Jean-François Veilleux, mars 2016

Omer Héroux vers 1935

Au cours de sa vie d’écrivain, Omer Héroux a utilisé au-delà de 70 pseudonymes : Jean Beauchemin, Prosper Bellehumeur, Jacques Blonville (nom du village dont les Héroux sont originaires en Normandie), Humanitarius, Rodolphe Ladouceur, Prosper Lapatrie, Charles Lefranc, J. Mondou, Alex Masson, Jean Richard. » Le voici pris en photo vers 1935.

Mars 1903 : Fondation de la Ligue Nationaliste canadienne par le fils d’Émilie Barthe, Armand Lavergne (également petit-fils du patriote trifluvien Joseph-Guillaume Barthe), avec Olivar Asselin et Omer Héroux. Ce dernier, originaire de la Mauricie, fait partie de ces rares gens très engagés dans leur milieu et dans la presse. Mais qui était-il?

Né à Saint-Maurice dans le comté de Champlain, le 8 septembre 1876, Omer Héroux est le fils aîné de Louis Dolor Héroux et d’Adélaïde Neault (descendante d’Acadiens déportés en 1755). Il étudie chez les Frères des écoles chrétiennes de Yamachiche puis au Petit séminaire de Trois-Rivières, ville d’origine de son ancêtre né deux siècles plus tôt. C’est là qu’il débute sa carrière de journaliste le 7 mars 1896 : il devient rédacteur au journal Le Trifluvien et collaborateur anonyme à la revue hebdomadaire Le Mouvement catholique, deux publications appartenant à P-V Ayotte, jusqu’à son départ pour Montréal à l’été 1900.

Marié en premières noces le 29 octobre 1904 à Alice Tardivel (fille du héraut du nationalisme canadien-français Jules-Paul Tardivel), avec qui il aura une fille, Lucie, il devient veuf en juin 1908, puis à nouveau en 1923. S’ensuit un troisième mariage en 1924.

À Montréal, il collabore successivement aux périodiques Le Journal, Le Rappel d’Aegidius Fauteux, Le Pionnier et La Patrie (il y devient correspondant parlementaire en 1903). Puis, à Québec, il collabore à L’Action sociale et à La Vérité (de 1904 à 1907), journal de son beau-père auquel il continue de collaborer régulièrement jusqu’à son entrée au Devoir, en 1910, où il anime la rédaction avec Louis Dupire et Georges Pelletier.

En 1903-1904, il devient alors secrétaire avec Armand Lavergne (1880-1935) de la Ligue nationaliste du journaliste polémiste Olivar Asselin (1874-1937), un regroupement anti-impérialiste dont le but est de promouvoir la complète autonomie du Canada face à la Grande-Bretagne et à l’Empire britannique. Asselin, l’animateur de ce nouveau mouvement dans la région de Québec, va également fonder l’année suivante le journal Le Nationaliste.

Journaliste, administrateur, membre de plusieurs associations citoyennes au Québec, Omer Héroux contribua entre autres à fonder en 1904 l’Association catholique de la jeunesse canadienne-française. Il participe aussi en 1913 à la fondation de la Ligue des droits du français et deviendra le premier directeur de sa revue, L’Action française (1917-1921) devenue aujourd’hui L’Action nationale. Enfin, par l’entremise des syndicats, il aide à s’épanouir les ouvriers, les agriculteurs, la jeunesse et les coopérateurs (Desjardins).

L’un des principaux collaborateurs d’Henri Bourassa, auquel il succède officiellement en 1932 comme rédacteur en chef du Devoir, Omer Héroux consacra sa carrière journalistique à la défense des minorités françaises du Canada et des États-Unis. Il partageait cet esprit de lutte en faveur de la survivance canadienne-française tant au Canada qu’en Louisiane.

Au début des années 1950, la maladie le mène graduellement à abandonner le Devoir, avant de prendre sa retraite en 1957. Il décède à Outremont, à l’âge de 86 ans, le 3 mai 1963.

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