Afin de souligner le lancement de la série de balados Sous ma carapace, une soirée de visionnement et de présentation a été organisée dernièrement dans les locaux de La Gazette de la Mauricie. Les participant-es étaient présent-es avec leurs familles, accompagné-es de représentant-es du milieu communautaire, d’intervenantes, de partenaires ainsi que de membres de la communauté et de représentant-es de la Ville de Trois-Rivières. Devant l’ampleur de la participation, la salle s’est rapidement remplie et l’accueil réservé au projet a été particulièrement chaleureux. Tout au long de la soirée, le public est demeuré extrêmement attentif aux témoignages diffusés à l’écran, dans une atmosphère empreinte d’écoute, de respect et d’émotion.
Cette série de balados a été créée par l’organisme Anna et la mer et réalisée par La Gazette. Le projet, rendu possible grâce au soutien financier de la Ville de Trois-Rivières, donne la parole à des jeunes vivant au quotidien avec la réalité de la maladie mentale au sein de leur famille ou de leur entourage proche.
À travers les différents épisodes, les participant-es abordent avec sincérité des réalités comme le trouble de personnalité limite, la dépression, le TDAH et plusieurs autres problèmes liés à la santé mentale. Mais, au-delà des diagnostics et des définitions, Sous ma carapace parle surtout des impacts humains qui viennent avec ces réalités : les tensions familiales, les silences, les inquiétudes, les responsabilités prises trop jeunes, mais aussi l’adaptation, la résilience et l’entraide. Les nombreux témoignages des participant-es y sont touchants.
Annabelle et Béatrice abordent avec franchise cette impression que certaines tensions ont fini par sembler « normales » à force de les vivre au quotidien. « Quand on était jeunes, on pensait que c’était normal. »
Arthur décrit quant à lui le TDAH de l’intérieur : les pensées qui tournent sans arrêt, les difficultés d’attention et cette impression d’avoir constamment un hamster qui roule dans sa tête. Malgré tout, il explique aussi comment l’humour devient parfois une manière d’alléger le poids de certaines réalités : « En rire, ça enlève beaucoup de poids. »
Chelsey raconte comment la dépression vécue par son père l’a amenée à prendre très jeune des responsabilités auprès de son frère et de sa sœur. « Quand j’étais chez mon père, je devais être comme l’adulte. »
Jasmine parle avec beaucoup de lucidité des impacts du trouble de personnalité limite sur le quotidien familial et sur la manière dont certaines réalités viennent tranquillement modifier les comportements et les émotions. « On a appris à se taire, à réfléchir avant de parler et aussi à écouter plus qu’à agir. »
À travers le projet, les intervenantes rappellent également l’importance de créer un espace sécuritaire où les jeunes peuvent enfin mettre des mots sur ce qu’ils-elles vivent. Audrey Dauphin, coordonnatrice, explique que l’objectif d’Anna et la mer est d’offrir un milieu de vie accueillant où les jeunes réalisent qu’ils-elles ne sont pas seul-es à subir certaines réalités difficiles.
Séréna Mailhot, intervenante, souligne pour sa part l’importance des liens créés grâce aux rencontres et l’impact concret que peut avoir un simple moment d’échange dans le parcours d’un-e jeune : « Une heure et demie dans une journée peut changer la donne. »
Fondé à partir du livre Anna et la mer, de Rebecca Heinisch, l’organisme accompagne depuis près de 20 ans les jeunes de 7 à 17 ans dont un-e membre de leur famille ou un-e proche vit avec un trouble de santé mentale, en leur offrant un milieu de vie sécuritaire, des ateliers, du soutien ainsi que différentes activités favorisant l’écoute, l’expression et le développement personnel.
Les propos exprimés dans cette série reflètent le vécu et les opinions personnelles des jeunes participant-es et ne constituent pas des avis médicaux ou psychologiques. Cette démarche vise avant tout le partage d’expériences dans un contexte de sensibilisation, d’écoute et de soutien, sans intention de porter préjudice à quiconque.
Les épisodes de Sous ma carapace seront diffusés sur les plateformes balados ainsi que sur le site de La Gazette. Une invitation à écouter avec ouverture, à mieux comprendre des réalités souvent vécues dans l’ombre, et à entendre la voix de jeunes qui ont choisi de transformer leur vécu en dialogue, en compréhension et en possibilité d’entraide.









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