échec à la guerre ukraine
Manifestation contre la guerre en Ukraine, à Montréal, réalisée le 6 mars dernier et organisée par le Collectif Échec à la guerre. Depuis l’automne 2002, le Collectif est constitué d’une coalition d’organismes de la société civile québécoise qui, préoccupés par la place grandissante de la guerre dans la politique étrangère canadienne et par la montée d’un discours officiel militariste au Canada, offre des activités de sensibilisation et d’éducation concernant les enjeux liés à la guerre et à la construction de la paix. Source : Page Facebook du Collectif.

Collaboration Comité de Solidarité/Trois-Rivières

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a déjà produit son cortège de morts, de destruction, d’horreur et de souffrances. S’il revient au peuple ukrainien de décider des sacrifices qu’il est prêt à faire pour résister à cette agression et des compromis acceptables pour y mettre un terme, que devrions-nous faire de notre côté face à cette réalité brutale ? Attiser la guerre ou favoriser la paix ?

La propagande n’est pas que russe

La couverture médiatique de la guerre en Ukraine a été inhabituelle. En nous montrant sa terrible réalité, jour après jour, le résultat a été immédiat : empathie profonde avec le peuple ukrainien et volonté immédiate de lui venir en aide. Mais comment ?

Parallèlement, une propagande de guerre typique s’est mise en branle, démonisant Poutine et la Russie, portant aux nues la résistance ukrainienne et son leader, exagérant les enjeux réels de la guerre, les déboires, l’ineptie et les pertes de l’armée russe. Il faut évidemment dénoncer l’agression de la Russie, sa violation du droit international, les atrocités commises, etc. Mais les leaders occidentaux ont poussé loin l’hypocrisie — avec la complaisance coutumière des grands médias — en nous présentant tout cela comme étant sans précédent. Alors que plus de 15 ans de leur guerre « contre le terrorisme » ont fait 929 000 morts directes et ont provoqué au moins 38 millions de personnes déplacées ou réfugiées, selon le Costs of War Project de l’Université Brown aux États-Unis. Sans parler de la torture à Guantanamo Bay, Abu Ghraib (Irak), Bagram (Afghanistan) et dans les nombreux sites secrets de la CIA. 

Rapidement, Poutine est devenu le nouvel Hitler, en train de commettre un génocide ; Zelensky, lui, a été transformé en héros, ses prestations étant orchestrées dans tous les parlements occidentaux, au Japon, en Australie, aux Grammy Awards, au Festival de Cannes, au Forum économique mondial de Davos, etc.

Le Canada y est allé de ses propres élans, présentant cette guerre comme « une menace immense pour l’Europe et pour le monde entier » (Justin Trudeau) et la victoire de l’Ukraine comme « une question existentielle pour l’Occident » (Mélanie Joly). Et le Parlement canadien d’adopter à l’unanimité une motion condamnant les « actes de génocide contre le peuple ukrainien ».

Une approche qui alimente la guerre et repousse les négociations

Moins d’un mois après le début de la guerre, les négociations entre l’Ukraine et la Russie pour y mettre rapidement fin semblaient progresser. Mais dès le 6 avril, cet horizon était bloqué, le secrétaire général de l’OTAN déclarant que la guerre pourrait durer des mois, voire des années.

Puis les États-Unis ont officialisé leur orientation, perceptible depuis le début, à savoir qu’ils visaient à affaiblir la Russie dans cette guerre, que Poutine « ne pouvait pas rester » et qu’il fallait armer l’Ukraine jusqu’à la victoire. Les plus proches alliés des États-Unis, dont le Canada, ont emboîté le pas.

Bref, l’Occident est dans cette guerre pour la durée, avec des dizaines de milliards « d’aide » mais avec l’Ukraine pour seul combattant.

Lire aussi : Qu’est-ce qui explique la faiblesse des relations internationales canadiennes ?

Des questions importantes

Plusieurs questions « difficiles » mériteraient d’être posées à nos dirigeants : sachant que les États-Unis n’accepteraient jamais, de la part d’une alliance militaire hostile, un principe de « porte ouverte » à leurs voisins (Canada ou Mexique), pourquoi s’entêter à l’imposer à la Russie ? Pourquoi les sanctions imposées contre la Russie réussiraient-elles, alors qu’elles n’ont jamais produit les résultats recherchés ailleurs (Irak, Iran, Venezuela, Cuba) ? Que signifie soutenir l’Ukraine jusqu’à la victoire : repousser la Russie hors du Donbass et de la Crimée ? Croit-on vraiment à tout cela en haut lieu ou n’est-ce qu’un jeu sordide pour l’avancement d’intérêts inavouables ?

L’urgence de favoriser la désescalade

L’Ukraine ne peut changer sa position géographique de voisine de la Russie, un pays qui possède presque la moitié des armes nucléaires de la planète. L’implication de plus en plus grande de l’OTAN dans cette guerre, en vue d’une défaite de la Russie, accroît considérablement le risque de dérapage vers une conflagration nucléaire qui menacerait la survie même de l’humanité.

La guerre en Ukraine aurait pu être évitée si les États-Unis et l’OTAN avaient accepté le compromis du non-alignement militaire de l’Ukraine. Tôt ou tard, des négociations sérieuses devront être engagées en vue d’un cessez-le-feu et d’un retrait des troupes russes, d’un accord politique, qui devra inclure ce point. Maintenant ou après combien de dizaines, voire de centaines de milliers de victimes supplémentaires ?

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