Suggestions de nos libraires – Librairie Poirier – avril 2021 

Chasseur au harpon, Markoosie Patsauq, Éditions Boréal

Considéré comme le premier roman en inuktitut jamais publié, Chasseur au harpon raconte, entre autres, la traque d’un animal dans le vaste et redoutable paysage nordique. Lorsqu’un ours attaque le village, les chasseurs sont convaincus que celui-ci est malade et qu’il doit être tué, au risque de contaminer d’autres animaux. Kamik, fils de Salluq, accompagnera les chasseurs dans cette quête. Paru initialement il y a 50 ans, ce livre est revisité grâce à la première traduite à partir du texte original. La lecture en est d’autant plus intéressante, car cette traduction lui donne un style remarquable. Bien que cette aventure ne compte qu’une centaine de pages, les épreuves se multiplient pour créer une épopée grandiose. Bien que le vocabulaire employé puisse paraître simple, son utilisation rappelle un conte dont la complexité relève de la morale qui en est dégagée. La préface, la postface ainsi que la note des traducteurs ajoutent beaucoup à la compréhension plus globale de l’oeuvre. Ceux-ci permettent de connaître le contexte dans lequel le manuscrit original a été écrit et d’en savoir davantage sur l’auteur. Ces éléments sont nécessaires pour comprendre l’amplitude et l’impact que ce livre représente. Je le conseille à tous ceux qui ont soif de dépaysement, tant pour le type d’environnement que le type d’écriture.

par Laurence Grenier, Librairie Poirier

LAPIN, Mona Awad, La Shop, Québec Amérique

L’autrice, originaire de Montréal, nous présente la sombre histoire de Samantha. Étudiante en littérature dans une prestigieuse école, la jeune femme, lassée par son manque d’inspiration pour terminer son mémoire, rejoint les « lapins ». Quatre étudiantes de familles riches, très proches les unes des autres, un mélange entre sororité et secte. Elles se donnent elles-mêmes le surnom affectueux de « Lapin ». Identifiées par des qualificatifs stéréotypés : Cupcake, Vignette, Poupée creepy et Duchesse, elles représentent tout ce que Samantha déteste. La superficialité, la richesse et la prétention. Pourtant, elle désire tellement l’acceptation de ses pairs qu’elle accepte et sombre dans un quotidien troublant greffé de gaminerie. Une oppression et une lourdeur accompagnent chaque commentaire des « lapins ». Leur jugement influence Samantha et elle s’éloigne rapidement de sa seule amie. Les quatre inséparables partagent avec elle leur propre procédé de création animé par l’envie de briser les limites expérimentales et même la réalité.

Dans ce roman, l’utilisation d’un vocabulaire entourant le monde animal et la présence de ceux-ci est maitrisée à la perfection. Sa lecture étourdissante par les dialogues mentaux du personnage principal nous rapproche de celui-ci et de sa perception embrouillée. L’autrice se démarque par son approche horrifique par la syntaxe, les dialogues et son originalité.

Par Katrine Winter, Librairie Poirier

Mon (jeune) amant français, Josée Blanchette

Jeanne et Romain se rencontrent dans une soirée dansante. Le magnétisme est instantané, l’attirance est forte. C’est de cette façon que s’entame leur relation, tantôt exaltante, tantôt accablante. Leur différence d’âge crée un fossé, elle marque une séparation où se situe l’expérience et les préjugés. Mais c’est à travers ces écueils que Jeanne se réapproprie sa liberté. Faisant suite à un épisode de divorce traumatique, cette nouvelle fréquentation se révèle comme une occasion de redécouvrir sa féminité à travers des élans passionnels jamais connus auparavant.

Romain est inspiré par la confiance et la désinvolture qui se dégagent de Jeanne, mais il offre un amour calculateur, fidèle à son esprit mathématicien, il se refuse à l’abandon complet. Ce qui incitera son amante à explorer l’ensemble des possibilités qui s’offrent à elle, flirtant avec le polyamour et le monde des millennials. Entre un voyage à Paris, une excursion dans sa Gaspésie natale, une cérémonie d’ayahuasca et les festivités d’Osheaga, la narratrice nous partage ses intuitions et réflexions, teintées d’une maturité profonde et spirituelle, mais vive et allumée.

Ce premier roman de Josée Blanchette est hédoniste, et sensible. Il nous fait balader d’une génération à l’autre, entre le mathpunk et les vieilles chansons françaises, le bdsm et les bons champagnes.

par Laurence Primeau, Librairie Poirier

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