Luc Massicotte – Chronique municipale – 4 novembre 2021

Dimanche, les citoyen.nes de toutes les municipalités du Québec éliront leur conseil de ville et désigneront leur maire ou mairesse. Le rideau tombera sur les campagnes à Trois-Rivières et Shawinigan.

Trois-Rivières, les eaux calmes

La course à la mairie de Trois-Rivières n’aura jamais levé. Les principaux candidats ont eu beaucoup de mal à se définir l’un par rapport à l’autre. Jean Lamarche s’est appuyé sur son bilan et sur les projets déjà en cours à la ville, en ajoutant quelques propositions, présumant que les citoyens le connaissent et qu’ils savent « à qui ils ont affaire » — une stratégie de campagne qui ressemble aux tactiques d’Yves Lévesque.

La campagne de son opposante, Valérie Renaud-Martin, a commencé plus tôt que celle de monsieur Lamarche et au final, elle cumule davantage de propositions que ce dernier. Or, elle n’aura pas su trouver le matériel pour enflammer la course à la mairie. Une campagne sans surprise n’est pas à son avantage. C’est elle qui porte le fardeau de la preuve. Pour espérer gagner, sa candidature devra avoir généré suffisamment d’intérêt et d’attention pour occuper les conversations. Ce sera difficile de l’emporter. Les deux dernières semaines auront été les meilleures de sa campagne, mais elles arrivent tardivement. Nous saurons le 7 novembre prochain si sa stratégie était la bonne.

Des bons coups

Jean Lamarche réussit à s’associer, aux yeux des électeurs, à des projets à succès et à fort rayonnement pour la ville de Trois-Rivières : le club de hockey les Lions, l’Amphithéâtre Cogeco, le District 55, etc. Une stratégie habile.

Dans le dernier droit de la campagne, Valérie Renaud-Martin semble avoir trouvé un filon intéressant en se posant comme défenseure de ce qu’elle appelle les « périphéries », une position claire et distinctive. Au-delà des principes, elle s’engage à investir 1,5 M$ dans la réalisation de trois projets pour les jeunes, dans les secteurs Sainte-Marthe-du-Cap, Saint-Louis-de-France et Pointe-du-Lac.

En plus de la mairie

Hôtel de ville de Trois-Rivières. Photo : Dominic Bérubé

Ce qui façonnera peut-être de manière plus importante, la dynamique politique de Trois-Rivières sera l’élection des conseillers. Le dernier conseil jouait un rôle important et faisant sentir sa présence. Le pouvoir d’agir n’était plus uniquement dans les mains du maire. Il semble se dessiner une bataille informelle entre ce que Pierre Montreuil appelait « les progressistes » et ceux qui sont plus confortables dans le modèle plus « conventionnel » de conseillers municipaux à Trois-Rivières. Les résultats dans les districts feront moins de bruit, mais seront déterminants.

L’Action civique joue l’avenir du seul parti politique en lice. Ils ont absolument besoin de récolter 1 % des votes totaux et/ou de faire élire un seul candidat. Leur meilleur espoir demeure leur chef, Jean-Claude Ayotte dans des Carrefours, un district chaudement disputé. L’Action civique a nettement fait la meilleure campagne sur le plan des idées et du contenu. Mais leur incapacité à présenter une candidature à la mairie a réduit leur visibilité dans les dernières semaines et les éloigne de leur objectif. Notons aussi qu’au final, ils alignent seulement 6 candidats sur 14 districts, ayant pour effet d’effriter leur crédibilité comme force politique.

La course à la mairie compte un 3e candidat marginal en la personne de Gilles Brodeur. Après avoir été un candidat bidon pour le Parti libre du Canada à la dernière élection fédérale, il ajoute son nom au bulletin de la mairie. Monsieur Brodeur a maintes fois exprimé son désintérêt pour les enjeux de la politique municipale et cherche seulement à se faire connaître pour renouer avec sa famille… Un détournement gênant des leviers démocratiques au détriment de la pertinence. Espérons qu’il trouvera l’aide personnelle dont il a besoin.

La campagne robuste de Shawinigan

Les électeurs de Shawinigan auront eu droit à une campagne plus énergique qu’anticipée. Luc Trudel aura forcé le maire Anger à défendre son bilan. Les personnalités des deux principaux candidats pouvaient difficilement être plus polarisées. Le menu de cette campagne était chargé : taxes municipales, gestions des finances et de l’administration publique, rejets toxiques à l’usine de filtration des eaux du Lac à la Pêche, patrimoine et j’en passe. Les candidats ont « joué du coude » en s’attaquant sur leur crédibilité et leur intégrité. L’énergique Luc Trudel porte d’ailleurs le fardeau d’allégations de harcèlement psychologique alors qu’il était gestionnaire au Séminaire Sainte-Marie. Monsieur Anger n’a pas eu de passage gratuit pour le prochain mandat.

Les électeurs ont beaucoup de matière pour arrêter leur choix. Les citoyens de Shawinigan auront une belle soirée électorale.

 

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