Éditorial du nouvel an – janvier 2022

Les membres de la table éditoriale de La Gazette de la Mauricie profitent de cette première parution de 2022 pour transmettre leurs souhaits politiques et sociaux aux lecteurs et lectrices du journal. Si ces souhaits se concrétisent, ce sera un pas de plus vers le bien commun.

Une année des milieux humides

Mariannick MercurePhoto : Étienne Boisvert

En environnement à Trois-Rivières, 2022 sera certainement l’année des milieux humides puisqu’on apprenait récemment que la Ville possédait un grand terrain abritant une tourbière, mais qu’elle comptait le transformer en parc industriel bientôt.

Encore une fois, on veut favoriser la croissance économique en balayant la science sous le tapis, alors que ces écosystèmes-là sont de précieux alliés dans la lutte contre les changements climatiques : ils sont les puits de carbone les plus puissants de la planète.

Sauf qu’il y a aussi de l’espoir dans ce dossier-là: des citoyens se mobilisent, des actions se préparent et surtout, des jeunes impliqués en environnement dans leurs écoles parlent d’en faire leur principal combat pour l’année à venir.

2022 sera assurément l’année des milieux humides dans la région. Assurons-nous que ce soit pour les bonnes raisons.

Marjolaine Cloutier

Une année de concertation

Je nous souhaite collectivement un monde plus juste, solidaire, inclusif et équitable.

Quelques Ingrédients de base incontournables pour bâtir ces communautés à visage humain ? L’écoute, l’échange d’expertises, la reconnaissance des besoins, la prise en compte de l’autre. Bref, la concertation.

Dans certaines régions des espaces ont émergé de cette crise, dans d’autres, comme en Mauricie, ceux-ci se sont consolidés. À travers des rencontres inclusives dès le printemps 2020, Développement Mauricie aura permis à une centaine de personnes de se rencontrer de façon hebdomadaire, d’échanger, d’informer et de tenter de résoudre ensemble ces défis majeurs occasionnés ou accentués par la pandémie. Élu.e.s, fonctionnaires, intervenant.e.s, professionnel.le.s de tous les milieux ont travaillé ensemble au bien commun.

Pourquoi ? Parce que touttt est dans touttt !!

Je nous souhaite donc collectivement un monde plus juste, solidaire, inclusif et équitable. Et pour y arriver, des espaces de concertation renouvelés. Le Développement des communautés, c’est toi, c’est moi, c’est NOUS !! Parlons-nous.

Une année de cohérence

par Marc Langlois

Pour l’année 2022, souhaitons-nous davantage de cohérence de la part de tous les paliers de gouvernement qui devront faire face à des problèmes socio-environnementaux complexes qui appellent à des solutions complexes. Il est temps de laisser les solutions « à la carte » – guidées par des logiques de croissance, d’efficacité, de compétition et de rentabilité – pour aller vers des solutions globales et concertées – guidées par la justice, l’équité, l’humilité, l’écoute, le respect et la coopération. Souhaitons-nous des projets structurants pour le bien commun, et non seulement pour le bien de la majorité ou même pour le bien d’une minorité. Ayons la sagesse d’aller au-delà des divisions et construisons sur des bases communes afin de vivre dans une société à l’image de notre diversité. Ayons le courage de revendiquer le pouvoir de décider ensemble. Parce que la transition c’est aussi changer de cadre, vers un cadre co-construit.

Jean-Claude Landry Gazette de la Mauricie

Jean-Claude Landry

Une année pour en finir des établissements « mammouth » en santé

Le ministre de la Santé affirme vouloir corriger les défaillances de notre système de santé mais sans toucher aux structures du ministère. Que nos ministres locaux, Sonia Lebel et Jean Boulet, le convainquent quand même d’en terminer avec les établissements « mammouth » que sont les CIUSSS et les CISSS pour revenir à des établissements de santé aux dimensions plus humaines (centres hospitaliers, CLSC et centres d’hébergement, centres Jeunesse…) dotés de directions locales pour une plus grand souplesse d’intervention, une plus grande proximité avec les populations desservies et une offre de service plus personnalisée. Et qu’en parallèle, soit mise à l’écart l’actuel mode gestion et une organisation du travail calquées sur l’entreprise privée axées sur le chronomètre et les statistiques de performance, ladite méthode Toyota. Permettre ainsi l’émergence d’un contexte de travail plus motivant et valorisant pour celles et ceux qui y travaillent en y donnant le meilleur d’elles et d’eux-mêmes.

Valerie Delage Gazette de la Mauricie

Valérie Delage

Une année sans dominer les autres

Plus que jamais les conséquences de la domination de groupes d’humains sur d’autres se révèlent au grand jour: mainmise des pays riches sur les vaccins (début de la 3e dose tandis que les pays les plus pauvres n’ont même pas encore atteint les 3% de la population vaccinée), domination des hommes sur les femmes, tristement symbolisée par les pas moins de 18 féminicides enregistrés en 2021, racisme systémique envers les communautés autochtones et les personnes racisées.  Sans même parler de l’exploitation des pays du Sud pour notre surconsommation, des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres qui ne cessent d’augmenter ou même de l’insatiable domination de l’humain sur la nature.

Alors en 2022, je nous souhaite de réaliser que nous n’avons pas besoin de dominer les autres pour être soi-même. Je nous souhaite de l’humilité, du respect, de la bienveillance et de la douceur, beaucoup de douceur…

Louis-Serge Gill

Une année pour la diversité des options en éducation

Le gouvernement caquiste n’a jamais caché son pragmatisme. En septembre 2021 nous apprenions qu’à l’occasion d’une rencontre avec le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI), soit les recteurs des universités québécoises, François Legault proposait d’orienter les Québécois.e.s vers les champs d’études « les plus payants », c’est-à-dire les « métiers » d’avenir. Finances, intelligence artificielle, génie : autant de domaines dont les étudiant.e.s bénéficieraient d’une aide financière supplémentaire.

Si l’on dénonce à juste titre une vision mercantile et utilitariste des savoirs en enseignement supérieur, l’idée que les institutions sabrent dans les programmes de sciences humaines et sociales, de même que dans les programmes liés aux arts, en fonction du financement reçu du gouvernement se révèle préoccupante.

Alors que la pandémie confirme la fragilité des services essentiels québécois, nous aurons besoin d’expertises issues d’une pluralité de domaines pour penser notre devenir collectif. Il faudra d’ailleurs que cette réflexion s’enracine dans une vision qui ne se limite pas qu’aux considérations économiques. En ce sens, en 2022, souhaitons un gouvernement qui nourrit une vision éducative qui ne dépende pas uniquement du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, mais qui émane aussi du ministère de l’Éducation et de celui de l’Enseignement supérieur.

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