Jolaine Baril et Robert Boudreau lors du match d’impro du 27 novembre de la LUITR. Photo : Robin Marques

Une manière de goûter à la culture est d’assister à des matchs d’improvisation. Heureusement, Trois-Rivières regorge de ligues d’improvisation, toutes différentes à leur façon. Pour n’en nommer que quelques-unes, il y a la Ligue universitaire de Trois-Rivières (LUITR), la Ligue d’improvisation mauricienne (LIM), la LILE, la CLIQ improvisation ou encore 5impros. Certaines adoptent des styles classiques alors que d’autres sont davantage théâtrales. Les lundis 20 et 27 novembres, La Gazette de la Mauricie a assisté aux 6e et 7e matchs de la 14e saison de la LUITR. À coup sûr, les soirées d’improvisation universitaire sont une célébration de la spontanéité, de l’humour et de la camaraderie.

Cet automne, la LUITR entame sa 14e saison. Chaque lundi, au bistro La Chasse-Galerie, dès 20 h, on peut assister au match gratuitement. Cette ligue est composée de quatre équipes constituées d’étudiant-es universitaires dégourdi-es issu-es de tous les domaines et de tous les cycles. La ligue suit les règles conçues par Robert Gravel, le fondateur de l’improvisation classique. Pour plusieurs fidèles, il s’agit d’un rendez-vous hebdomadaire de divertissement et de socialisation. Dès que nous entrons dans le bistro, à l’UQTR, nous pouvons sentir que la LUITR est implantée depuis un bon moment quand on voit l’aisance des animateur-tris ou la participation du public. 

Le lundi 20 novembre dernier, pour le 6e match, c’était l’équipe des Verts et l’équipe des Oranges qui s’affrontaient, et ce sont les Oranges qui ont gagné. Les animateur-trices de la soirée, Jolaine Baril et Maxime Gaven Valentine, ont su animer la foule. Dès les premiers instants, leur complicité était palpable : regards complices, échange d’idées invisibles, ils-elles étaient prêt-es à rebondir à chaque occasion d’amener un éclat de rire. La foule, initialement assise dans l’expectative, était rapidement emportée par cette vague d’enthousiasme contagieux. Ces deux joueur-euses habituel-les ont changé de rôle pour devenir des maître-esses de cérémonie, et leur expérience de la scène rendait le tout léger. 

L’arbitre du match, Alexandre Marchand, mérite lui aussi une étoile à cause de ses contraintes et consignes ainsi que de ses thèmes des plus créatifs. Par exemple, comme préambule, il a proposé le synopsis d’un vieux film produit en URSS sans jamais en donner le nom. En résumé, c’était une porte secrète au milieu de nulle part, et les les joueur-euses étaient amené-es à reproduire le synopsis en révélant ce qui se cachait derrière la porte. 

Pour ce qui est joueur-euses, ils-elles savent capter l’attention en naviguant à travers plusieurs émotions. On peut voir et ressentir le plaisir qui les gagne lors de l’exercice. De plus, leurs capacités d’adaptation aiguisées leur permettent de ne jamais être déstabilisé-es et rend leur jeu crédible. Ils ont la faculté de traiter d’enjeux parfois sensibles avec mesure. On les sent professionnel-les et solides dans leur jeu, ce qui donne un trait positif, et il est plutôt rare de les voir se couper la parole ou parler en même temps. 

Où se trouve l’impro ?

Sur le grand territoire de la Mauricie, nous avons la chance d’avoir plusieurs ligues d’improvisation de qualité, chacune avec ses caractéristiques particulières. À Trois-Rivières, on retrouve la LIM, qui se produit tous les mardis soir, dès 20 h, à la Maison de la culture. Pour 12 $, on peut profiter d’un style un peu différent, sur une scène épurée et sans bande. Plusieurs des joueur-euses de cette ligue font aussi partie de la ligue 5impros, créée par un chargé de cours du département de philosophie de l’UQTR, Louis-Étienne Villeneuve. Il s’agit d’improvisations plus longues, sans vainqueur-e et avec un volet plus théâtral. 

Toujours à Trois-Rivières, la CLIQ est une autre ligue d’improvisation qui se démarque par un style théâtral. Elle présente chaque mois des spectacles qui rassemblent des improvisateur-trices d’expérience qui œuvrent dans le paysage mauricien depuis plus de 15 ans. Il y a également la LILE, une ligue d’improvisation de style classique, originaire de Louiseville, qui performe maintenant au Repère des mauvaises langues. Finalement, à Shawinigan, on retrouve la ligue La Résistance.

Une porte d’entrée vers la culture mauricienne

Selon le rapport de recherche Vers une structuration du milieu de l’improvisation théâtrale au Québec, l’improvisation existe depuis plus de 50 ans au Québec. « Le match demeure le modèle de spectacle d’improvisation la plus présentée au Québec. Cependant, on voit depuis 20 ans la naissance de nouvelles formes qui délaissent le décorum inspiré du hockey. Ces spectacles […] sont venus changer le paysage de l’improvisation au Québec en inventant de nouvelles formules ou en les important de l’international. Plusieurs spectacles hybrides sont apparus, mélangeant improvisation théâtrale et cirque, bande dessinée, musique et autres formes artistiques. » 

Ainsi, les artistes de l’improvisation d’ici ont la liberté de créer à partir de l’instant présent et de leur milieu d’appartenance mauricien. Cela ouvre la porte à une diversité d’interprétations et de perspectives, reflétant ainsi la richesse culturelle qui peut émerger de l’imagination collective.

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