Luc Massicotte, septembre 2021

À L’ouverture de cette campagne électorale, Jean Lamarche, maire depuis seulement 2019, convoite un renouvellement de mandat.  Les maires et les mairesses en exercice se font rarement « montrer la porte » par les électeurs. Or, la situation de la course à la mairie de Trois-Rivières est particulière. Le maire Jean Lamarche n’est en fonction que depuis 2019 alors qu’il remportait l’élection partielle pour le siège qu’avait laissé vacant Yves Lévesque à mi-mandat.  Jean Lamarche a composé avec la situation pandémique pour le plus clair de son court mandat. Trois chantiers permettraient peut-être à Jean Lamarche de conserver son titre.

Démontrer qu’il porte une vision pour l’avenir

Parmi ses stratégies de campagne, «Jean» voudra se présenter comme un maire établit, évoquant un certain bilan et une familiarité avec les électeurs. On admettra qu’il a eu peu l’occasion de déployer son programme et ses engagements de 2019. Il promettait notamment d’investir 200 000 dollars pour un projet d’incitatif d’achat de vélos électriques, programme qui n’existe toujours pas à ce jour. À sa décharge, l’univers collectif a basculé.

L’électorat voudra savoir s’il a une vision pour les quatre prochaines années. La présentation d’un programme solide sera nécessaire pour que les citoyens puissent anticiper les priorités du maire. Lors de la campagne de 2019, le contenu de ses engagements semblait mince, mais il n’avait jamais été élu. Maintenant qu’il est au cœur du pouvoir politique, son programme doit refléter sa connaissance des dossiers et des priorités pour Trois-Rivières.  Son slogan affiché, Ensemble pour la relance, devra s’incarner par un programme étoffé. Cela pourrait s’avérer être une carte payante à jouer pour corroborer sa prétention de maire établi, en plus de le différencier de son adversaire. À l’inverse, un programme faible pourrait semer le doute chez les électeurs.

Tisser des alliances

La question de l’urne de l’élection partielle de 2019 fut celle du climat à l’Hôtel-de-Ville. Après deux ans de cohabitation avec les conseillers élus depuis 2017, l’impression que la «chicane» se perpétue au conseil est tenace, malgré que Jean Lamarche se soit rapproché des conseillers, comparativement au clivage qui existait sous l’ancienne administration. Mais il a fait miroiter sa capacité à rassembler. Durant cette campagne, il sera intéressant de savoir si des élus lui donneront leur appui ou du moins, auront de bons mots pour lui. D’autant que plusieurs ne sollicitent pas un autre mandat. Les Trifluviens apprécient un maire fort, mais également le sentiment que le travail d’équipe est possible. Cela commence par la posture du maire. Un appui formel (ou deux) serait une bénédiction. D’autant que Luc Tremblay s’est ouvertement prononcé en faveur de son opposante Valérie Renaud-Martin.

Mobiliser les électeurs satisfaits

Jean Lamarche s’affaire à s’approprier tous les bons coups possibles (la résilience de l’équipe ville durant la pandémie, l’inauguration du Colisée, etc.). C’est de bonne guerre.

Dans une élection dont le taux de participation pourrait être très faible, il aura la lourde tâche de convaincre les gens qui jugent que les choses vont relativement bien à Trois-Rivières de se rendre aux urnes le 7 novembre. Sans ferveur, faire son devoir de citoyen peut être relatif pour certains. Or, il est plus aisé de « faire sortir le vote » des gens fâchés et des contestataires que celui des gens satisfaits. Jean Lamarche compte sur leur appui pour l’emporter. Son narratif de campagne doit justifier à l’électeur «confortable» pourquoi son vote est important; et gageons que pour cela il voudra dépeindre négativement Valérie Renaud-Martin. Si les gens satisfaits restent à la maison, madame Renaud-Martin, quant à elle, ne manquera pas de mobiliser les insatisfaits.
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Jean Lamarche n’aura pas le luxe de faire une campagne sur les talons. Il a mainte fois verbalisé son appétit pour le prochain mandat. Après les élections fédérales et en pleine 4e vague, ce sont peut-être les électeurs qui sont essoufflés. Il semble donc clair que le fardeau de la preuve revient à monsieur le maire.

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