Connu pour ses livres en faveur d’une agriculture diversifiée à échelle humaine, dont La ferme impossible, paru en 2015, Dominic Lamontagne lance son nouvel ouvrage, Toucher terre, guide d’omniculture responsable, publié aux éditions Écosociété.
Véritable guide pour quiconque voudrait créer son propre écosystème nourricier, Toucher terre retrace pas à pas la genèse de la ferme impossible, enfin réalisée, l’ambition marchande en moins.
Dans ce nouveau livre, Dominic Lamontagne présente le modèle de ferme vivrière qu’il a créé à Sainte-Lucie-des-Laurentides, avec sa conjointe Amélie Dion, pour nourrir sa famille et un peu plus.
Installé en hauteur, en zone de rusticité 3a, soit l’équivalent du climat des environs de La Tuque, en Mauricie, cet écosystème nourricier se déploie sur un demi-hectare, ceinturé de forêt boréale.
Dominic Lamontagne souhaite convaincre la population qu’il est possible de s’autoalimenter en grande partie en produisant sa propre nourriture.
« Dans La ferme impossible, j’en venais à la conclusion que la petite ferme diversifiée dont je rêvais m’aurait demandé un million de dollars en permis de toutes sortes, expliquait Dominic Lamontagne, en entrevue. Puis j’ai réalisé que si j’abandonnais l’objectif de produire pour les autres et que j’adoptais plutôt celui de produire pour nous-mêmes, cette ferme était possible. »
Mais qu’est-ce que l’omniculture responsable ?
« J’ai senti la nécessité d’inventer ce terme pour décrire un modèle de culture de subsistance diversifiée incluant aussi de l’élevage, tourné vers les besoins d’une famille, sans objectif lucratif. Nous ne sommes pas des producteurs agricoles, ni des survivalistes, nous sommes des homesteaders. Si les gens travaillaient à satisfaire au moins une partie de leurs propres besoins alimentaires, la société irait mieux. Ça devrait même s’apprendre à l’école ! », dit Dominic Lamontagne.
Le jardinier-auteur et sa conjointe produisent chaque année 565 kg de légumes variés, 4 000 œufs, 72 poulets, 50 kg de viande de chevreaux et plus de 1 100 litres de lait de chèvre, qu’ils transforment en fromage, en plus de faire leur pain.
Grâce au projet-pilote d’abattoirs de poulets à la ferme, mis en place par le gouvernement en 2022, et pour lequel Dominic Lamontagne avait milité, le couple pourrait abattre jusqu’à 300 poulets à la propriété, les transformer et vendre leur surplus.
Selon leur calcul, un total d’une journée par semaine seulement leur permet de produire la majeure partie de la nourriture qui sert à alimenter leur famille. Le reste de la semaine, trois jours sont consacrés à un travail lucratif qui leur permet d’amener de l’argent dans les comptes de banque, et il reste deux jours pour se reposer.
« Ce modèle d’agriculture de subsistance s’apparente à ce que faisaient nos grands-parents, mais on est rendus complètement ailleurs. Certains ont des souvenirs idylliques de cette époque ancienne, pour d’autres c’était la misère noire ! Mais ça n’a plus rien à voir et c’est ce dont je veux convaincre les gens », dit Dominic Lamontagne.
Le télétravail est aujourd’hui possible, les outils et les techniques ont évolué, l’information circule abondamment et les variétés de plantes potagères sont mieux adaptées, précise Dominic Lamontagne.
« Les serres nous permettent aussi de faire des choses impossibles à l’époque. Tout ça fait que le travail est largement simplifié. Pour nous, c’est un choix de vie qui nous permet de ne pas être prisonnier du travail à la chaîne et de nous assurer une sécurité alimentaire, et c’est bien meilleur pour la santé mentale », dit l’auteur.
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Geneviève Quessy, journaliste
Initiative de journalisme local


photo : Courtoisie Dominic Lamontagne







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