Êtes-vous du genre à regarder votre boîte de courriels professionnelle durant vos vacances «juste au cas où» il y aurait une urgence? Vous n’êtes pas un cas isolé: un sondage de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec (CRHA) dévoilait en 2015 que 40% des salarié-es restent connecté-es à son travail durant les vacances estivales (Goyer, 2024).
Les avantages des technologies en milieu de travail sont indéniables: elles facilitent le travail collaboratif et offrent des gains en efficacité. Cependant, elles peuvent également entrainer du technostress auprès des membres du personnel.
Au tournant des années 2010, ce concept fait son apparition alors que des scientifiques tentent de comprendre le «stress qui est associé à l’utilisation que nous faisons des technologies», explique Julie Dextras-Gauthier, professeure titulaire au département de management à l’Université Laval.
Les courriels et les plateformes de collaboration, comme Teams, bombardent les équipes d’informations tout en leur permettant de rester connectées de manière continue, vacances ou pas!
Mais pourquoi consulter ses messages en dehors des heures de travail?
Une des explications de madame Dextras-Gauthier est la peur d’être submergé-e de courriels ou de dossiers urgents au retour des vacances. Regarder les messages permet de faire un premier filtre. Cependant, il y a des conséquences!
Vous revenez de vacances, mais êtes-vous autant ou même davantage épuisé-e qu’à votre départ? C’est tout à fait normal. Consulter des communications dans un cadre professionnel durant des périodes de repos laisse le cerveau baigner dans la routine du travail: impossible pour lui de se reposer. Sans récupération, il est très difficile d’être performant-e et énergisé-e par la suite.
La gestion du technostress est une responsabilité partagée dans un milieu de travail. Avant le départ de nos collègues en vacances, il est essentiel de planifier leur retour au boulot pour donner au cerveau le repos nécessaire. L’astuce de madame Dextras-Gauthier: intégrer des journées fantômes au retour de vacances. Pendant deux ou trois jours, les plages horaires sont uniquement réservées à répondre aux courriels et à suivre des dossiers.

Les recherches de la professeure Julie Dextras-Gauthier portent principalement sur le technostress et la transformation numérique en milieu de travail. PHOTO : GRACIEUSETÉ
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Mélodie Charest, journaliste pigiste
Initiative de journalisme local







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