L’animatrice de Racines mauriciennes, Valérie Deschamps, nous propose de l’accompagner à travers son périple en Mauricie alors qu’elle va à la rencontre de Pierre, Louise, Simone et bien d’autres personnes aînées de notre territoire à la recherche des histoires fascinantes du monde ordinaire; ces histoires qui au fil du temps ont tricoté notre identité collective régionale. Cette série est produite par La Gazette de la Mauricie et présentée par la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie. Elle est aussi rendue possible grâce à la contribution du Gouvernement du Québec et de son programme Québec ami des aînés.

 

Valérie Deschamps – Racines Mauriciennes – Octobre 2021  Même si je dois avouer qu’au mois d’octobre on a plus un goût de sirop de citrouille que de sirop d’érable, on dirait qu’il n’y a pas vraiment de mauvais moment pour apprécier les souvenirs que ce goût nous apporte. Histoires des sucres en famille et entre ami.e.s, ce n’est pas ça qui manque à Claire et Richard Boucher. Le retour de doux souvenirs familiaux à l’érablière portant aujourd’hui le nom Ferme du Loup, c’est exactement ça ce qui s’est passé. Voyageons dans les souvenances de cette famille fondatrice de l’érablière sur le chemin des Allumettes à St-Paulin dans cet épisode de Racines Mauriciennes. « Ça fait comme chaud au cœur, c’est formidable ! » me raconte d’emblée Richard. Lui et sa sœur Claire, n’avaient pratiquement pas remis les pieds dans la cabane et sur la terre depuis une trentaine d’années. D’ailleurs, c’est grâce aux nouveaux propriétaires Patrice Plouffe, Clara Bonnes et Simon Piotte que nous pouvons voyager à travers les mémoires de Claire et Richard. «De se souvenir et de retourner sur les lieux, c’est émouvant », ajoute-t-elle. « Quand j’ai vu monsieur Plouffe et que je lui ai demandé si je pouvais aller marcher dans la montagne, ça m’a rappelé du temps où je suivais le chemin dans la montagne. J’ai toujours été du type contemplative. Quand j’étais jeune, j’aimais la nature et les couleurs des arbres. Donc quand il m’a dit que je pouvais venir marcher sur la terre, ça m’a ramené dans ma jeunesse » ajoute celle qui enseigne les facteurs de risques des maladies cardiaques aux futures infirmières et infirmiers. L’ambiance d’une grande famille demeure au cœur de l’érablière, de celle qu’on appelle aujourd’hui : Ferme du Loup.

Ferme du Loup

Claire et Richard Boucher, fondateurs de l’érablière qui est aujourd’hui devenu la Ferme du Loup.

Cette jeunesse-là, autant dire que les Boucher l’ont passée entre les vaches et les chaudières d’eau d’érable. Travailler sur la ferme faisant face à l’érablière en toute saison et dans la montagne avec vilebrequin et chalumeau à la main au printemps. « La première cabane à sucre ici, que mon grand-père avait bâtie, était en bardeaux de cèdre et a brulé. Mais mon père l’a rebâtie » raconte Richard. Et comme toute bonne cabane à sucre du milieu du XXe siècle, la modernité des machineries appartenait encore au futur. « Je me souviens, quand j’étais jeune, on ramassait l’eau d’érable avec les chevaux. Le cheval là, contrairement au tracteur, quand il décide d’avancer, ça avance. Y s’en est bin renversé de l’eau d’érable. Quand ça décolle, ça décolle. Ça fait que « wouff ». Le branlement de l’eau dans le fond de la tobe, ça faisait « flick-e-flack ». Aweille toé l’eau à terre ! » se souvient Richard en riant. « Aussi, quand on était jeune, on revenait de l’école pis on sautait dans nos bottes et on venait ramasser l’eau d’érable et donner un coup de main, si on peut dire » conclue-t-il. Le travail et le goût de l’érable c’est de famille pour les Boucher. « On dirait qu’on a ça dans le sang. Je ne sais pas, on est venu au monde comme si on était tombé dedans. Un peu comme Obélix. » répond Richard. L’essence de l’érable, c’est ancré en eux. « On avait toujours, 365 jours par année, du sirop d’érable sur la table. C’était une norme pour nous! » ajoute Claire. Elle raconte d’ailleurs à quel point ça « « grouillait » toujours de monde » tant dans la demeure familiale qu’à l’érablière. Famille et ami.e.s étaient toujours de la partie. Parce que si, comme le chantait Albert Viau en 1941, « on n’est jamais de trop pour goûter au sirop », on n’est aussi jamais de trop pour ramasser les chaudières d’eau… « d’éra-a-ble ». Comme quoi que, faire les sucres, c’est rassembleur. C’est une source de bonheur et ça a toujours un p’tit goût de souvenir, un p’tit quelque chose de familial… voire de national. Parce que si le sirop d’érable ramène des souvenirs à Claire et Richard, il en ramène toujours et contribue à en créer de nouveaux aujourd’hui pour de nombreux Québécois et Québécoises. —– Merci infiniment à Simon Piotte, Patrice Plouffe et Clara Bonnes de la Ferme du Loup pour l’accueil et la dégustation de leurs produits!

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