Depuis le début de la pandémie, le sujet de la violence conjugale a pris plus de place dans le discours public alors que de trop nombreuses femmes ont été contraintes de rester dans une situation dangereuse. Or, il est plus important que jamais de rappeler que des ressources existent, et qu’elles sont accessibles.

Geneviève Marchand, coordonnatrice à l’intervention au centre d’hébergement la Maison de Connivence à Trois-Rivières, nous explique le processus qui se met en place dès qu’une femme appelle à l’aide.

1. L’appel

Toutes les communications se font par téléphone à la Maison de Connivence. Une femme peut y appeler en tout temps, du jour ou de la nuit, et être assurée d’une réponse et d’une certaine prise en charge. Toutes les informations mentionnées dans ces appels sont confidentielles.

D’abord, un dossier est créé au moment de l’appel, afin d’effectuer un suivi auprès des autres intervenantes. L’intervenante au bout du fil aborde les différents besoins de l’appelante — si elle a besoin d’hébergement, si elle est en danger, si elle veut emmener ses enfants avec elle à la Maison, par exemple.

Si la personne en difficulté éprouve des problèmes qui s’ajoutent à celui de la violence conjugale,— dépendance, santé mentale — l’intervenante redirige la personne vers les bonnes ressources.

Cette décision est prise pour assurer la tranquillité et la sécurité de la famille des femmes qui sont accueillies à la Maison. « On veut rendre la maison la plus calme, sereine et sécuritaire possible », assure Geneviève Marchand.

2. Arrivée au centre

Une fois la demande acceptée, l’accueil est assuré à la Maison dont l’adresse reste absolument confidentielle. Aucune dépense n’est requise de la part de la personne qui demande de l’aide, la Maison étant un centre subventionné. Il y a huit chambres à la Maison de Connivence, pour accueillir une douzaine de personnes. Les chambres sont assignées à une famille à la fois (avec deux chambres pour une famille si besoin), contrairement à certains centres qui préconisent une installation en dortoirs.

La Maison de Connivence est aménagée comme une vraie maison, rénovée et chaleureuse, avec tout ce dont une famille pourrait avoir besoin — savon, literie, nourriture, savon à linge, brosses à dents, etc. Tout ce qu’une famille a à apporter, c’est une valise d’effets personnels, avec des vêtements.

3. Une journée à la fois

Lorsque la femme s’est installée, une conversation est engagée afin de faire l’état des lieux et reparler de ses besoins immédiats et à venir. Le code de vie de la Maison est expliqué à la famille (puisqu’il s’agit après tout d’un milieu de vie commun).

La résidante, en acceptant de signer un formulaire de confidentialité, assure que personne, pas même ses proches, ne peut connaitre l’emplacement exact de la Maison, pour des raisons de sécurité.

4. Le chemin vers l’émancipation

L’équipe d’intervenantes est là pour aiguiller la personne vers les chemins qu’elle pourrait emprunter, qu’il s’agisse de demande de garde d’enfants, de divorce, de plainte à la police, de recherche de logement, de demande d’aide sociale ou de communication en lien avec l’immigration.

Deux intervenantes sont assignées à chaque femme à la Maison de Connivence. Tout est en place pour aider les femmes, mais elles sont amenées à se reprendre en main de leur propre chef. L’équipe est prête à changer de cap si une femme change d’avis sur quoi que ce soit, puisque le chemin vers l’émancipation est rarement une ligne droite.

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5. La vie en Maison

Pendant que les démarches se poursuivent, la vie à la Maison de Connivence va bon train. Comme dans une véritable demeure, les familles peuvent vaquer à leurs occupations, aller voir des proches, aller à l’école ou travailler. L’équipe demande tout de même un minimum de présence dans la Maison afin d’assurer un suivi par rapport aux procédures en cours.

D’ailleurs, il est tentant d’y passer du temps, car de nombreuses intervenantes à la vie communautaire organisent des activités pour les familles, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur, telles des soirées cinéma ou jeux de société, ou encore du patinage à l’Île Saint-Quentin. De quoi se sentir à la maison, le temps de se remettre sur pied.

Le processus de vie en centre d’hébergement nous a été expliqué dans le cas de la Maison de Connivence de Trois-Rivières (819-379-1011). Chaque centre a sa propre façon de faire, mais ces étapes sont une bonne indication de ce à quoi une femme peut s’attendre en appelant à l’aide.

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