Eh oui, malheureusement encore aujourd’hui en 2026, les mythes sur les agressions à caractère sexuel sont nombreux et persistants! Par exemple :
- « C’est sûr qu’habillée comme ça …elle courait après l’agression! »
- « S’il avait protégé son verre comme il faut, il ne se serait pas fait intoxiquer! »
- « Si elle n’avait pas aimé ça, elle se serait débattue ».
- Etc.
Des phrases comme celles-ci, on les entend encore bien trop souvent! Et elles ont un point commun : elles véhiculent des idées qui, en plus d’être inexactes, contribuent à banaliser les agressions sexuelles et à culpabiliser les personnes qui les subissent.
Démêlons le vrai du faux en nous attaquant à trois mythes particulièrement tenaces!
Mythe 1 : Une véritable victime se débat ou crie pour montrer qu’elle ne consent pas.
Face à une agression sexuelle, on imagine souvent qu’une personne va crier, se débattre ou tenter de fuir. La réalité est tout autre.
En effet, plus de 70% des personnes ayant vécu un épisode de violence sexuelle auraient tendance à figer plutôt qu’à combattre (Moller et Coll, 2017). Face à un danger soudain, le cerveau peut automatiquement mettre le corps sur « pause » avant même que la personne victime ait le temps de réfléchir. Figer est donc une réaction de survie involontaire, au même titre que fuir ou se défendre. En quelques fractions de secondes, le cerveau analyse ses options et, dans la majorité des cas, il jugera que l’option la plus sécuritaire est de ne rien faire.
Figer n’est donc pas un choix, ni un signe de consentement.
Mythe 2 : Le GHB est la drogue du viol.
Lorsque l’on pense à drogue du viol, on pense spontanément : GHB. Et pourtant … La vraie drogue du viol est une substance bien plus banale, courante et acceptée socialement : l’alcool.
Mais pourquoi l’alcool est la véritable « drogue du viol »? Cela s’explique par le fait que l’alcool est omniprésent dans notre culture. Il est associé aux célébrations, aux festivités, au plaisir partagé entre amis et bien plus. Cette normalisation de l’alcool dans plusieurs contextes de la vie peut rendre difficile la perception des dangers qu’il peut représenter entre de mauvaises mains. Ce mélange d’acceptation sociale et de disponibilité fait, malheureusement de l’alcool un outil de prédilection pour les personnes auteures d’agressions à caractère sexuel.
Mythe 3 : La plupart des personnes qui agressent sexuellement sont des individus dont la sexualité n’est pas comblée.
Une agression sexuelle n’a aucun lien avec la notion de désir sexuel, il s’agit en fait d’un désir de contrôle, de pouvoir sur la personne victime.
Selon le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (2003), environ 95% des personnes agresseuses ont régulièrement des relations sexuelles hétérosexuelles avec une partenaire consentante. Cette statistique nous permet de comprendre que, dans la très grande majorité des cas, les besoins sexuels de la personne sont comblés.
Si l’on ajoute à ce constat le fait que plus de 8 victimes sur 10 connaissent leurs agresseurs (INSPQ, 2022), il est possible de venir à la conclusion que les agressions sexuelles sont commises dans une optique de prise de contrôle et de pouvoir. En agressant une personne proche, la personne qui agresse possède plus de prise pour exploiter les vulnérabilités de la victime.
Par exemple :
- « Si tu en parles tu vas briser la famille »;
- « Personne ne te croira »
- etc.
Ce contexte fait en sorte que briser le silence devient encore plus ardu pour les victimes.
L’impact des mythes sur les victimes
En somme, ces trois mythes ont quelque chose en commun : ils cherchent encore à expliquer ce que la personne victime aurait pu ou dû faire autrement. Pourtant, la responsabilité d’une agression sexuelle revient à la personne qui la commet, point.
Déconstruire ces mythes, c’est apprendre à mieux comprendre les réactions, les contextes et les dynamiques de pouvoir dans lesquels s’inscrivent les agressions sexuelles. Et surtout, c’est contribuer à une société où l’on croit, soutient et accompagne les personnes victimes plutôt que de les culpabiliser.








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