Annie Dufresne – bénévole – décembre 2021 

L’Aide aux Trans du Québec a organisé son activité annuelle Fierté Trans Pride à Montréal du 19 au 21 novembre pendant la semaine de sensibilisation aux réalités transgenres.

Une cause qui tient à cœur

Pour dénoncer l’oppression sexualiste, des dizaines de militants trans se sont rassemblés au nom de l’égalité devant le palais de justice de Montréal. Combattant le froid de cette soirée d’automne, les gens présents affichaient avec honneur leur drapeau trans et non binaire.

Sur les lieux, deux jeunes personnes toujours aux études nous exposent leurs points de vue :

« C’est important de se rassembler et de faire entendre notre voix, et de montrer qui on est vraiment, parce qu’on n’est pas invisible. Je pense qu’on a un courage extraordinaire parce que ce n’est pas facile de surmonter toutes les critiques et les émotions qui viennent avec tout ça. » – Jake

« Une personne a le droit d’être différente, ça serait bien de sensibiliser les jeunes. Tu peux être qui tu veux être, peu importe ton âge et à quoi tu ressembles. Le genre auquel tu t’identifies a de l’importance. » – Alexis

L’évènement a débuté par une prise de parole au micro qui a permis de diffuser des témoignages marquants, allant parfois jusqu’aux larmes.

Pour l’occasion, le député Sylvain Gaudreault du Parti Québécois et la députée Jennifer Maccarone du Parti Libéral se sont également exprimés. Lors de la parade qui s’est déroulée par la suite, la députée Manon Massé de Québec Solidaire est même allée jusqu’à escalader un bloc de béton pour crier à tue-tête des slogans partisans.

Des enjeux vitaux pour la communauté

Le lendemain, une conférence rassemblait Strong Clinique, le réseau des lesbiennes du Québec, REZO, Trans Outaouais, Trans Mauricie Centre-du-Québec, Centre de lutte contre l’oppression des genres, LGBT411, Banana Prosthetics et le CALACS.

Vigile en l’honneur de 426 personnes transgenres victimes d’homicide. Photo : Jason Noël et Serge Blais

Ces organismes ont alors eu l’occasion de décrire leur engagement et de promouvoir leurs intérêts envers la communauté trans. Des conférenciers ont aussi pu nous informer sur les problématiques relatives à l’identité du genre et nous proposer des astuces pour y remédier.

À titre d’exemples : « Pour aider à contrer les effets de la dysphorie du genre, c’est toujours aidant d’identifier les éléments déclencheurs, de communiquer nos besoins à notre entourage, de gérer les pensées anxieuses et d’utiliser des prothèses. » – Alexandre Drouin, chercheur scientifique chez Element AI

« Pour faciliter les choses en tant que partenaire d’une personne trans, il est avantageux d’aller chercher de l’information par soi-même. On peut aussi aller voir des spécialistes, comme des médecins et des sexologues, pour comprendre le processus. C’est bien d’avoir une personne de confiance à qui parler et d’être approuvé par ses proches. » – Gabrielle Beauregard, sexologue

Après la cérémonie de commémoration dénonçant les injustices subies par les personnes trans, la Fierté Trans Pride s’est conclue par un banquet, une soirée dansante et un spectacle de clôture. Ces moments de rencontre et de célébration ont permis de souligner le courage et la détermination qui animent la collectivité trans du Québec. « On veut que la prochaine génération trans puisse vivre dans un monde en paix », a mentionné Sloan Kooshan, coordonnateur de l’équipe de recherche de la Chaire de recherche sur les enfants transgenres et de leur famille.

L’aspect sociopolitique

Cette activité de Fierté Trans Pride a donné aussi l’occasion à la communauté trans du Québec de s’informer sur le plan d’action contre le projet de loi 2, jugé transphobe, et de partager  ses inquiétudes à ce sujet. Bien que le ministre de la justice Simon Jolin-Barrette ait déclaré le retrait des articles jugés problématiques, les amendements n’ont toujours pas été rendus publics.

« Il ne faut pas juste des excuses, il faut des avancées, parce qu’on est presque en train de les féliciter de ne pas faire reculer nos droits. C’est aberrant et inacceptable », a dit Kamille Painchaud-Lavallée, de l’Association Trans Action Québec.

En Ontario, le tribunal des droits de la personne a d’ailleurs déclaré inconstitutionnelle la demande d’une chirurgie pour changer de sexe en 2013, tandis que le Québec a légiféré dans le même sens en adoptant une mesure facilitante en 2015.

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