Photo : Nathalie Lévesque et Véronique St-Onge avec son petit dernier, Tom, âgé de un an.

Lancé en avril dernier, le projet Champs d’artistes est une initiative de La Boîte interculturelle. Ce projet socioculturel vise à tisser des liens entre des producteurs et productrices agricoles ou des spécialistes en plantes médicinales (petites et moyennes entreprises) et des artistes de divers horizons issu-es d’une minorité visible. Champs d’artistes est soutenu par le gouvernement fédéral dans une optique de lutte contre le racisme et, du même coup, de promotion du multiculturalisme. Afin d’en apprendre davantage, La Gazette a visité la Fermette du Joualvert, à Saint-Adelphe, en compagnie de sa copropriétaire, Véronique St-Onge, également participante au projet, ainsi que de l’instigatrice du projet, Nathalie Lévesque, fondatrice et directrice générale de La Boîte interculturelle.

Rencontres inattendues

Concrètement, le projet compte six artistes issu-es de la diversité culturelle jumelé-es avec six agriculteur-trices, maraîcher-ères ou herboristes. Il vise deux grands objectifs essentiellement relatifs à la rencontre et à la diffusion. 

Comme l’explique Nathalie Lévesque, « le premier but est que les personnes jumelées puissent, en deux jours, se connecter, dialoguer, trouver des similitudes, des différences, apprendre l’une sur l’autre ». En d’autres termes, comprendre la réalité de l’autre. Les rencontres des duos seront documentées sous forme de capsules vidéo. Des rencontres communautaires seront également organisées afin d’offrir un espace de discussion. En ce qui concerne le second objectif, Nathalie Lévesque précise que La Boîte interculturelle désirait « sortir les arts et la culture des grands centres et les amener dans des milieux ruraux ».

Les six jumelages se feront dans plusieurs régions rurales ou éloignées du Québec. La directrice générale souligne d’ailleurs qu’il s’agit d’une des particularités du projet ; elle ajoute que l’accès à l’art est un défi en milieu rural. « On peut tous aller voir des festivals, mais l’occasion d’échanger avec quelqu’un, de se connecter à un autre niveau que de voir quelqu’un sur une scène, je pense que ça apporte beaucoup. Et je pense aussi que pour le projet, ce sera intéressant, car dans les arts il y a tout un rythme », affirme-t-elle. Véronique St-Onge renchérit en disant à la rigolade « qu’on est loin de la petite mallette et du rythme effréné de la ville ».

Des participant-es d’ici

Les rencontres se dérouleront entre juillet et septembre 2024. La Boîte interculturelle ira donc dans plusieurs coins du Québec, dont Saint-Roch-des-Aulnaies et à Saint-Onésime-d’Ixworth, dans le Bas-Saint-Laurent, ainsi qu’à Lejeune, au Témiscouata.

L’organisme à but non lucratif sera également présent en Mauricie, soit à Saint-Adelphe dans la MRC de Mékinac et dans la communauté abénaquise d’Odanak. Dans celle-ci, la cheffe marocaine Maha Bensouda est jumelée à Jacques T. Watso, Abénakis d’Odanak, propriétaire de l’entreprise Sagamité Watso et du café Watso. Ensemble, il-elle tenteront de réaliser une recette regroupant des éléments de leurs cultures respectives. Le duo se rencontrera les 7 et 8 septembre prochain.

À Saint-Adelphe, on réunit l’artiste multidisciplinaire mexicaine Lucero et la maraîchère et autrice Véronique St-Onge ainsi que sa famille. Elles se retrouveront dans la sympathique fermette autosuffisante appartenant à Mme St-Onge et à son conjoint. Avec ses quatre enfants, le couple fera visiter son élevage et partagera son expertise avec l’artiste mexicaine. La « fermière » ne cache pas son enthousiasme, même si les deux femmes ne se sont jamais rencontrées et n’ont même pas encore échangé : « C’est vraiment par curiosité et j’ai juste été emballée à l’idée d’accueillir une personne étrangère, de voir ce qu’on pourrait créer, car moi aussi, j’ai une fibre assez artistique. J’ai toujours dessiné et j’ai écrit un livre. Donc, pouvoir partager ce petit paradis-là avec une personne qui ne connaît rien de notre réalité et lui montrer quelque chose de sûrement totalement différent de ce qu’elle connaît, puis de voir à quoi on peut arriver, avec elle, ses passions et ses connaissances. » Mme St-Onge est impatiente de voir le produit final et d’en apprendre sur une autre culture. Les deux femmes formeront duo les 21 et 22 septembre prochain. 

La Boîte interculturelle

« Cela mijotait depuis longtemps, parce que j’ai lancé mon premier projet en 2016 : des musiciens autochtones du Canada dans le désert du Sahara. J’ai toujours été dans le milieu des arts, j’ai travaillé dans le monde de la musique pendant des années et je voulais vraiment essayer de trouver des connexions, des similitudes, mais ce que je voulais principalement, c’est amener les gens à vivre la réalité de l’autre », explique la fondatrice de La Boîte interculturelle, Nathalie Lévesque. Ainsi, depuis 2018, l’organisme conçoit des expériences uniques d’échange et de partage grâce à l’art et à la culture. En collaboration avec des artistes et des partenaires engagé-es, elle cherche à renforcer et à créer des liens entre les communautés. Les projets qu’elle élabore et dirige visent à promouvoir la cohésion sociale, à combler les fossés culturels et à permettre à des personnes de divers horizons de nouer des liens.

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