Huit sujets ont été abordés lors de la séance du 18 août dernier, une question par sujet étant posée par une ou un représentant-e de chaque organisme du regroupement organisateur de l’événement. Les grandes lignes des discussions sur trois de ces sujets (protection des milieux humides, protection du boisé des Estacades et le projet résidentiel du Marthelinois) sont dans un premier texte que vous pouvez lire dans l’édition papier de septembre du journal, disponible aussi en ligne.
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Rappelons que les candidats présents étaient Jean-Claude Ayotte, Dany Carpentier, Jonathan Bradley et Jean-François Aubin. Selon les informations qui nous été fournies par les responsables de l’événement, la seule candidate féminine pour l’instant, Pascale Albernhe-Lahaie, ne pouvait être présente pour des raisons familiales.
Voici donc ce qui ressort des propos tenus par les candidats sur les cinq autres thèmes abordés lors de cette séance citoyenne qui a duré plus de deux heures. Les commentaires des candidats sont présentés par ordre alphabétique de leur nom de famille.
La lutte aux îlots de chaleur dans les Premiers quartiers
« Il faut reverdir notre planète. » Dany Carpentier
Tous les candidats s’entendent pour dire que les îlots de chaleur constituent des problèmes importants et que leur déminéralisation est vitale.
Plus spécifiquement, M. Aubin n’y voit pas de grands remèdes, mais propose de répondre aux îlots de chaleur par des îlots de fraîcheur : mini-parcs, arbustes, boisés, bassins d’eau. Il veut aussi relancer le programme des ruelles vertes et accélérer la plantation d’arbres.
MM. Ayotte et Bradley prônent aussi la déminéralisation de terrains, comme le stationnement de la bibliothèque Maurice-Loranger, qui serait prioritaire pour M. Ayotte. Ce dernier répète vouloir un conseiller ou une conseillère responsable des dossiers de l’environnement qui pourrait mettre de la pression sur les gouvernements provincial et fédéral pour financer les infrastructures. M. Bradley, lui, veut un plan de verdissement qui cible prioritairement les zones vulnérables et, à l’instar de M. Aubin et de M. Carpentier, il opte pour la plantation d’arbres à grande échelle. Il souhaite une mise à jour des règlements d’urbanisme qui exigerait, pour les nouveaux projets, un plan de verdissement beaucoup plus important que ce qui existe actuellement.
L’interdiction du chauffage au gaz dans les bâtiments
« Je suis contre les interdictions qui pénalisent nos citoyens. » – Jean-Claude Ayotte
Ce thème n’a pas vraiment été le point chaud de la soirée. Les candidats jugent irréaliste de vouloir tout convertir pour éliminer le chauffage au gaz, sauf M. Aubin, qui estime la facture à 2 millions de dollars et qu’à raison de 500 000 $ par année, on pourrait y arriver en quatre ans pour les bâtiments appartenant à la Ville.
Par ailleurs, M. Ayotte se dit contre les interdictions qui pénalisent les citoyens et citoyennes et M. Bradley prône une mise à jour des normes pour les nouveaux projets immobiliers. Il donne l’exemple de l’organisme COMSEP, qui a une très grande bâtisse sur la rue Saint-François-Xavier, et se dit à peu près certain que le chauffage est au gaz, mais que le convertir à l’électricité n’est pas réaliste à court terme. Il faut respecter la capacité de changement.
Le point de vue de M. Carpentier quant au réalisme de tout convertir à court terme est semblable à celui de M. Ayotte. Il souligne de plus que la Ville souhaite réduire de 50 %, d’ici 2030, ses émissions et être carboneutre d’ici 2050. Il s’engage donc à déposer à l’ordre du jour un règlement en ce sens pour les nouvelles constructions.
La mise en place de mesures pour contrer la surconsommation
« On doit aussi exercer un leadership en matière d’achats municipaux responsables. » – Jonathan Bradley
Pour contrer la surconsommation, M. Aubin mise sur l’économie circulaire et donne l’exemple d’Environnement Mauricie qui, selon lui, effectue un travail remarquable en ce sens. « Il serait temps que la Ville de Trois-Rivières embarque là-dedans. »
Les trois autres candidats sont d’accord pour dire que la Ville devrait donner l’exemple à ce chapitre. Pour M. Ayotte, plusieurs édifices et terrains sont sous-utilisés, ce qui constitue une forme de gaspillage collectif. Il veut libérer du terrain pour une conversion en logements, des incubateurs d’entreprises ou des locaux pour les organismes communautaires, entre autres.
M. Bradley, pour sa part, souhaite soutenir les entreprises trifluviennes qui réparent, recyclent et valorisent des produits. Il veut de plus encourager les achats locaux pour réduire l’empreinte environnementale et renforcer l’économie locale, améliorer le réseau de transport en commun et le réseau cyclable. Et il faut du leadership en matière d’achats municipaux responsables, mentionne-t-il.
Pour M. Carpentier ce sont des initiatives de partage comme l’emprunt d’outils – « […] pourquoi pas une bibliothèque d’outils ? » Ou comme La Shop à réparer (Environnement Mauricie) : « […] il faut continuer ça, et idéalement, le faire plusieurs fois par année. » Ou encore comme L’Accorderie, à Shawinigan, un réseau d’échanges de services entre individus.

Photo : Dominic Bérubé / © La Gazette de la Mauricie et des environs
La réglementation sur l’usage des pesticides
« Je ne crois pas que la Ville doit multiplier les règlements ou s’ingérer dans les cours arrière des citoyens et des citoyennes. » – Jean-Claude Ayotte
MM. Aubin, Bradley et Carpentier sont tous d’avis que des quartiers sains et sécuritaires sont essentiels, et que l’usage des pesticides, surtout à des fins esthétiques, doit être contrôlé, voire réglementé. M. Carpentier verrait un règlement obligeant la demande d’un permis pour utiliser un pesticide à usage esthétique. De nombreuses municipalités l’ont déjà fait, c’est à la portée de Trois-Rivières.
M. Bradley veut sensibiliser, éduquer et conscientiser les citoyen-nes de Trois-Rivières. Il s’engage même à ce que la Ville donne l’exemple sur ses terrains municipaux, point de vue partagé par M. Ayotte.
M. Ayotte, cependant, ne croit pas que la Ville doit être trop interventionniste et abuser des réglementations. Le rôle d’une Ville, c’est plutôt de donner l’exemple sur ses propres terrains, d’informer les citoyens sur les alternatives aux pesticides et d’appuyer les organismes qui font de la sensibilisation.
La protection des milieux humides du parc industriel Carrefour 40-55
« Il ne faut pas opposer le développement économique et la protection environnementale. » – Jonathan Bradley
D’entrée de jeu, M. Aubin prend deux engagements. Le premier, c’est que le projet de développement du parc industriel 40-55 n’aille pas plus loin. Pour lui, finie la destruction des milieux humides. Le deuxième est de ne pas reculer face aux bons projets de développement industriel. Parce qu’il y a d’autres endroits que les milieux humides pour les réaliser. Il y a des terrains orphelins dans les parcs industriels et des espaces vacants qui existent hors des parcs industriels. Il y a des solutions.
L’avis de M. Ayotte est semblable. Les milieux humides sont essentiels pour prévenir les inondations, protéger notre biodiversité et assurer la qualité de vie dans nos quartiers. Il s’engage à mettre un terme à ce projet dans sa forme actuelle et à demander à la Ville de refaire ses devoirs. Développer Trois-Rivières, oui, mais de façon responsable, en respectant à la fois les gens et notre environnement.
Même son de cloche pour M. Bradley. Il dit s’être déjà engagé à ce que toute la zone restante du Carrefour 40-55 soit préservée – 264 hectares – et à la léguer à la Fondation Trois-Rivières durable. Pour l’avenir, on ne touche plus à ce restant de terre qui est de grande qualité. « Mais comme maire, comme conseiller, il ne faut pas opposer le développement économique et la protection environnementale », ajoute-t-il.
Enfin M. Carpentier insiste sur le fait que la taxe résidentielle a une grande place dans les revenus de la Ville. Pour ne pas alourdir le fardeau des taxes foncières des résident-es, il faut davantage de revenus en provenance de l’industriel. Il s’engage à développer ces nouveaux revenus, mais se dit aussi d’accord avec M. Bradley sur l’idée de protéger le reste du Carrefour, parlant même de l’aménager (sentier, passerelle) et de le valoriser.
Les élections municipales auront lieu le dimanche 2 novembre 2025. Les éventuel-les candidat-es peuvent déposer officiellement leur candidature à partir du 19 septembre et jusqu’au 3 octobre 2025.
On ne peut dire si, au moment de l’élection, il restera toujours cinq candidat-es à la mairie. Mais, dans les semaines à venir, ces aspirant-es à la mairie ne manqueront pas d’occasions de donner leur opinion sur le développement économique, les problèmes d’itinérance et des sans-abris, le transport en commun, le réseau cyclable, la vie culturelle, l’accessibilité au logement ou encore les taxes municipales (qui sont particulièrement élevées à Trois-Rivières).
À suivre donc, avec grand intérêt et pour le bien commun !






