesticides
Les membres de « Trois-Rivières sans pesticides » ont tenu une première activité publique de sensibilisation samedi dernier au centre-ville.  Photo : Dominic Bérubé.

À Trois-Rivières des citoyens et citoyennes veulent inciter le conseil municipal à accélérer son processus d’adoption d’un règlement pour interdire l’usage des pesticides à usage esthétique. Les membres de Trois-Rivières sans pesticides ont tenu une première activité publique de sensibilisation samedi dernier au centre-ville. 

Les membres du groupe s’inquiètent des conséquences des pesticides sur la santé de la population, sur les écosystèmes et la biodiversité. « Déjà plus de 150 municipalités interdisent les pesticides sur leur territoire. Quand allons-nous agir à Trois-Rivières pour limiter au maximum notre exposition à ces produits nocifs ? » demandent-ils.

Lors de la séance du conseil municipal du 3 mai dernier, Pierre Beaulieu, citoyen, a proposé à la Ville de faire l’expérience d’éviter les pesticides de synthèses dans les espaces verts. Bien qu’il soit trop tard pour le faire cette année — les contrats d’entretien ayant déjà été octroyés — le maire Jean Lamarche a assuré que le Comité assurer un environnement sain et propre de la Ville était à l’œuvre pour faire progresser cette démarche.

À quand un règlement?

En septembre 2021, un avis de motion visant à encadrer l’usage de certains pesticides à des fins esthétiques dès 2023 avait été déposé au Conseil municipal.

« Normalement, la prochaine étape aurait dû être le dépôt du projet de règlement, puis d’adoption du règlement. Mais rien ne bouge », déplore Christiane Bernier, citoyenne membre de Trois-Rivières sans pesticides. Les pressions du groupe citoyen visent donc à s’assurer que la Ville rencontre son engagement de réglementer pour 2023, explique-t-elle. « On ne veut pas que ce soit repoussé à 2024. »

Geneviève Auclair, conseillère municipale du district de Saint-Louis-de-France et présidente du Comité assurer un environnement sain et propre confirme que les discussions sont en cours. « C’est d’ailleurs un dossier dont nous avons parlé dès la première rencontre du comité », précise-t-elle.

Crédit : Dominic Bérubé

La conseillère souligne cependant la nécessité de laisser le temps aux nouveaux élus qui siègent sur le comité de faire le tour de la question, pour pouvoir réfléchir à la meilleure façon d’encadrer les pratiques. « Il y a plusieurs éléments à étudier et plusieurs façons d’aborder le sujet, constate-t-elle. Qu’est-ce qu’on peut réglementer ? Qu’est-ce qu’on doit interdire ? Quelles pratiques voulons-nous encourager ? Il faut examiner l’usage des pesticides par la Ville elle-même, par les citoyens et par les compagnies. »

La révision des pratiques en matière de pesticides et l’analyse des moyens de minimiser leur usage sont des objectifs qui font d’ailleurs partie de la Politique environnementale de Trois-Rivières. Selon Geneviève Auclair, il est réaliste de penser qu’il y aura des changements dès 2023. Pour ce qui est de l’entrée en vigueur d’un règlement sur l’usage esthétique des pesticides, le Comité assurer un environnement sain et propre, constitué de quatre élu(e)s fera des recommandations, mais « la décision finale revient à l’ensemble du conseil », indique-t-elle.

Deux municipalités précurseures dans la région

Des 153 municipalités qui figurent au répertoire gouvernemental des municipalités qui réglementent l’usage des pesticides, deux sont de la Mauricie.

La Ville de Shawinigan légifère sur les pesticides depuis 2003. L’application extérieure de ces produits est interdite sur l’ensemble du territoire, sauf pour une utilisation à des fins agricoles.

Hérouxville a pour sa part adopté un règlement pour encadrer l’usage de pesticides il y a plus de vingt ans, en 2001. L’épandage de pesticides ou de fertilisants est interdit sur toutes les surfaces de gazon et sur l’ensemble du territoire de certains secteurs de Lac-à-la-Tortue.

Dans les deux cas, un permis peut toutefois être délivré en cas d’infestation.

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Une mentalité à changer

Pour le groupe Trois-Rivières sans pesticides, il faut aussi travailler à changer la culture de la pelouse. « Le gazon vert impeccable est une plaie pour quiconque s’acharne à le maintenir parfait. Un éternel recommencement qui consomme énormément d’eau, requiert des produits chimiques de synthèse ainsi que du temps et beaucoup d’énergie », explique l’un des porte-paroles.

Le groupe invite la population à changer ses habitudes et préconise une approche plus naturelle, qui consiste à laisser pousser librement la végétation dans certaines sections du jardin et dans certains secteurs de la municipalité.

« L’être humain a cette fâcheuse habitude de vouloir contrôler la nature et ça ne l’a jamais servi. En cessant de combattre les soi-disant mauvaises herbes, on recrée des écosystèmes essentiels au maintien de l’équilibre de la nature. Qui a décidé un jour que les pissenlits et le trèfle sont de mauvaises herbes ? »

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