Traces de la guerre.

Alors que le conflit israélo-palestinien n’a cessé de faire la une depuis trois ans, il faut se rappeler quelles en sont les causes profondes. Ce conflit trouve son origine dans l’expulsion et l’exode forcé de 760 000 Palestinien-nes de leur territoire, soit 80 % de la population, à la suite de la création de l’État d’Israël en 1948. Depuis, la Palestine ne cesse de voir son territoire spolié, avec des conséquences dramatiques sur les conditions de vie de sa population.

 

Un territoire fragmenté

La Palestine, qui compte aujourd’hui 5,6 millions de personnes établies dans deux petites zones totalement séparées géographiquement (la Cisjordanie : 3,3 millions, et la bande de Gaza : 2,3 millions)¹, figure parmi les territoires les plus densément peuplés de la planète, avec 911 habitants par kilomètre carré².

Depuis 1949, la Palestine est occupée par l’armée israélienne, raison pour laquelle on la désigne sous l’appellation Territoires palestiniens occupés. Encore aujourd’hui, on assiste à une érosion continue de la Cisjordanie et de sa capitale, Jérusalem-Est, en raison des colonies israéliennes qui s’y implantent, en toute illégalité selon le Conseil de sécurité de l’ONU. On compte actuellement 300 colonies où vivent 750 000 Israélien-nes. Ces colonies sont séparées des territoires où vivent les Palestinien-nes par 700 km de murs d’une hauteur de huit mètres, et par 800 km de routes de contournement réservées aux colons, ce qu’Amnistie internationale qualifie d’apartheid². Ces routes causent un véritable cauchemar aux Palestinien-nes, qui doivent consacrer jusqu’à cinq heures de déplacement en auto pour parcourir seulement 50 km en Cisjordanie. 

 

La désintégration de l’économie

Puisque la Palestine est fragmentée en deux zones séparées, cela a pour effet de désintégrer son économie. Ce phénomène est amplifié par la perte de contrôle de ses ressources en eau. La zone C de la Cisjordanie, qui représente 63 % de son territoire, et qui est la plus riche en eau, est contrôlée par Israël qui en détourne la majeure partie vers son territoire et les colonies israéliennes³ tout en revendant ce qui en reste aux Palestinien-nes cinq fois plus cher qu’en Israël⁴. Il n’est donc pas étonnant que la consommation d’eau des Palestinien-nes corresponde au tiers de celle des Israélien-nes. En ce qui concerne l’électricité, elle est importée à 90 % d’Israël, mais à des tarifs deux fois plus élevés que ceux qui sont pratiqués dans des pays limitrophes comme l’Égypte et le Liban. 

Les coûts élevés de l’eau et de l’électricité ont eu pour effet d’affaiblir durablement les secteurs agricole et industriel de la Palestine, lesquels ont vu leur part dans le PIB chuter de moitié depuis 30 ans. En conséquence, la Palestine affiche un taux de chômage de 50 %, et le tiers de sa population souffre d’insécurité alimentaire. 

 

Quelle solution ?

Alors que des négociations pour une solution à deux États sont au point mort depuis des années, l’expansion continue des colonies israéliennes compromet de plus en plus la création d’un État palestinien. Et, compte tenu de son poids économique important, Israël n’est pas intéressé à trouver une solution durable. Encore récemment, le 8 février dernier, le gouvernement israélien a adopté des mesures visant à renforcer le contrôle de la plus petite zone administrée par l’Autorité palestinienne⁵ afin de faciliter l’expansion des colonies juives.

Ce conflit ne laisse pas indifférent. Partout dans le monde, ici même en Mauricie, des organismes soucieux de respect des droits et des gens épris de justice et se mobilisent pour dénoncer le sort fait au peuple palestinien et exiger des gouvernements qu’ils cessent de rester les bras croisés et s’activent que soit appliqué le droit international. Des organismes et des gens dont il faut saluer l’engagement et la solidarité manifestés à l’endroit de ce peuple opprimé.

Dans pareil contexte, seules des pressions internationales musclées pourraient rétablir un semblant d’équité pour les Palestinien-nes. Or, comme les États-Unis sont responsables de 70 % des exportations d’armes vers Israël, et que le Canada est le pays qui a décroché le plus grand nombre de licences d’exportation après les États-Unis, il y a loin de la coupe aux lèvres. On est donc en droit de se demander pourquoi ces exportations ne cessent d’augmenter alors qu’Israël fait face à de multiples accusations de crimes de guerre contre les Palestinien-nes, et parfois même de crimes contre l’humanité, par la Cour pénale internationale.

 

SOURCE :

  1. Auxquels s’ajoutent 5,9 millions de réfugié-es dans les territoires et en Jordanie, au Liban et en Syrie.
  2. Voir le rapport d’Amnesty international de 2022 : le site ici
  3. Évolution de l’économie du Territoire palestinien occupé, CNUCED, 8 août 2022.
  4. Ibid.
  5. Soit la zone A, qui est administrée à 18 % par les Palestiniens.

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